La nouvelle vie de Jean-Luc Delarue

Jean-Luc Delarue a entamé le 24 février 2011 un tour de France pour faire de la prévention sur la consommation de cocaïne et parler de sa propre expérience.

« Le gendre idéal ». C’est ainsi que l'on qualifie parfois Jean-Luc Delarue, l’animateur vedette de France Télévisions. Mais depuis quelques années, son image a été sérieusement écornée. Notamment lorsque l’on a appris que le présentateur à succès était aussi un très gros consommateur de cocaïne. Depuis, l’animateur s’est soigné, et a même décidé de témoigner sur son histoire en entamant un tour de France. Retour sur la descente aux enfers d’un homme de télé sur la voie de la rédemption.

Sans caméra

« Ça fait cinq mois que j'ai arrêté la drogue. Je ne me suis jamais senti aussi bien. Je suis là aujourd'hui pour témoigner. Parce que la parole est ce qui me permet aujourd'hui d'avoir une sobriété heureuse »*. C’est avec ses mots que Jean-Luc Delarue a démarré son intervention devant des élèves d’une classe du Likès, un lycée de Quimper, le 24 février 2011.

« Pendant deux heures, on n’a pas entendu une mouche voler dans l’amphi. C’est rare. Ce que je viens d’entendre, je pense que je m’en rappellerai toute ma vie » raconte Simon, 16 ans, dans le journal Ouest-France.

Pari gagné pour Jean-Luc Delarue ? En tout cas, il avoue sans honte « avoir eu le trac », avant cette première intervention à Quimper. Pourtant, il n’y avait pas de caméra (sauf celles des journalistes), et ce n’est pas lui qui posait les questions. Mais, une fois n’est pas coutume, c’est lui qui parle, et témoigne, sur ce qu’il a vécu.

Il sillonnera ainsi la France jusqu’à l’été 2011.

Les premiers déboires début 2007

L’animateur a toujours connu de beaux succès avec ses émissions. Pourtant, cela fait déjà quelques années que Jean-Luc Delarue alimente la rubrique « Faits divers » des journaux.

Un des plus marquants s’est déroulé le 13 février 2007, sur un vol Paris-Johannesburg. Apparemment sous l’emprise de l’alcool et de la drogue, l’animateur avait eu, selon des témoignages, un comportement « agressif et injurieux » envers le personnel navigant et certains passagers. Il avait même fallu lui passer les menottes pour que le vol puisse se terminer normalement.

En 2008, c’est avec l’URSSAF qu’il connaissait quelques soucis. Et en 2009, il dérapait à nouveau. Cela se passait à la cérémonie de remise des Globes de Cristal. Il avait alors voulu faire de l’humour en faisant un mauvais jeu de mot sur les « globes » de l'écrivaine Yamina Benguigui qui avait très peu goûté la plaisanterie et exigé des excuses publiques. Qu’elle avait d’ailleurs obtenues.

L’intervieweur interpellé

Mais les ennuis du producteur de télévision sont loin d’être terminés. Le 14 septembre 2010, il est arrêté et placé en garde à vue, dans le cadre d’une enquête portant sur un vaste trafic de stupéfiants. Il en ressort qu’il est, au minimum, un très gros consommateur de cocaïne (plusieurs milliers d’euros par mois). Le soir même, il enregistre une vidéo dans laquelle il fait son mea culpa . Mais le lendemain, la direction de France télévisions le suspend d’antenne pour une durée indéterminée. C’est Sophie Davant qui le remplace à la présentation de son émission quotidienne : Toute une Histoire , produite par la société dont il est le patron, Réservoir Prod .

En octobre 2010, l’animateur décide d'entrer en cure de désintoxication à la clinique de La Métairie, un établissement spécialisé dans le traitement des addictions, situé à Nyon, en Suisse romande. Malgré sa mise en examen en janvier 2011 pour usage de stupéfiants, l’animateur décide de relever un nouveau challenge : celui de rencontrer les jeunes pour leur parler des addictions, et leur faire part de sa propre expérience.

Des avis partagés

25 à 30 dates sont programmées jusqu’en juin 2011, et il se rendra également en Suisse et en Belgique. Le périple ne se fera pas en jet privé, mais en...camping-car. « Le camping-car, cela représente pour moi l'envie de prendre la route »*, ajoute l’animateur. Et il se déplacera en réponse aux demandes.

« Le problème de ces addictions est tellement grand, qu'il a fallu choisir une première porte d'entrée pour rendre mon action concrète ; j'ai donc choisi d'intervenir dans un premier temps dans les lycées auprès des élèves de seconde, première et terminale et dans un second temps auprès de leurs parents. Qu'en pensez-vous ? », demande le présentateur, dans un mot de remerciement sur le site de sa fondation.

Cette démarche de Jean-Luc Delarue ne fait cependant pas l’unanimité. Une mère de lycéen du Likès déplore que la "venue d'un people pour aborder un tel sujet ne soit pas ouverte à toute la population de Quimper", et s'interroge : "Est-ce que Delarue est un bon exemple ?" ( purepeople.com ).

L’intéressé, quant à lui, semble vouloir suivre ses convictions : « J'ai décidé de me lancer dans la prévention parce que j'en avais marre d'avoir marre…Une vedette dans les classes, ça interpelle. L'important, c'est que le message passe»*

On pourra être d’accord ou pas sur une telle initiative. Disons que « ça se discute » Même si globalement, on ne peut que saluer une démarche de prévention pour sensibiliser les jeunes par rapport à la consommation d’une drogue. De surcroît en constante augmentation.

* ouest-france.fr

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