Nicolas Sarkozy a perdu l'immunité, mais a gagné une retraite or

Ségolène Royal avait prévenu en disant "Nicolas Sarkozy a peur parce qu'il va perdre son immunité présidentielle". Un syndrome Chirac ?

L'ex-candidate PS à l'Elysée, Ségolène Royal, avait déclaré sur France 5 que Nicolas Sarkozy avait "peur" de perdre l'élection présidentielle parce qu'il avait "absolument besoin d'être réélu pour être couvert par l'immunité présidentielle"

Si Nicolas Sarkozy a perdu son immunité depuis le 15 mai 2012, il a en revanche gagné une retraite dorée. En ces temps de crise, la retraite dorée des présidents de la République a quelque chose de scandaleux, avec 1,5 millions d'euros par retraité, comme le dénonce le journaliste Thierry de Cabarrus dans le Nouvel Observateur. Ce redoutable confrère écrit . " Ainsi, Nicolas Sarkozy, l’homme politique qui s’est voulu inflexible sur la réforme des retraites va bénéficier d’une pension très confortable . De quoi tranquillement voir venir avant d’entamer, comme il le laisse entendre, une seconde vie professionnelle dans le privé...."

Des revenus disproportionnés au regard de la retraite moyenne

Scandaleux, crie Thierry de Cabarrus dans le Nouvel Observateur. Et d'engager une charge journalistique cohérente, dans " La retraite en or de Nicolas Sarkozy : pourquoi je suis scandalisé " :

"En effet. Comment accepter que celui qui a reculé de deux ans l’âge légal de départ à la retraite , jetant dans la rue des centaines de milliers de Français exaspérés par une telle mesure, en partie injuste et considérée par beaucoup comme inefficace , puisse bénéficier d’avantages considérables pour sa propre pension?

"Certes, Nicolas Sarkozy ne va rien voler, ses rémunérations à venir sont considérées comme légales, car elles ont été évaluées selon un système plus ou moins transparent qui a été mis en place… voici près d'une trentaine d’années.

"Mais comment accepter que celui qui s’est accordé une augmentation de 140% de sa rémunération , continue de gagner beaucoup d’argent comme président retraité, sans aucun doute environ 20.000 euros par mois prélevés sur les recettes de l’État ?

"Comment accepter que cette somme, issue de l'argent versé par les contribuables, puisse être aussi importante alors que le revenu médian des Français se situe, lui, à 1.653 euros par mois et alors que la pension moyenne de nos concitoyens retraités n’excède pas 1.100 euros pour une femme et 1.600 euros pour un homme ?". Et Thierry de Cabarrus a l'immense mérite de recenser les précédents dans une France qui s'appauvrit.

De Giscard à Chirac : la générosité des contribuables français

On apprend aue Nicolas Sarkozy va percevoir au minimum 6.000 euros bruts par mois, l'allocation "de base" actuellement versée aux anciens chefs de l’État français, en l’occurrence Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac et ce, quelle que soit la durée de leur présence à l’Élysée.

"Comme eux, souligne Thierry de Cabarrus, il va également pouvoir devenir membre de droit et à vie du Conseil Constitutionnel et, à ce titre, percevoir une rémunération supplémentaire de… 11.500 euros nets par mois.

"Selon le magazine "Challenges" , l’ancien président pourrait toucher au minimum 17.500 euros mensuels, somme à laquelle s’ajoute ce qu’on appelle pudiquement des "primes de sujétion spéciales" , dont le montant est tenu secret. Ces primes ont officiellement pour objectif de "compenser les contraintes subies dans l’exercice de leurs fonctions" par les chefs de l’État… sans qu’aucune de celles-ci ne soit curieusement précisée.

