Baldur's Gate, saga légendaire du jeu de rôle PC

La saga Baldur's Gate, l'une des plus grandes sagas de jeu de rôle de tous les temps, possède une puissance narrative et une ambiance exceptionnelle.
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Développés par Bioware ( Neverwinter Nights, Mass effect… ), Baldur’s Gate (1998), sa suite Baldur’s Gate 2 : Shadow of Amn (2000) et le chapitre final Throne of Bhaal (2001) composent une saga mythique du jeu vidéo grâce une expérience de jeu de rôle considérée à juste titre comme l’une des plus inoubliables de tous les temps.

Le scénario de Baldur’s Gate se déroule dans les Royaumes oubliés , de la Cote des Epées au Nord, au Royaume d’Amn au Sud, un univers créé par Greenwood pour le jeu de rôle papier Donjons et Dragons. C’est un jeu de rôle exigeant qui demande une gestion des compétences, de l’expérience des protagonistes et de l’équipement de pièces d’armure ou d’armes toujours plus performantes. Les combats représentent des phases hautement stratégiques pendant lesquelles le joueur doit étudier chaque action en détail, afin de lancer les meilleurs sorts et assauts adaptés pour chaque ennemi présent que ce soit des grouilleux, des flagelleurs menteaux, des beholders ou bien des dragons !

Une histoire fantastique et complexe

Le personnage principal, élevé à Château-Suif , est contraint de quitter sa région natale après le meurtre de Gorion, son père adoptif. Au cours de l’aventure, il voyagera jusqu'à la ville de Baldur’s Gate et y découvrira un complot magistral, orchestré par Sarevok, son demi-frère et fils du dieu du meurtre Bhaal. Sarevok contrôle en outre l’organisation secrète du "Trône de fer" qui cherche à dominer la Côte des Epées en s’accaparant le fer de la région pour monter une armée. Par la suite, le personage principal découvre que le véritable objectif de Sarevok est de mener une guerre contre le Royaume d'Amn . Finalement, Sarevok est vaincu ce qui clos la première partie de la saga.

Le commencement de Baldur’s Gate 2, Shadow of Amn est pour le moins inattendu puisque le personnage principal se retrouve enfermé dans une prison obscure dont le maitre des lieux est le charismatique et maléfique Jon Irenicus. Ce puissant sorcier cherche à obtenir les pouvoirs divins du personnage principal en lui volant son âme. Privé de cette dernière, le héros va pourchasser Irenicus à travers les profondeurs de la Terre, dans Ust Natha , le Royaume des elfes noires, jusqu'à la cité natale d’Irenicus, Suldanessalar , dominée par une armée maléfique. Finalement, ce dernier est vaincu, mais la saga n’est pas encore achevée. (Cet épisode est considéré comme le meilleur de la saga)

Throne of Bhaal vient alors conclure l’aventure en se concentrant sur la ligné divine du personnage principal. Le héros, manipulé par Amélissane, une prêtresse de Baahl, va devoir assassiner un par un les cinq enfants du dieu du meurtre, les cinq doigts de la "main" de Bhaal. L’objectif d’Amelissane est en outre de trahir son défunt maître pour s'approprier son pouvoir lorsque tous seront morts.

Des personnages charismatiques et des dialogues extraordinaires

Le scénario de Baldur’s Gate est extrêmement riche grâce à des rencontres et des personnages inoubliables. Chaque protagoniste possède une identité propre et des traits de caractère développés en profondeur au cours de l’histoire.

Ainsi, l’essence même de la série et son incroyable aura découlent des relations socio-culturelles entre les personnages. En effet, de nombreux dialogues viennent émailler l’aventure et selon les choix et les actes du héros, son discours et son alignement, certains compagnons peuvent se fâcher, protester ou bien livrer leur cœur. D’ailleurs, les romances dans Baldur’s Gate sont particulièrement intéressantes à vivre car elles suggèrent des heures de conversations et de rapprochements plus ou moins évidents selon les personnages. Par exemple, le héros peut se lier avec l’elfe noire Viconia dans Shadow of Amn ou bien avec son amie Jaheira de Baldur’s Gate

On s’attache alors facilement aux compagnons du groupe d’aventurier ainsi constitué. A cause de leur lourd passé, et de la justesse des dialogues, ils font partie des personnages de jeu vidéo les plus charismatiques de tous les temps. On en retiendra quelques uns :

- Imoen, voleuse un peu naïve dans le premier épisode, elle devient un personnage principal plus mature dans Baldur’s Gate 2. Demi-sœur du héros et donc également descendante de Bhaal, elle sera capturée par Irenicus pour tendre un piège au héros et lui voler son âme.

- Viconia est une elfe noire chassée de son royaume et traquée par les humains. Son cœur est sombre de par les abus et les persécutions dont elle a été la victime. Son histoire ainsi que sa rencontre avec le personnage principal permet de grands débats sur le racisme et le sexisme dont elle est à la fois victime et instigatrice. Sa relation complexe avec le héros est l’une des plus mémorables à vivre durant le jeu.

