Reprise du journal Paris Normandie par Huertas et Elie

Le sauvetage du groupe de presse du Havre par Xavier Ellie et Denis Huertas, patrons expérimentés, intervient 24 h après la liquidation de France Soir.
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Avec l'expérience et le charisme de Denis Huertas, patron de presse soucieux des contenus, des lecteurs, de l'indépendance rédactionnelle, capable d'aller affronter les juges dans le prétoir d'un tribunal pour défendre ses chefs d'agence et ses journalistes, avec la pugnacité de Xavier Ellie, homme d'action n'hésitant pas, en jean et baskets, à débloquer une imprimerie en grève à Chassieu dans le Rhône, le tribunal de commerce du Havre ne pouvait choisir meilleurs repreneurs en cet été 2012 pour le sauvetage du groupe de presse Paris Normandie .

L'imprimerie de Paris Normandie préservée par Denis Huertas et Xavier Elie

En donnant son feu vert à la reprise de Paris Normandie , quotidien régional, par les journalistes et patrons de presse très expérimentés Xavier Ellie et Denis Huertas, le tribunal de commerce assure la pérennité de l'emploi et privilégie le savoir faire redactionnel. En effet, l'offre présentée par ces anciens patronss du Progrès de Lyon et du Dauphiné Libéré prévoit la suppression de 85 emplois sur 357. Les repreneurs misent désormais sur un retour à l'équilibre, sans toucher à l'imprimerie et en conservant les huit éditions. Plusieurs médias de l'Ouest de la France, à la différence de nombreux quotidiens nationaux, ont salué cette décision du tribunal de commerce, en expliquant qu'elle intervient au lendemain de la liquidation de France Soir.

Ce dernier quotidien, issue de la résistance, qui tirait à plus d'un million d'exemplaires vendus à la fin des années 60, n'a pas eu la chance de Paris Normandie , et du groupe de presse de Havre.Il a manqué à France Soir, ces dernières années, des patrons compétents, expérimentés, ayant une vraie culture journalistique à l'image de Denis Huertas, trop souvent caricaturé en "baron du groupe Hersant" !

Paris Normandie est diffusé en Haute-Normandie et en Ile-de-France

Pour mémoire, et selon les informations diffusées par le site Wikipedia, "Paris Normandie est un journal quotidien régional de la presse écrite française fondé à Rouen ( Haute-Normandie ) en 1944, dont le siège a été transféré à Déville-lès-Rouen ( Haute-Normandie ) début 2006. Il est diffusé principalement en Haute-Normandie et un peu en Île-de-France .

"Après avoir été longtemps un journal indépendant, Paris Normandie est devenu, dans les années 1970, la propriété du groupe France-Antilles dirigé par Philippe Hersant , transformé en octobre 2006 en Groupe Hersant Média (GHM) ....".

Au début 2012 , les syndicats du journal font part de leur inquiétude pour l'avenir du titre, qu'ils estiment gravement menacé, au point de craindre, disent-ils, « au minimum un plan social , au pire un dépôt de bilan ». Le 29 février 2012, le tribunal de commerce du Havre place en redressement judiciaire pour six semaines la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI) qui édite le quotidien et les titres qui lui sont associés. En juin 2012, la Société normande de presse d'édition et d'impression achemine vers une liquidation judiciaire, qui conduit à la reprise, cet été, par Ddenis Huertas et Xavier Elie.

Sauvetage de 272 emplois

Si l'offre présentée par Denis Huertas et Xavier Elie prévoit la suppression de 85 emplois, elle assure le sauvetage de 272 emplois sur 357, et favorise la pérénité de l'ensemble de la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI), longtemps filiale du Groupe Hersant Médias (GHM), qui possède également les titres de la Pointe de Caux (Havre Libre, Le Havre Presse et Le Progrès de Fécamp).

Deux millions d'habitants continueront à avoir accès à une information libre et indépendante

Début août 2012, les journalistes Xavier Ellie et Denis Huertas ont officiellement pris les commandes de Paris Normandie , et des titres qui sont associés (Havre Libre, Le Havre Presse et Le Progrès de Fécamp). Interrogés par le correspondant de l'AFP sur leurs motivations, Denis Huertas et Xavier Elie expliquent "Pour nous, il était impensable que deux millions d'habitants soient ainsi privés d'un organe d'information et d'expression".

Denis Huertas et Xavier Elie inscrivent leur action dans la continuité

"Nous nous inscrivons dans la continuité de ce qui a été entrepris en ayant à l'esprit d'être encore plus performants", souligne, de son côté, Denis Huertas, désormais directeur général de la SNIC et directeur des publications. "Un fait important mérite d'être souligné : il s'agit de la deuxième fois, depuis leur création en 1944 par des acteurs de la Résistance, que ces quotidiens changent de mains. Ils avaient été repris successivement, une première fois, par Robert Hersant entre la fin des années 1960 et le début des années 1970....".

