Le corse Alain Orsoni fait condamner l'ancien Procureur d'Ajaccio

Le journal de la Corse révèle la spectaculaire condamnation, par le tribunal de Paris, de José Thorel, ancien Procureur de la République d'Ajaccio.
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Les corses défendent, bec et ongle, leur honneur et la vérité. Le célèbre avocat corse d'Ajaccio Me Antoine Sollacaro vient une fois encore d'en faire la démonstration devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. En effet, ce 15 février 2012, Me Antoine Sollacaro a obtenu la condamnation de l’ancien procureur d’Ajaccio José Thorel à quatre mille euros d’amende avec sursis, 4000 euros de dommages et intérêts en faveur d' Alain Orsoni, à 3000 euros de frais de justice.

Le journal de la Corse a été le premier média français à sortir l'information. Avec concision, les journalistes de cette rédaction resituent l'effet et l'origine du litige : "Après avoir été nommé en Polynésie, José Thorel avait donné une très longue interview au journal en ligne Médiapart.

"Interrogé sur les ennuis judiciaires de Gaston Flosse, il n’avait pas pu s’empêcher d’évoquer son passage en Corse, affirmant qu’il avait été confronté à de « vrais mafieux » et avait cité trois noms, dont ceux d’Alain Orsoni et Antoine Nivaggioni. Ceux-ci avaient chargé Me Antoine Sollacaro d’entamer des poursuites en diffamation contre l’ancien procureur qui n’avait au demeurant jamais ouvert une enquête concernant l’un ou l’autre des deux hommes pendant son séjour à Ajaccio....".

Les juges parisiens ont fustigé les propos du Procureur Thorel

Le 15 février 2012, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a tranché en faveur des deux citoyens corses. Dans leurs attendus, les magistrats ont expliqué "Qu'on ne peut pas se permettre de dire n'importe quoi sur n'importe qui. Même et surtout lorsqu'on est procureur de la République.....".

L''avocat du magistrat Thorel a utilisé deux arguments, lors de l'audience, pour tenter de disculper la responsabilité de son client : "Premièrement, on ne pouvait reconnaître les personnes citées comme étant des "mafieux" puisque le procureur n'avait pas donné leurs prénoms. Deuxièmement, le prévenu avait été abusé par un journaliste qui n'avait pas tenu compte du "off"...".

Selon la rédaction de Corse Matin, "à Ajaccio la nouvelle n'a pas chagriné grand monde. L'ancien procureur n'a pas laissé un souvenir impérissable en Corse....Ses formules qui se voulaient « choc » mais n'étaient pas toujours très précises avaient régulièrement jeté de l'huile sur le feu lors d'affaires déjà sensibles ou douloureuses.

"Ceux qui gardaient un brin d'indulgence avaient fini par être totalement déniaisés par le film tourné tout au long de ses cinq années en Corse et projeté sur France 3, déplore la rédaction de Corse Matin. Le documentaire à la gloire de José Thorel se terminait par un « bon mot ». Le procureur, tout heureux de quitter cette terre de douleur de la Méditerranée pour des cieux - croyait-il - plus doux des Tropiques avait assuré qu'il ne regrettait qu'une chose, son cheval O'Malley....".

Un très bon résultat pour le bâtonnier Antoine Sollacaro

Ce 15 février 2012, le bâtonnier Antoine Sollacaro a sobrement salué " un bon résultat", avant d'jouter avec un brin d'ironie et un soupçon de malice "Peut-être que cela rabattra sa superbe à ce Tartarin".

Soulignant au passage son action d'intérêt public, Maître Antoine Sollacaro devait encore ajouter : "En défendant Alain Orsoni dans ce dossier, j'ai l'impression que j'ai satisfait beaucoup de gens ..".

Le procureur Thorel a la possibilité de faire appel. Personne ne connait pour l'instant ses intentions.

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