"Nick le Juge", le juge rocker suisse qui dérange...avec un album

Après avoir été juge de métier pendant sept ans en Suisse francophone, Nicolas Marthe sort un album rock provocateur sous le nom de "Nick le Juge".

« Épris de justice et repris de justesse par le rock », c’est le slogan du Suisse Nicolas Marthe, alias "Nick le Juge". Après avoir été juge de métier pendant sept ans en Suisse francophone, Nick sort un album rock provocateur sous le nom de "Nick le Juge", causant un véritable séisme dans le monde politique et judiciaire, surtout dans un pays comme la Suisse où tout est supposé être bien propre et bien policé.

Quelque part, l'initiative de Nicolas Marthe est plus spectaculaire que la grève déclenchée par les magistrats en France depuis ce 7 février. Elle montre en tout cas que les magistrats Suisse ont aussi des états d'âme.

Interrogé sur son initiative, qui choque la classe politique Suisse, Nicolas Marthe explique : "Je suis aussi bassiste diplômé de la Los Angeles Music Academy (LAMA), où j'ai étudié la musique avant d’exercer ma fonction de juge. Et il m'arrivait de jouer des concerts de rock durant mon temps libre, à côté de mon activité de juge. Or les politiques qui m'avaient élu au poste de juge ne voyaient pas cela d'un bon œil... Un jour, j'ai été convoqué par une commission politique qui m'a dit que "le rock, c'est mal " et qu'il faut cesser de tirer sur les cordes de ma basse en public si je veux conserver mon poste...."

Banni de son poste de juge

Nicolas Marthe ne décolère pas sur l'intolérance des politiques Suisses. Il les allume en ces termes : "Ils ont obéi à de véritables schémas réactionnaires... les politiques en question estimaient en effet qu'un juge se devait d'être lisse, docile, policé à souhait, et qu'il devait donc absolument se tenir à l'écart de la musique rock car celle-ci incarnait une certaine image de rebelle... il faut se souvenir des années cinquante, lorsque les concerts du King n'étaient filmés qu’au-dessus de la taille, pour éviter de montrer son déhanchement suggestif.

"Eh bien l'état d'esprit d'une certaine élite politique suisse n'a apparemment guère évolué au début du troisième millénaire. En effet, j'ai refusé de tourner le dos à ma passion du rock...". Et Nicolas a encore joué quelques concerts avant d’être, comme « promis », non réélu à son poste de juge par les députés siégeant à l’assemblée parlementaire de son canton de Neuchâtel !

Ainsi, banni de son poste de juge par des politiques pour non conformisme et amour du rock trop prononcé,Nicolas Marthe s'est consolé en s’exilant à Los Angeles à la fin de l’été 2008 pour s’engager comme bénévole dans la campagne de Barack Obama. Puis, après l'élection historique du premier président afro-américain des Etats-Unis, Nick a décidé d’enregistrer à Los Angeles un CD rock en tant que chanteur et bassiste, sous le nom de... Nick le Juge

Il ne regrette rien

Dans la foulée, Nicolas Marthe n’a pas fait les choses à moitié. Il s’est entouré des meilleurs musiciens de studio peuplant la ville des anges. Et son CD a été produit par Terry Ilous, détenteur de plusieurs disques d’or aux USA avec son groupe de rock « XYZ », et Marcus Nand, ex-guitariste du groupe de Mike Tramp « Freak Of Nature ». D’autres musiciens de prestige les ont rejoints, comme Tal Bergman, batteur de Rod STtewart, Billy Idol, Chaka Khan, Simple MIinds , et Greg Douglass, guitariste du Steve MIiller Band. Enfin, le mixage et le mastering ont été confiés à un maître en la matière, Tony Phillips, qui au long de sa carrière a œuvré pour The Who, The Pet Shop Boys, Seal, Céline Dion, Robbie Williams.

Le CD éponyme de Nick le juge, qui est en vente depuis peu sur iTunes et d’autres plateformes de téléchargement internet (amazon), contient dix titres originaux, dont huit en français et deux en anglais. Les textes sont teintés d’érotisme pour certains, de provocation pour d’autres. François Bernannos, parolier de talent et petit-fils du célèbre écrivain Georges Bernanos , en a écrit quatre d’entre eux. Et Nicolas a poussé plus loin la provocation. Il a ajouté sur son CD une version rock « décoiffante » de la chanson culte d’ Edith Piaf, « Non, je ne regrette rien » , dont les paroles enrobent si bien sa propre situation.

Nicolas a pour sa part choisi de rester libre, au mépris des conséquences. Et il conclut : « On m’a empêché de rendre la justice quand j’en avais le droit, alors je vais le faire sur scène maintenant que j’en ai le devoir ».

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CONT12

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