Thierry Rabiller, nouveau Redacteur en Chef

Côté organisation, la SNIC, dont Xavier Ellie et Denis Huertas, anciens PDG respectifs du Progrès de Lyon et du Dauphiné Libéré, sont les principaux associés, succède à la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI) qui appartenait au Groupe Hersant Médias (GHM). La rédaction en chef de ces titres qui rayonnent sur la Haute-Normandie est dorénavant assuré par Thierry Rabiller qui était jusqu'alors rédacteur en chef adjoint et qui remplace Sophie Bloch.

Le tribunal de commerce a accepté la suppression de 85 emplois sur 357. Pour les nouveaux dirigeants, "Grâce à cette économie dans la masse salariale et à la réduction des frais de structures, un retour à l'équilibre devrait intervenir, sans toucher à l'imprimerie et aux huit éditions....".

Après avoir accusé en 2011 deux millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de 40 millions, la SNPEI avait déposé son bilan le 29 février 2012 et avait ensuite été placée ensuite en redressement judiciaire. Elle avait été victime de la chute de ses recettes publicitaires et de ses ventes tombées à 76.000 exemplaires par jour en 2011, soit une chute de 26% en cinq ans, selon l'OJD.

Xavier Ellie est une figure de la presse quotidienne

Ce passionné d'information est né le 28 juin 1947 à Périgueux en Dordogne. Economiste de formation, Xavier Ellie entre au groupe Hersant en 1970. Il y devient notamment administrateur général du Figaro (1980-1983), puis président du directoire (1983-1987).

Il est ensuite président du conseil de surveillance du Dauphiné libéré (1987-1989). Président de Delaroche SA, société holding du groupe Le Progrès de 1987 à 2000. On le retrouve est président-directeur-général du Progrès de Lyon de 1989 à 2000. Xavier Ellie est souvent présenté comme le dernier “baron” de Robert Hersant dans le groupe Socpresse (Figaro-Express-Expansion…). Il quitte pourtant pour “désaccord stratégique” le groupe de presse racheté par le groupe Dassault, et dont il était directeur-général adjoint, en août 2005, après 35 ans de collaboration.

Xavier Ellie a été également président du Syndicat de la presse parisienne de 2000 à janvier 2005 et de la Fédération nationale de la presse française de 2002 à décembre 2004. En 2006, il reprend le journal Lyon Capitale, placé en redressement judiciaire à la suite d’une crise entre ses salariés et son actionnaire majoritaire. Humaniste, attaché à un certain nombre de valeurs, Xavier Ellie avait été élu, de 1995 à 2001, sur les listes de Raymond Barre à Lyon.

Denis Huertas, symbole d'une information indépendante et de qualité

Difficile de résumer la carrière de Denis Huertas, un très grand patron de presse, soucieux d'animer avec charisme les équipes et les redactions, pour aller toujours plus loin dans la recherche de la vérité. Le currculum vitae de Denis Huertas est intégralement lisible en ligne . On y découvre qu’il n’est pas un inconnu en Normandie : il a été responsable de la modernisation du Havre Presse de 1976 à 1978 et directeur du Havre Libre de 1982 à 1984.

Homme d'action, soucieux de l'indépendance de ses chefs d'agence et de ses journalistes, Denis Huertas possède un réel savoir-faire au niveau de la presse. Lorsqu'il était encore PDG du Dauphiné Libéré et que le quotidien Grenoblois vendait, chaque jour, plus de 500 000 exemplaires dans sa zone de diffusion (contre moins de 300 000 aujourd'hui, dont à peine 5000 exemplaires sur la ville de Grenoble !), l'hebdomadaire l'Express avait publié en 2000 un portrait assez objectif et impartial de Denis Hertas, soulignant "Directeur général de France Antilles au début des années 80 [1984-86], il devient, à 38 ans, président-directeur général du Progrès de Lyon (1987).

"Puis, en 1989, il prend la direction du quotidien dauphinois, tout en développant les titres du groupe Hersant en Pologne. Discret et secret, il se tient volontairement à l’écart du microcosme politique de sa région. «Il a une vision plus business et plus industrielle que les anciens patrons de la presse quotidienne régionale», explique l’un de ses proches. Denis Huertas occupe aussi plusieurs fonctions nationales importantes: président de la commission de l’information du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), administrateur du GIE Télévision presse région et vice-président de la société Delaroche, holding qui coiffe les titres rhônalpins du groupe Hersant.....).

Depuis 2009, Denis Huertas dirige PumpUp, une société spécialisée dans le conseil marketing en ligne et e-business, et, sous le même nom, depuis 2004, une autre entreprise, une structure d’acquisition et de management.

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