Les 10 000 apiculteurs de Rhône-Alpes soutenus par la région

La Région apportera une aide globale de 561 000 € au programme « CROF apicole », voté pour la période du 17 décembre 2011 au 31 décembre 2015

Les responsables de la Région Rhône-Alpes ont pris conscience des graves périls qui menacent les abeilles. Après de longues discussions avec les représentants du monde apicole, notamment la FARA (Fédération Apicole Rhône-Alpes qui fédère les structures de huit départements), le nouveau CROF (Contrat Régional d’Objectifs et de Filières) a été validé. De nombreuses actions, comme la préservation de l’environnement, la détection des pollutions en temps réel, la formation, les ruchers écoles, la reconstitution de cheptel, l‘élevage de reines, les formations, vont bénéficier de l'aide financière de la région Rhône-Alpes.

Le sérieux avec lequel ces dossiers ont été défendus par les responsables apicoles a conduit à des engagements écrits et votés de la Région Rhône-Alpes. Ainsi, la Région apportera une aide globale de 561 000 € au programme « CROF apicole », voté pour la période du 17 décembre 2011 au 31 décembre 2015, sous réserve du vote des budgets des exercices correspondants.

Rhône-Alpes est la première région apicole de France

L’apiculture Rhône-Alpine est au premier rang au niveau français en nombre d’apiculteurs et au second rang en nombre de ruches : la moitié du cheptel est détenue par des apiculteurs professionnels (avec le statut d’agriculteur à titre principal). Aujourd’hui, l’apiculture connaît une crise sans précédent : le nombre de ruches décroît régulièrement du fait de la mortalité élevée des abeilles, et avec lui le potentiel de pollinisation nécessaire à de nombreuses autres filières agricoles (arboriculture, semences, oléoprotéagineux,…).

Le document rédigé pour le "Crof Apicole" stipule que "L’apiculture est un secteur caractérisé par la diversité des conditions de production et des rendements, ainsi que par la dispersion et l’hétérogénéité des agents économiques tant au niveau de la production que de la commercialisation. En Rhône-Alpes, la présence d’apiculteurs sur la majorité du territoire donne une production variée et différenciée avec une grande variabilité de production liées tant aux aléas climatiques qu’aux pratiques agronomiques.

"Toutefois, les quantités de miel produites ne permettent plus de répondre aux besoins des consommateurs français et le marché doit s’approvisionner à hauteur de 50% à l’export (Chine, Pays de l’Est,…). Les enjeux économiques sont importants tant pour la filière apicole elle-même que pour les filières qui en dépendent....."

Les travaux préparatoires au "CROF" ont permis d’identifier des enjeux communs entre l’apiculture professionnelle et non professionnelle. De nombreuses actions seront conduites en partenariat et l’ensemble des actions sera bénéfique pour toute l’apiculture de Rhône-Alpes et, au-delà, pour

l’agriculture dans son ensemble.

Quelques éléments de compréhension de l’apiculture

La répartition des actifs apicoles est usuellement présentée à partir de classes construites selon le nombre de ruches détenues. A plus de 150 ruches, l’union européenne classe l’apiculteur en professionnel sachant que pour la région Rhône-Alpes, le nombre de ruches pour s’installer (la moitié de la surface d'installation agricole - SMI -) est de 200 ruches.

En Rhône-Alpes, la présence apicole est assurée par 175 apiculteurs professionnels (c'est-à-dire possédant plus de 150 ruches) , 9 780 apiculteurs amateurs, petits producteurs et pluriactifs (c'est-à-dire possédant moins de 150 ruches).

La production de miel

La production de miel est une donnée difficilement quantifiable du fait de la forte dispersion des circuits de distribution. En recoupant différentes sources d’information, on évalue la production

nationale de miel à 25 500 tonnes. Cette production est assurée pour 11 000 tonnes par les apiculteurs ayant moins de 150 ruches, - pour 14 500 tonnes par les apiculteurs professionnels.

En Rhône-Alpes, la production est estimée à 2 900 tonnes en 2005, tout producteur confondu. Le rendement moyen observé est de 24 kg par ruche chez les professionnels contre 18 kg par

ruche pour les non-professionnels (pluriactifs, petits producteurs et apiculteurs familiaux).

La consommation nationale de miel

La consommation nationale de miel avoisine 40 000 tonnes et reste stable depuis 10 ans. Mais

comme la production nationale diminue d’année en année, le recours aux importations est

indispensable pour satisfaire ce marché. La production nationale déficitaire oblige les metteurs en

marché à avoir recours aux importations. Celles-ci ont été multipliées par 3 en 15 ans.

Les données chiffrées dans le rapport "Crof Apicole"sont pour la plupart issues de l’audit de la filière apicole française réalisé en 2005 par le cabinet d’études GEM pour le compte de VINIFLHOR (devenu France AgriMer) avec le soutien de l’Union Européenne. La synthèse présentée.

Un nouvel audit a été lancé par FranceAgriMer. Les résultats sont attendus pour fin 2011. Des

données concernant la filière apicole sont également disponibles à partir du Recensement Agricole de 2010.

La filière apicole reste très dynamique malgré la crise

La filière apicole a une place de leader au plan national en termes de nombre d’acteurs. Filière agricole à part entière, l’apiculture en Rhône-Alpes mobilise près de 10 000 apiculteurs pour s’occuper de 146 000 ruches.

Les différents concours, valorisant le miel ( Apis: les meilleurs miels sélectionnés au Teil le 18 février 2012) comme le concours régional des miels de Drôme et d'Ardèche ( http://lesmielsbio07.onlc.fr ), organisé chaque année et ouvert à des milliers d'apiculteurs, contribuent au dynamisme de la filière. Initiés au coeur de la vallée du Rhône au Teil, en Ardèche, ils constituent une preuve de ce dynamisme. Ils permettent de sélectionner les meilleurs miels, dans de multiples catégories, et de récompenser, avec des médailles d'or, d'argent et de bronze, de nombreux apiculteurs.

Avec le savoir-faire qui lui est reconnu, le concours régional des miels de Drôme-Ardèche est devenu à l'échelon du Sud Est ce que le concours général agricole est au salon de l'agriculture à Paris. Les échantillons présentés sont appréciés, le 18 février 2012 au matin, par un jury de professionnels et de connaisseurs. Ce concours s’inscrit dans la volonté du syndicat l'Abeille Ardéchoise et Drômoise de valoriser l’ensemble des miels des deux départements, et, de manière plus générale, de mieux faire connaître les produits élaborés par les abeilles.

Sur le même sujet