Melancholia : Wedding in the dark

L'apocalypse selon Saint Lars Von Trier : inégal mais intéressant

Un mariage et un enterrement, celui de notre bonne vieille terre. Deux ans après le très oubliable "Antichrist", le cinéaste danois Lars Von Trier retrouve Charlotte Gainsbourg et l'entoure d'un casting international de premier choix: John Hurt, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Stellan Sgarsgärd... mais surtout Kirsten Dunst, prix d'interprétation au dernier festival de Cannes pour son rôle de Justine, jeune mariée paumée et dépressive au bord du divorce. Le réalisateur de "Breaking the Waves" et de "Dancer in the dark" (palme d'or 2000) entraîne tout ce beau monde dans un film à l'ambiance crépusculaire et inéluctable.

Justine et Claire et le point rouge

Lars Von Trier découpe son film et deux parties et un prologue qui dévoile l'intrigue sur fond d'images au ralenti et de musique de Wagner. Les deux chapitres s'intéressant à Justine et sa soeur Claire (Charlotte Gainsbourg).

Dans la première partie, Justine et Michael (Alexander Sgarsgârd) arrivent en retard à leur propre réception de mariage méticuleusement organisée dans la luxueuse demeure de sa soeur et son riche beau-frère John (Kiefer Sutherland). Premier incident d'une longue soirée ou absolument rien ne se passera comme prévu. Entre une mariée qui prendra bien vite conscience de l'échec annoncé de son mariage, et qui ira jusqu'au suicide professionnel, des parents (Charlotte Rampling et John Hurt) qui s'entredéchirent devant les invités et un étrange petit point rouge dans le ciel, la soirée qui s'annonçait idyllique n'est en réalité que la méticuleuse destruction en règle des différentes sphères sociales (couple, famille, travail...). Un relatif désordre dont l'héroïne ne sortira psychologiquement pas indemne.

Violent contraste

La seconde partie, dont l'action se déroule quelques jours plus tard, et qui se concentre sur Claire, nous plonge dans ses plus profondes angoisses face à la planète Melancholia qui se rapproche inexorablement de la Terre. Une angoisse subtilement et intelligemment partagé avec le spectateur, dans un huis clos minimaliste de plus en plus étouffant au fur et à mesure que la collision devient inévitable. Et cela dans un violent contraste de magnifiques paysages superbement filmés.

Tout n'est d'ailleurs que contraste dans ce film. Justine et Claire aux personnalités diamétralement opposées, le ratage dans les grandes lignes de l'un des plus beau jour de la vie d'un couple, la fin du monde sans informations à la télévision et sans images de panique générale de la population. Une fin du monde par celles qui la vivent en quelque sorte.

En réalisant deux mini - films en un, trop distincts l'un de l'autre, Lars Von Trier sauve une narration bancale par une maîtrise convaincante de sa réalisation et par des acteurs, premiers comme seconds rôles, impeccables. Cette Apocalypse - là mérite le détour.

MELANCHOLIA

Film de Lars Von Trier

Avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, John Hurt...

Durée:2h10

Sortie le 10 août 2011

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