La reine, moteur de la colonie d'abeilles

Avec l'arrivée du printemps, de nombreux apiculteurs commencent à stimuler les colonies avec un peu de sirop, pour préparer les élevages de reines.

" Tant vaut la reine, vaut la ruche ", disaient les anciens. L'élevage de reines d'abeilles sur les colonies les plus fortes, les plus dynamiques, les plus productives est devenu une impérieuse nécessité, pour les dizaines de milliers d'apiculteurs français.

D'abord parce que les apiculteurs ont besoin de reines jeunes, qui pondent davantage, pour obtenir des colonies populeuses susceptibles de résister à la dégradation du milieu naturel. Ensuite, pour combler les pertes, les apiculteurs sont contraints de "faire des essaims artificiels". Le fait de disposer de jeunes reines donne de suite un fulgurant départ à l'essaim artificiel.

Car l'apiculture française reste confrontée à une surmortalité d'abeilles. Alors que la mystérieuse disparition des abeilles inquiète les responsables de l'ONU, qui ont lancé, jeudi 10 mars 2011, un cri d'alarme et un signal à tous les états (lire Suite101 du 11 mars, L'ONU préoccupée par la très forte mortalité des abeilles ), les conséquences directes de cette mortalité ont été peu médiatisées. Ce phénomène est principalement observé dans les pays industrialisés de l'hémisphère nord, explique le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) dans un rapport publié jeudi 10 mars 2011.

L'élevage des abeilles est devenu un geste citoyen

Dans la vallée du Rhône, le président de l'Abeille Ardéchoise et Drômoise a mis en garde les autorités: " D'ici 20 ans, toutes les abeilles de la planète pourraient avoir disparu, comme les dinosaures ont disparu. Mais les dinosaures n'assuraient pas la pollinisation des espèces végétales. Avec la disparition des abeilles, l'humanité pourrait se retrouver, d'ici 25 ans, sans fruit et légume ». Le constat est clair: depuis 1990, les deux tiers des abeilles ont disparu de la planète, souvent dans une indifférence générale.

En France, en annulant deux décisions autorisant la mise sur le marché de l'insecticide Cruiser pour les années 2008 et 2009, le 16 février 2011 (lire Suite101 du 17 février, Le Conseil d'Etat désavoue le ministre Bruno Lemaire ), à la requête de la Confédération paysanne, du Mouvement pour le droit et le respect des Générations futures, des Amis de la terre, du Syndicat des Apiculteurs Professionnels du Centre et de l'Ouest, du Syndicat des Apiculteurs professionnels Rhône-Alpes, de Philippe Vermandere, de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (auquel le syndicat l'Abeille Ardéchoise et Drômoise est affilié), et de France Nature Environnement, le Conseil d'Etat a prouvé, une fois encore, sa totale indépendance à l'égard du pouvoir politique (lire aussi sur Suite10: Le Conseil d'Etat, dernier rempart pour préserver l'environnement et Planète: le génocide des abeilles conduit à un monde sans fruit ).

Comment procéder à un élevage de reines?

Il est admis que les larves utilisées pour l'élevage ne doivent pas dépasser 24 heures d'âge. Mais on sait également que pour obtenir des reines d'une certaine qualité et à défaut de pouvoir prélever un œuf avec cette méthode, il est préférable de prélever des larves de quelques heures, autrement dit des larves qui viennent de naître. Dès qu'elle est assez visible pour être prélevée sans difficulté majeure. A ce stade, elle a environ 12 heures, elle est à peine recourbée, et c'est tout juste si on la distingue de la gelée dans laquelle elle baigne, dans une cellule.

La reine pondant généralement en cercles concentriques, quand on en aura repéré quelques-unes, il faudra suivre ce cercle de ponte pour trouver les larves de même âge. Mais cela n'est pas absolu. Et la réalité est parfois plus compliquée quand le nectar et le pollen viennent encombrer le nid à couvain; la reine revient ensuite pondre dans ces cellules libérées si bien que l'on trouve assez souvent voisinant des larves d'âges différents.

Le prélèvement des oeufs ou larves doit être minutieux

Le prélèvement de larves de quelques heures, nécessite de la part de l'opérateur d'avoir une très bonne vue et du doigté et c'est à ce niveau que les problèmes surviennent car il suffit qu'il y ait une différence de quelques heures pour que les abeilles opèrent une sélection parmi les amorces présentées et dans ce cas, il n'est pas rare d'obtenir un résultat d'acceptation médiocre.

Si l'opérateur est hésitant à prélever des larves qui viennent de naître, il utilisera plus facilement celles de 24hoo, mais au détriment de la qualité des reines. On se demande parfois pourquoi les acceptations sont médiocres alors que la colonie éleveuse est apte à élever mais il suffit de ce petit détail (différence d'âge) souvent méconnu et pas toujours enseigné, pour faire toute la différence.

Le Picking reste toujours la méthode de pointe qu'il ne faut pas négliger, en tout cas pour ceux qui appréhendent cette technique et recherchent de préférence la qualité. Il suffit ensuite de déposer les larves dans les cupules du cadre qui va être remis à la ruche éleveuse.

Lire aussi : Alain Louy, avocat à Strasbourg, a tenté de réduire les droits d'un papa apiculteur, en présentant les abeilles comme féroces, à la veille d'Apidays. Echec.

Suite101: Veille d'Apidays, un avocat strasbourgeois attaque les abeilles

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