La CGT et FO font appel de la liquidation de Doux

A la veille du 15 août, la CGT et FO du site de Châteaulin font appel de la liquidation du pôle frais du volailler Doux, le social étant sacrifié.

A la faveur de la torpeur estivale, les élus CGT et FO du comité d'entreprise du site Doux de Châteaulin dans le Finistère ont interjeté appel le 13 août 2012 du jugement rendu le 1er août 2012 par le tribunal de commerce de Quimper. Ce dernier ayant liquidé le pôle frais du volailler breton, menaçant plis d'un millier de salariés.

Le drame du pôle frais de Doux, c'est qu'il n'intéresse aucun géant de l'agroalimentaire. Même Lactalis a préféré tourner la tête, alors que les activités de Doux se déroulent sur ses terres. Contactés par téléphone, la direction de Lactalis et la famille Besnier ont démenti toute intention de reprise de Doux, après l'OPA réussie sur l'Italien Parmalat. Bien que les secrets de Lactalis et d'Emmanuel Besnier, "l'Empereur du lait", soient bien gardés, ce démenti a été confirmé le 10 août 2012.

Or, certains observateurs pensaient que l 'Empereur du lait Emmanuel Besnier allait s'intéresser à Doux

Selon Véronique Rives, représentante de la CGT au comité d'entreprise (CE), jointe par téléphone, "L'appel a été formulé au nom du CE par lettre recommandée auprès de la cour d'appel de Rennes qui examinera la validité de la procédure. Il est non-suspensif du jugement qui prévoit également le maintien de la période d'observation pour les autres sociétés du groupe jusqu'au 30 novembre.....

"C'était important de le faire au moins pour le principe et pour montrer notre désaccord sur ce qui s'est passé depuis quelques mois. Ceux qui ne sont repris par personne ont beaucoup de soucis et sont très nombreux dans le pôle frais de Doux, ajoute Véronique Rives, représentante CGT au CE.

"Même dans le plan de continuation, on ne sait pas de quoi demain sera fait....". D'où la réaction énergique et juridique de la CGT.

Les élus CGT et FO contestent le volet salarial du plan de liquidation

Comme Suite 101 l'expliquait dans une enquête, le pôle frais du groupe industriel français avait été. mis en liquidation. Auparavant, il avait étét maintenu en "perfusion" auparavant" grâce à des dizaines de millions d'euros de subventions européennes.

Selon un magistrat proche du dossier, joint par téléphone et qui souhaite conserver l'anonymat "Il n'y a pas eu de bousculade pour la reprise au tribunal de commerce de Quimper....

"Ce groupe volailler avait été placé en liquidation judiciaire le 1er août 2012. LDC a fait une proposition pour l'abattoir de poulets de Laval (303 postes) proche de ses bases sarthoises. Le groupe Duc s'intéresse aux sites de Blancafort (Cher, 170 salariés), Boynes (Loiret, 160 salariés) et à l'abattoir de poulets de Sérent dans le Morbihan (175 salariés). L'industriel bourguignon (Chailley) devrait avancer ses propositions via Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol, ou d'autres investisseurs....".

Doux victime du déferlement des viandes de volailles de Belgique, des Pays-Bas, d'Allemagne

Par ailleurs, les proches du dossier savent que Gastronome, filiale de Terrena, avait fait une première proposition pour la Soprat (Vraie-Croix dans le Morbihan) et Sérent. Sans forcément être pris au sérieux par les liquidateurs ! Comme le groupe Iranien pour l'usine du Nord.

A l'heure où le désossement de Doux apparait comme la solution la plus probable, Soprat et sa marque Père Dodu restent dans le giron de Doux. Du coup, Gastronome affiche ses hésitations.

Selon un magistrat consulaire, "Il y a une certitude : il n'y a pas eu de propositions mirobolantes car la filière avicole française est malade. Elle recule face au déferlement des viandes de volaille fraîches en provenance d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas....".

Du coup, Fleuron du poulet français, Doux pourrait être désossé à la rentrée.

Les syndicalistes de Doux refgusent d'être conduits à l'abattoir

Contactée par téléphone, Nadine Hourmant, secrétaire FO du CE de Châteaulin, site abritant le siège du leader européen de la volaille, explique "ne pas être satisfaite sur le volet social. Quand on voit comment ça se passe pour le pôle frais, qui nous dit qu'on sera là encore au 1er décembre.... On n'a aucune garantie, aucune visibilité, il y a beaucoup trop d'inquiétude par rapport à notre devenir professionnel.....".

Dans ce dossier, les syndicats CGT du groupe Doux avaient déploré "le processus de dépeçage du groupe", FO "un massacre", et la CFDT des offres "a minima". Les groupes Duc, Glon Sanders (filiale de Sofiproteol) associé à Duc, Axereal, LDC et Tallec ont déposé des offres séparées de reprise partielle portant sur les sites de Clémont (Cher), Sérent (Morbihan), Laval (Mayenne), Boynes (Loiret) et Amilly (Loiret). L'abattoir de Blancafort dans le Cher (244 emplois), l'un des grands sites du pôle frais de Doux, déficitaire, n'a en revanche fait l'objet d'aucune proposition.

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