Planète : le génocide des abeilles conduit à un monde sans fruit

La disparition massive des abeilles menace la production de fruits et de légumes, et, du même coup, la chaîne alimentaire humaine. Dramatique !
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Alors que la mystérieuse disparition des abeilles ( http://lesmielsbio07.onlc.fr/ ) inquiète les responsables de l'ONU, qui ont lancé, jeudi 10 mars 2011, un cri d'alarme et un signal à tous les états (lire Suite 101 du 11 mars 2011 L'ONU préoccupée par la très forte mortalité des abeilles http://www.suite101.fr/content/lonu-preoccupee-par-la-tres-forte-mortalite-des-abeilles-a26306#ixzz1GZGdHYtL ), les conséquences directes de cette mortalité ont été peu médiatisées. Ce phénomène est principalement observé dans les pays industrialisés de l'hémisphère nord, explique le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) dans un rapport publié jeudi 10 mars;

Dans la vallée du Rhône, le président de l'Abeille Ardéchoise et Drômoise a mis en garde les autorités : « D'ici 20 ans, toutes les abeilles de la planète pourraient avoir disparu, comme les dinosaures ont disparu. Mais les dinosaures n'assuraient pas la pollinisation des espèces végétales. Avec la disparition des abeilles, l'humanité pourrait se retrouver, d'ici 25 ans, sans fruit et légume ». Le constat est clair : depuis 1990, les deux tiers des abeilles ont disparu de la planète, souvent dans une indifférence générale.

En France, enannulant deux décisions autorisant la mise sur le marché de l'insecticide Cruiser pour les années 2008 et 2009, le 16 février 2011 (lire Suite 101 du 17 février 2011 Le Conseil d'Etat désavoue le ministre Bruno Lemaire ), à la requête de la Confédération paysanne, du Mouvement pour le droit et le respect des Générations futures, des Amis de la terre, du Syndicat des Apiculteurs Professionnels du Centre et de l'Ouest, du Syndicat des Apiculteurs professionnels Rhône-Alpes, de Philippe Vermandere, de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (auquel le syndicat l'Abeille Ardéchoise et Drômoise est affilié), et de France Nature Environnement, le Conseil d'Etat a prouvé, une fois encore, sa totale indépendance à l'égard du pouvoir politique. Lire aussi sur Suite101: Le Conseil d'Etat, dernier rempart pour préserver l'environnement http://www.suite101.fr/content/le-conseil-detat-dernier-rempart-pour-preserver-lenvironnement-a25289#ixzz1GZEx24K4

Les petits apiculteurs ont été taxés sans contrepartie

Comme cela a déjà été indiqué dans différents reportages de Suite 101 (lire aussi Les meilleurs miels de Drôme et d'Ardèche récompensés ( http://lesmielsbio07.onlc.fr/ ) ; Abeilles en danger : le conseil d'Etat face au Cruiser 350 : La Région Rhône-Alpes veut aider l'agriculture et l'apiculture), pendant que les décideurs étatiques se chamaillent sur les modalités de création d’un Institut technique apicole, avec ou sans l’Interprofession, les abeilles meurent en silence et l'apiculture disparait peu à peu de la carte de France.

Dans les années 80, une interprofession récoltait des fonds pour son financement par une « vignette taxe » apposée sur chaque pot de miel vendu. Sans qu’ils n’aient jamais rien eu en retour, 80% de ces taxes étaient réglées par les petits producteurs et les pluriactifs qui commercialisaient le miel au détail. Etait exonéré la vente de miel en gros.

Aujourd'hui, les petits producteurs et les pluriactifs de l'apiculture font de nouveau les frais dans la mise en place d’un Institut technique et d’une interprofession sans aucune considération en retour.

Pourtant, il y a le poids des chiffre: "Aujourd’hui 55% des ruches Françaises sont détenues par des petits producteurs et des pluriactifs», précise un responsable apicole."

