Pauvreté : 8 millions de français n'ont pas de chauffage en hiver

Dans la France de Sarkozy, 8 millions de pauvres n'ont pas d'argent en hiver pour chauffer leur appartement ou leur maison. Triste Noël en perspective !
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Incroyable, mais vrai ! La France compte huit millions de pauvres en précarité énergétique. Ce chiffre qui fait froid dans le dos est révélé par la Fondation Abbé Pierre. Dans un communiqué adressé à tous les médias, celle-ci indique : " Près de huit millions de personnes en France n'ont pas les moyens de chauffer leur logement ....".

A l'évidence, la Fondation Abbé Pierre entend frapper fort pour le lancement de sa campagne d'hiver. En dressant ce nouveau bilan de "précarité énergétique", la Fondation diffuse un peu partout en France des affiches où l'on peut voir notamment deux personnes âgées dans leur appartement aux murs défraîchis, enroulées sous une couverture ou encore une femme avec son fils dans un lit, qui ont froid.

Sous, ce message, on peut lire : "Ils s'aiment mais ce n'est pas ce qui les rapproche. Huit millions de personnes souffrent du froid parce qu'elles n'ont pas les moyens de chauffer leur logement. Agissons!".

Davantage de pauvres qui peuvent plus se chauffer du tout

Avec cette nouvelle campagne de sensibilisation, la Fondation Abbé Pierre s'efforce surtout d'interpeller les pouvoirs publics sur la création d’un "bouclier énergétique", capable d’assurer à tous «une capacité minimum à se chauffer".

Contactés par téléphone, les responsables de la Fondation Abbé Pierre fustigent cet aggravation de la pauvreté dans un pays où les pauvres sont devenus de plus en plus pauvres. Ils expliquent : "En France , aujourd'hui, 3,8 millions de ménages souffrent de précarité énergétique, soit un ménage sur six, soit 8 millions de personnes. Ce sont des gens qui ne peuvent se chauffer et s’éclairer normalement, et parfois qui ne peuvent pas se chauffer du tout...".

Un million de propriétaires occupants aussi concernés

Dans une enquête publiée par le quotidien "Le Parisien, Aujourd'hui en France", on découvre que parmi ces précaires «énergétiques, il y a même des ménages modestes qui vivent dans des maisons individuelles. Parmi eux, selon les journalistes du "Parisien", "plus d'un million de propriétaires occupants sont aussi concernés par cette forme de précarité...".

Pour Emmaüs et les disciples de l'abbé Pierre, "Si le phénomène n'est pas nouveau, la précarité énergétique, elle, explose depuis maintenant quelques années. En cause, une inflation des loyers "de près de 50 % en 10 ans, ainsi qu'une «hausse dramatique des charges de gaz, d'électricité ou de fuel".

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"Mêmes les mesures actuelles (tarifs sociaux, aide aux impayés...) ne suffisent plus. Elles n’allègent qu’une partie du public concerné et ne compensent pas les diverses augmentations subies par les familles les plus modestes", ajoutent les responsables de la Fondation Abbé Pierre.

Le gouvernement avait révélé au printemps dernier, sans prendre de mesures sérieuses pour y remédier, que 800 000 ménages sont éligibles au tarif social du gaz mais que seulement 300 000 en bénéficient réellement .

Fait plus grave : les litiges sur les factures énergétiques. Les chiffres montrent que le nombre de dossiers traités par le médiateur de l'énergie a explosé en 2011.

Les plus précaires menacés par la directrice de Pôle Emploi en Ardèche

En Ardèche, de nombreux pauvres ayant pour seule ressource l'ASS (l'Allocation Spécifique de Solidarité ou des indemnités de Pôle Emploi) sont menacés de radiation par la directrice de cet organisme, Mme Bugnazet, au motif "qu'ils n'ont pas produit leur avis de non imposition avec leur dossier de renouvellement". Avec un entêtement confirmé par différents courriers, les services de Pôle-Emploi refusent de prendre en compte les courriers des services fiscaux, précisant aux intéressés "Que les services des impôts, "surmenés", "victimes de manque de personnel", ne peuvent imprimer et fournir les avis de non imposition avant le 2 janvier 2012...".

Certains fonctionnaires, joints par téléphone mais qui souhaitent conserver l'anonymat, affirment même que "Pôle Emploi et les services des impôts auraient reçu des directives du gouvernement pour faire diminuer les chiffres des personnes indemnisées, à quelques mois des élections présidentielles et législatives". Une situation dramatique pour les plus pauvres à la veille de Noël ! Et qui n'empêchera pas Nicolas Sarkozy et ses ministres de "réveillonner" dans les restaurants les plus luxueux de la capitale....

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