- Minsc, le brave guerrier chauve, est un compagnon attachant quoique relativement stupide. Son meilleur ami est Bouh, un hamster qu'il croit venu d'une autre dimension.

Bien qu'étant des personnages non jouables, on ne peut oublier Jon Irenicus et sa sœur vampire Bodhi, dont le charisme et la puissance font de ces derniers des adversaires parmi les plus géniaux de l'histoire des jeux vidéo au coté, bien entendu, de Sephiroth (Final Fantasy 7)

Une ambiance sensationnelle

L’atmosphère du jeu est souvent pesante, que ce soit lors des conversations entres les protagonistes ou dans les environnements sinistres de la saga. Mais si l’aspect narratif joue un rôle prépondérant dans l’ambiance inimitable de la série, d’autres facteurs doivent également y être associés.

Techniquement, le jeu se contrôle à partir d’une vue en 3D isométrique qui plonge les protagonistes et le joueur au cœur d’immenses cartes richement détaillées. Malgré la faible résolution comparées aux productions actuelles, c’est cet aspect visuel intimiste, dénué de zooms ou de systèmes de rotation qui donne son identité graphique au jeu.

Ainsi, l’ambiance de l’aventure se vit avec plaisir grâce aux choix des environnements traversés et à la précision des décors. Chaque "tableau" dépeint est alors unique et a été individuellement créé pour l'histoire et non pas le contraire...

Pour continuer,on peut noter l’impressionnante liste des objets et armes récupérables au fil de l’aventure. Chaque artefact possède sa propre histoire torturée imprégnée de celle de son ancien propriétaire. Posséder des armes et des armures légendaires contribue alors à renforcer la puissance (et le préstige !) des personnages qui s’en équipent. En outre, on ne peut que s'emmerveiller devant la liste monumentale des sorts de mage et de prêtre disponibles tout au long du jeu et permettant de chosir une stratégie personalisée (défensive, offensive, basée sur les pièges ou les illusions...) pendant les combats.

Mais ce qui influe toute la force narrative de Baldur’s Gate, c’est sans doute ses musiques et ses sonorités réalisées par le compositeur allemand Michael Hoening. Chaque thème musical, chaque grincement, chaque aboiement, chaque conversation volée au détour d’une rue permet effectivement au joueur de s’imprégner de l’atmosphère de la saga et d'en devenir un acteur incontournable.

Des choix moraux récurrents

Baldur’s gate oblige le joueur de faire des choix aux conséquences importantes pour la destinée du héros. Selon ses actions, en contradiction ou non avec son alignement, les conséquences sont toujours très nombreuses pour la vie du groupe et le scénario final.

C’est un aspect particulièrement appréciable qui permet une gestion morale de son groupe et de sa réputation dans le monde des Royaumes oubliés. Ainsi, le sentiment d'attachement au groupe constitué en est encore plus renforcé et la sensation de vivre SA propre aventure en est naturellement décuplée.

Un héritage difficile à assumer

Mais depuis 2002, ni Neverwinter Nights , ni Dragon Age Origines de Bioware n’ont pu parvenir à apporter cette ambiance contextuelle et narrative si impressionnante du temps de la saga Baldur’s Gate. Ces jeux cités ne sont pas mauvais, loin de là, cependant il leur manque cette aura particulière apportée par des personnages charismatiques sublimés par la profondeur de leur caractère, complexifiés par leur vécu douloureux et mature, fantasmés par leur portrait en simple 2D et admirés par leurs talents.

La série Baldur's Gate est l'antithèse de la majorité de la production de jeux de rôles du 21ème siècle. On est loin des "standards" actuels du RPG grand spectacle estampillés "couloirs" comme Final Fantasy 13 où tous les crédits de développement passent dans la réalisation des textures, dans le photoréalisme du sang ou des formes féminines rencontrées...

Malheureusement, l’héritage s’assombrit toujours plus quand on constate que, Dragon Age 2 fait le choix des combats impressionnants et des graphismes saisissants (et encore...) comme la plupart des super productions vidéoludiques de nos jours, au détriment de la richesse du gameplay, de l'exploration, de la profondeur de la narration et du plaisir de vivre une aventure émouvante et personnelle. Car, c'est une évidence, la saga Baldur’s gate regroupe toutes ces qualités et reste une série de légende qui représente l’apogée du jeu de rôle sur PC.

Pour en savoir plus sur l'univers du jeu Baldur's Gate :

Baldur's Gate : rpgfr.net/bg1/

Baldur's gate 2 : rpgfr.net/soa/

Et une encyclopédie complète sur l'univers Baldur's Gate :

Encyclopédie : www.baldursgateworld.fr/wiki/index.php/Special:Toutes_les_pages

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