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FRÉDÉRIC HASCOËT

Publié dans : Les articles Culture de Frédéric Hascoët

Le Hobbit – Un voyage (pas si) inattendu

En dépit d'un manque de surprises dans le scénario, Peter Jackson a une fois de plus épaté dans le visuel. Du grand spectacle.

Bilbon Sacquet, un jeune hobbit, vit paisiblement dans la vallée de Hobbitebourg. Un jour, il croise la route de Gandalf le gris, un magicien. Celui-ci souhaite le faire venir avec lui et une bande de nains, emmené par le guerrier Thorin Ecu – de - chêne, afin de reprendre le royaume perdu d'Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Au début réticent, Bilbon rejoint finalement l'aventure. Le début d'une épopée au cœur du Pays Sauvage, où ils devront lutter contre des Gobelins, des Orques, mais aussi contre le mystérieux Gollum et son anneau d'or aux pouvoirs magiques...

Bilbon, le lion et le rat

Préquel de la Trilogie du Seigneur des Anneaux, le premier volet de cette nouvelle saga nous plonge dans la jeunesse de Bilbon et raconte les circonstances qui l'ont amené à la découverte du fameux anneau. Bilbon, qui nous est présenté comme un personnage calme, rangé, un hobbit sans histoires et qui n'en veut pas. Mais les circonstances vont l'amener à suivre les nains dans un rôle de «cambrioleur» (car les hobbits sont agiles et discrets) dans leur entreprise de reconquête de leur territoire. Pas toujours accepté au début de l'aventure, il devra prouver son courage pour se faire sa place. Seul Gandalf lui fera d'emblée confiance. Nous sommes ici comme dans la fable du lion et du rat, et de sa célèbre maxime «on a toujours besoin d'un plus petit que soi». Comme le sera, plus tard, Frodon Sacquet au milieu des guerriers et autres elfes. Bilbon ne sait pas se battre, mais il possède bien d'autres valeurs qui l'élèveront en héros.

Nous sommes ici dans un film d'Héroic Fantasy classique, avec ses guerriers qui manient l'épée comme personne, ses personnages dotés de pouvoirs magiques capables d'épauler ceux qui en sont dépourvus, et d'autres personnages enfin, hobbits ou autres, plus «humains», plus proches de nous et donc avec lesquels peut se créer une plus forte empathie, permettant une porte d'entrée idéale dans l'histoire que l'on nous raconte, et ainsi rendre plus crédible à nos yeux les situations qui nous sont montrés dans un univers très codé créé de toutes pièces. Bilbon développe un caractère, des failles et des qualités dans lequel tout le monde peut se retrouver, mais dans des situations spécifiques. Ainsi, les valeurs développées au cours de la quête ressemblent sensiblement à celles de la «vie réelle», créant des passerelles entre un univers fictionnel à 100% et le quotidien que tout un chacun peut adapter à sa situation propre, extérieure ou intérieure.

Maîtrisé, mais sans risques

En effet, si ce film fascine autant, c'est que malgré les apparences d'un monde complètement inventé rempli de créatures que l'on ne rencontre qu'au cinéma, c'est que les émotions des personnages, ainsi que leurs contradictions, nous les rendent proches de nous, en développant des valeurs en dehors de leurs armes ou de leurs pouvoirs magiques. Des personnages très bien campés, avec au premier rang Martin Freeman (de la série Sherlock), excellent Bilbon. Il se fond dans un univers moins sombre que celui du «Seigneur des anneaux», car la différence de base entre les deux histoires est que Bilbon le Hobbit est un livre initialement destiné aux enfants, alors que le second récit est plus pour un public adulte. C'est donc un film destiné au public le plus large qu'a adapté le réalisateur néo-zélandais, avec divers degrés de lecture, très maîtrisé, collant au plus près des premières aventures racontées, sans grands risques toutefois.

Visuellement, le film ne dépayse pas les aficionados de la première trilogie. On retrouve les mêmes codes, les mêmes paysages, et parfois les mêmes personnages (Gandalf, Gollum dans des rôles importants, mais aussi Frodon ou Galadriel, qui font des apparitions). Et le passage en 3D renforce souvent le côté fantastique de l’œuvre. Toutefois, le déluge d'effets spéciaux ne masque pas toujours un scénario sans réelle surprise. Et les scènes d'action font penser à un énième épisode d'Indiana Jones. Pour autant, le film ne manque pas de rythme ni d'humour, et le spectacle est garanti. Un de ces films épique qui remplit parfaitement son rôle de divertissement. Peter Jackson, le réalisateur des trois premiers épisodes, montre une fois de plus sa maîtrise de l'univers de Tolkien et sa capacité d'en faire un film personnel malgré la grosse machine que ce long métrage demande nécessairement.

Le confortable plaisir de retrouver des héros familiers dans des contrées déjà arpentées et des histoires légendaires connues de tous fait plus ou moins facilement oublier un film aux ficelles parfois visibles et à un scénario qui ne renouvelle pas le genre en profondeur. Néanmoins, la 3D est très bien utilisée et le rythme ne laisse aucune respiration ou temps morts. Le suspense est bien mené, et l'on ne s'ennuie pas. Tout est fait pour rendre le spectateur addict et impatient de voir les suites (décembre 2013 et 2014), comme un bon feuilleton télévisé.

À propos de l'auteur

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FRÉDÉRIC HASCOËT

Titulaire d'une Licence de Médiation Culturelle. Plus passionné
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