La Diagonale du Fou: Un film sur le jeu d'échecs

Avec l'un des rares films consacrés au jeu d'échecs, le regretté réalisateur Richard Dembo a mis en scène une atmosphère particulière.

Film franco-suisse réalisé par Richard Dembo en 1984, La Diagonale du Fou retrace l’histoire d’un championnat du monde d’échecs.

La fascination exercée par les échecs, moteur du film.

Servi par une distribution d’acteurs talentueux dont Michel Piccoli, Liv Ullmann,Michel Aumont, Alexandre Arbatt,Jean-Hugues Anglade, ce film a raflé des prix prestigieux dont le prix Louis Delluc, le César de la meilleure première œuvre en 1985 et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère la même année.

Dans une interview, Richard Dembo confessait qu’il comprenait la fascination exercée par les échecs sur certains. Lui même jouait de temps en temps en considérant le jeu comme un moyen de se connaître et de découvrir chez l’autre des aspects inattendus de sa personnalité, une sorte de filtre révélateur en quelque sorte.

Richard Dembo a trouvé son inspiration dans un livre « Le Maitre de Go » de Kawabata .

Fasciné par les personnages qui passaient tout leur temps à jouer, il a transposé ce livre aux échecs. Film sans grand moyen, premier film oblige, le réalisateur a voulu que l’intelligence en soit le personnage principal.

Une fiction reposant sur des joutes connues

La Diagonale du fou reprend des schémas polémiques construits autour des célèbres rencontres Karpov-Kortchnoi de 1978 et de 1981 : le soviétique orthodoxe contre le dissident. Des moyens évidents de pression du gouvernement de l’époque ( interdiction de sortie du territoire de la famille du dissident ) étaient censés influer sur le moral des compétiteurs.

Pour une fois , un film ne présente pas les joueurs d’échecs comme des malades ou des paranoïaques. Cet évident respect pour ce sport cérébral et ses protagonistes est assez rare pour être salué.

Malgré son petit budget, Richard Dembo a soigné les détails en s’attachant la collaboration de joueurs d’échecs professionnels.

En revanche le réalisateur n’évite pas tout à fait la caricature des stratégies échiquéennes en nous montrant les coulisses d’un championnat du monde où tout semble être mis en œuvre à seule fin de démolir le camp adverse.

Plus que cette lutte mille fois décrite et somme toute assez peu crédible de l’univers glauque des services secrets, c’est la réalité humaine et psychologique des protagonistes qui touche le spectateur.

Apprécié par les joueurs d’échecs, ce film a également été très bien reçu par les non-joueurs avec un nombre d’entrées payantes en salle de 500 000 et 3 000 000 de spectateurs pour sa diffusion sur Arte.

Même si Richard Dembo a par la suite réalisé d'autres grands films comme L'instinct de l'Ange , ce film a marqué sa carrière cinématographique.

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