Les nuées d'étourneaux, une guerre sans répit

Un scénario à la Hitchcock ? C'est ce que nous rappellent ces invasions de sansonnets qui s'abattent depuis quelques jours sur certaines villes.
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« Angers déclare la guerre aux étourneaux », telle est la une d'un journal angevin, la capitale de l'Anjou étant victime régulièrement des dizaines de milliers de volatiles qui s'abattent sur les arbres de la ville, dans les parcs et les jardins privés. Outre le risque sanitaire que cela engendre, la cohabitation lors de ces raz-de-marée effrayants génère quelques inconvénients plutôt déplaisants. Quelles raisons poussent les étourneaux à envahir ainsi le territoire urbain, et comment défendre ce territoire de l'envahisseur ?

Le modus operandi des étourneaux-sansonnets

Le scénario de la nouvelle de Daphné du Maurier, Les Oiseaux , repris par Hitchcock, se répète régulièrement dans quelques villes françaises. Ce ne sont pas cent ni mille, mais des dizaines de milliers d'étourneaux qui envahissent les cités. Rennes, La Roche-sur-Yon, Angers, mais aussi la Côte d'Azur, les Landes... Ils arrivent en nuages denses, souvent en fin de journée, et se posent sur les arbres pour y passer la nuit.

L'étourneau, ou étourneau-sansonnet est pourtant un oiseau capable de vivre en solitaire. Mais à l'approche de la nuit, il cherche de la compagnie, et s'organise en "dortoir", sans doute par un réflexe de protection. Un "dortoir" envahissant et très bruyant puisque ces groupes peuvent atteindre 100 000 oiseaux.

Pourquoi les étourneaux envahissent les villes ?

Nous autres citadins serions les premiers responsables de cette invasion. L'étourneau est un oiseau diurne, qui, dès que le soleil se couche, s'arrête de voler par manque de visibilité. Etant donné qu'il trouve son garde-manger dans les champs et les campagnes, où graines et insectes composent son ordinaire, il devrait, normalement, s'endormir près de sa cantine. Seulement voilà, les villes et leurs lumières artificielles perturbent les habitudes de l'étourneau. Du coup, comme en plein jour, attiré par les soleils artificiels, il veille plus longtemps et se dirige instinctivement vers la lumière pour y trouver nourriture et chaleur.

Avec le temps, les étourneaux se sont adaptés au mode de vie urbain, comme l'ont fait avant lui les pigeons ou les rats.

Risques sanitaires et inconvénients majeurs

Passer sous un nuage d'étourneaux n'est pas une bonne idée. "Planquez-vous" serait le mot d'ordre le plus sage. L'avalanche de fientes ressemble fort à une rafale de mitraillette, certes pas mortelle, mais franchement désagréable si l'on se rend au travail ou à un rendez-vous. Et c'est désormais ce que l'on voit dans les villes envahies : des humains disparaissant sous les portes cochères et les auvents de magasins tandis que les oiseaux s'installent sur ce territoire abandonné.

Après une nuit passée dans un parc, les étourneaux laissent derrière eux une couche épaisse de fientes, qui inquiètent vivement les services d'hygiène. A Angers, les étourneaux ont définitivement choisi les grands cimetières de la ville et la place de la gare, où les arbres sont nombreux. La municipalité a dû se résoudre à fermer temporairement ces cimetières pour éviter les éventuelles infestations.

Quant aux particuliers possédant des jardins, semis de printemps et arbres fruitiers de l'été subissent en quelques minutes une "cueillette" radicale, et un épandage de masse...

Comment mener la guerre contre les étourneaux ?

  • Première solution : l'effarouchement.

Angers, en février 2011, a déjà dépensé 1400 € en cartouches explosives, et payé 80 heures supplémentaires aux gardiens des cimetières qui lancent des pétards et des fusées assourdissantes toutes les trois minutes. C'est un 14 Juillet qui résonne dans toute la ville chaque soir durant près de deux heures.

  • Deuxième solution : la peur du prédateur.

  • Troisième solution : faire appel à un fauconnier, comme en Haute-Savoie .

  • En désespoir de cause, la prudence est de mise : ne jamais sortir sans un parapluie, et décider d'un couvre-feu chaque soir dès le crépuscule.
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