Vins et grands crus : la qualité pour inverser la conjoncture

2010 restera dans la mémoire de chacun comme un millésime exigeant et délicat. Une de ces années qui demandent patience, finesse et minutie.
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La crise touche aussi de nombreuses exploitations viticoles, avec des ventes de fin d'année qui n'ont pas forcément été à la hauteur de toutes les espérances.

Ainsi, les vignerons de Gironde misent sur la qualité, mais aussi sur le biologique, pour tirer leur épingle du jeu, alors que la commercialisation, au niveau français, affiche un net repli à la fin janvier.

Plusieurs raisons à cette situation. D'abord, les sorties de vrac de la campagne 2009-2010 sont, à la fin janvier, inférieures de 30 % à l'année dernière sur les vins de table et de pays. Les prix en rouge et en rosé se situent en dessous de 45 €/hl pour les vins de table et en dessous de 55 €/hl pour les vins de pays. Pour les observateurs, ils ont tendance à approcher les prix des vins espagnols, historiquement plus bas, mais toujours plus stables.

Selon les mêmes sources, les vins de pays blancs se maintiendraient aux alentours de 90 €/hl, en raison d'une offre plutôt rare.

Les Beaujolais, les Corbières, les Côtes du Ventoux résistent

Pour les AOC rosés et rouges, on assisterait à une évolution négative partout, sauf dans quelques zones comme les Beaujolais villages (ayant beaucoup baissé les années précédentes), les Corbières ou les Côtes du Ventoux.

En règle générale, le marché s'avère très contrasté, et certains secteurs, qui travaillent sur les méthodes de vinification, sur la qualité en général, tentent de rebondir en affichant "savoir faire" et "qualité".

Chez les viticulteurs Girondins, la traditionnelle dégustation interne dans différents châteaux laisse présager de belles surprises. Il y aurait un certain optimisme du côté des Sauternes et Barsac.

Situation identiques pour les producteurs de Saint-Emilion, de Grave, ou de Pessac-Léognan, qui ont réalisé de belles vendanges à la fin septembre 2010. Ici, Les viticulteurs sont à l’écoute des vignes…

Des kilomètres parcourus dans la vigne pour surveiller, trier, éclaircir, puis ramasser le raisin quelques fois en six tries jamais en moins de quatre… Des troupes de vendangeurs que l’on décommande, pour mieux les convoquer en urgence le week-end suivant… Autant dire que chacun était impatient de découvrir le vin de ses voisins.

Sauternes et Barsac marqués par un fruit pur et enjôleur

Les vignerons des Crus Classés de Sauternes et Barsac confirment encore aujourd’hui leur incroyable capacité à s’adapter aux exigences de la nature et aussi la connivence profonde qui les lie à leur terroir.

"Car si ce millésime 2010 est marqué partout par un fruit pur et enjôleur, unefraîcheur dynamique contrebalancée par une belle liqueur, on retrouve très nettement les caractéristiques de chaque cru, le style et la personnalité de chacun", confirme une viticultrice.

Des vendanges exigeantes pour un millésime séducteur, cela pourrait résumer le savoir faire des vignerons Bordelais, unis dans la même passion pour perpétuer la tradition du vin, sur un marché où les exportations continuent de baisser. D'où l'importance des qualités régionales, des producteurs locaux, du savoir-faire immuable transmis de père en fils.

CONT12

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