Un état de fait déjà dénoncé par Suite 101 15.000 apiculteurs Français ont disparu en 10 ans http://www.suite101.fr/content/15-000-apiculteurs-franais-ont-disparu-en-10-ans--a23909#ixzz1GNkGAwja

Que dit le rapport de l'ONU du 10 mars 2011 ?

Parmi la douzaine de facteurs explicatifs recensés dans le rapport publié par l'ONU figurent l'emploi des pesticides, la pollution de l'air, la réduction du nombre de plantes à fleurs et d'apiculteurs en Europe, ainsi que l'existence d'un parasite mortel qui tue uniquement les abeilles de l'hémisphère nord.

"La mortalité des abeilles est en progression -- jusqu'à 85% dans certaines régions -- et pourrait avoir de graves conséquences sur la production alimentaire puisque la plupart des plantes, cultivées ou non, sont pollinisées par les abeilles" indique, sans détour, le rapport de l'ONU.

Le rapport précise aussi que l'action de l'ensemble des pollinisateurs représente environ 153 milliards d'euros, soit 9,5% de la valeur de la production mondiale de produits agricoles.

La mise en garde de l'ONU s'inscrit en droite ligne des cris d'alarme lancés précédemment par la communauté qui démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. L’Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).

Que se passe-t-il s’il n’y a plus d’abeilles dans le monde ?

Alors que les médias se focalisent, avec raison, sur l'explosion d'une centrale nucléaire au Japon, un bouleversement sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes, les abeilles, pour l’essentiel. Pour quelques rares espèces florales, d’autres agents interviennent, comme le vent ou l’autopollinisation passive, et contribuent également à leur reproduction sexuée.

Sans les butineuses de la ruche ( http://lesmielsbio07.onlc.fr/ ), la plupart des cultures n’atteignent plus une production satisfaisante. C’est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d’ombellifères (carottes, céleri, persil) et d’alliacées (oignons, poireaux). Il est impossible et irréaliste d’imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !

La menace d'un monde sans fleurs, sans fruit, ni légume

Pour Bernard Vaissières, scientifique renommé de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique), joint par téléphone,"Une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s’est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l’alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.

Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l’espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée...."

Peut-on remplacer les abeilles pour la pollinisation ?

A la question "Peut-on remplacer les abeilles pour la pollinisation ?", le sceintifique Bernard Vaissières répond sans détour "Aucune des solutions envisagées n’est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d’élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l’instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s’y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n’a jamais été retrouvée sur le marché....."

Visiblement, la technique est incapable de suppléer les abeilles, surtout à grande échelle. Ce que confirme Bernard Vaissières "Dans certains cas, d’autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. De plus,, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d’hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d’être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques."

Disparition des abeilles : une douzaine de causes recensées

De nombreux scientifiques se sont penchés sur les causes du génocide des abeilles et de leur disparition massive sur certains continents. Parmi les principaux facteurs recensés, on trouve l'élimination de leurs sites de nidification, la raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, les maladies et parasites... S'y ajoutent les épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles, les épandages d'insecticides.

Les abeilles, à la différence d'autres animaux, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l’a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l’abeille domestique.

Que faire pour sauver les dernières abeilles ? "En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l’utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux explique le président de l'Abeille Ardéchoise et Drômoise. De même si l’on prend des mesures plus efficaces d’un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l’usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu’elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, donc elles méritent d'être protégées en priorité...."

Populariser l'élevage des abeilles

En France, dans de nombreux départements, les syndicats d'apiculture proposent des cours aux novices et à tous ceux qui s'intéressent aux abeilles. Il s'agit d'inciter un maximum de citoyens à posséder quelques ruches au fonds du jardin, à élever des abeilles, pour participer, à travers ce geste citoyen, au sauvetage d'une espèce particulièrement menacée. Lire aussi sur Suite 101 les efforts du syndicat d'apiculture l'Abeille Ardéchoise et Drômoise ( Les meilleurs miels de Drôme et d'Ardèche récompensés http://www.suite101.fr/content/les-meilleurs-miels-de-drome-et-dardeche-recompenses-a23903#ixzz1GZHg2sNm )

Lire aussi :

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