"Enfin, Nicolas Sarkozy, âgé de 57 ans, pourrait également toucher des traitements liés aux différents mandats qu’il a exercés comme député, mais également comme maire de Neuilly et en tant que président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, lorsqu’il aura atteint lui-même l’âge légal de la retraite. Une somme que l’on peut facilement évaluer à plusieurs milliers d’euros supplémentaires...." affirme Thierry de Cabarrus, à l'issue de ses investigations journalistiques.

Avantages : un appartement, une voiture, 2 chauffeurs, 7 collaborateurs

Pour Thierry de Cabarrus, qui fut redacteur en chef de plusieurs quotidiens et qui en a vu d'autres, "en soi, ces rémunérations ont quelque chose d’à la fois provocateur et de disproportionné en cette période où les Français souffrent dans leur vie quotidienne, où leur pouvoir d’achat est rogné sans cesse, où leur emploi est menacé et où même leurs retraites sont remises en cause.

"Pourtant, pour élevées qu’elles soient, ces sommes peuvent se justifier en partie par l’ampleur des responsabilités assumées par les présidents durant leur mandat.

"En revanche, que dire des autres avantages dont ils bénéficient de manière automatique depuis qu’ en 1985, Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand (eh oui, sous un régime socialiste !) avait révisé les dispositions matérielles des chefs de l’État à la retraite par une note discrétionnaire ?

"Cette mesure aurait fait l’objet, deux ans auparavant, d’une discussion entre Valéry Giscard d’Estaing et le président socialiste sans que jamais pourtant aucun texte n’apparaisse sur ce sujet dans "le Journal Officiel".

"On peut ainsi s'interroger sur la nécessité de mettre à la disposition des "ex" beaucoup d’autres privilèges exceptionnels, comme par exemple un appartement de fonction "meublé et équipé", mais aussi deux policiers en permanence pour les surveiller (ce qui signifie au moins six à huit personnes, avec le jeu des repos, des congés et du système des trois-huit).

voiture de fonction avec deux chauffeurs pour la conduire, ainsi qu’un staff de sept collaborateurs : un chef de cabinet, deux assistants, trois secrétaires et même un fonctionnaire des archives nationales (!), sans doute pour les aider à rédiger leurs mémoires…S'ajoutent d es voyages et de nombreux séjours offerts à l'étranger.

Et Nicolas Sarkozy pourra se déplacer partout en France et dans le monde, gratuitement, notamment grâce à une carte d’abonnement illimitée sur la compagnie Air France en classe "affaires", ainsi qu’à une autre carte à la SNCF en première classe.

5 millions d'euros pour subvenir aux besoins des retraités de l'Elysée

Si, comme le révèle Thierry de Cabarrus, "les ambassadeurs et les consuls français ont pour consigne, partout sur la planète où il existe une représentation nationale, d’accueillir dans les meilleures conditions possibles les anciens chefs de l’État, notamment dans les résidences officielles..., René Dosière , le député socialiste de l’Aisne qui s’est fait une spécialité de contrôler chaque année le train de vie des présidents de la République, explique dans son livre "L’Argent de l’État" (Le Seuil) que la facture se monte en tout au minimum à 1,5 million d’euro par retraité de l’Élysée.

"Près de 5 millions d’euros donc, chaque année, rien que pour subvenir aux besoins de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et très bientôt Nicolas Sarkozy. Peut-être davantage, d’ailleurs, puisque René Dosière précise qu’il s’agit là d’une estimation, en raison d’une certaine opacité et de la diversité extrême des sources de financement....."

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Enfin la perte d'immunitè présidentielle va "permettre à la justice de poursuivre un certain nombre d'investigations sur un certain nombre de problèmes". Comme l'indiquait voici quelques temps Ségolène Royal, "Il va falloir attendre que Nicolas Sarkozy ne soit plus président de la République pour que la justice puisse enquêter sur l'affaire de Karachi, sur ce que dit le fils de M. Kadhafi, qui aurait financé sa campagne électorale, sur l'affaire Woerth-Bettencourt, puisque de l'argent liquide aurait circulé".

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