Quels mots du vocabulaire français sont d'origine allemande?

Le français est une langue d'origine romane. Néanmoins, une partie de son vocabulaire est issue des langues germaniques.
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Sur les 35 000 mots du vocabulaire courant de la langue française, 714 viennent de l’allemand ou de l’ancien allemand, soit environ 2%, selon Wikipedia . Ainsi, au fil des siècles, l’allemand a fourni un certain nombre de mots au français. Et ce, à travers les épisodes historiques, parfois guerriers, que les deux peuples ont eu en commun. Mais le francique, langue parlée par les Francs, fournit également un certain apport de vocabulaire à notre langue, lorsque ce peuple germanique envahit la Gaule au Ve siècle. Voici une liste non exhaustive des mots d'origine allemande ou francique.

Les mots français d’origine allemande

Certains termes de philosophie ou de psychanalyse, pourtant d’origine latine, sont arrivés au français en étant traduits de l’allemand. C’est le cas d’abréaction (décharge émotionnelle par laquelle un sujet se libère d’un évènement oublié qui l’avait traumatisé*) qui vient de l’allemand abreaktion. Mais on peut également citer introversion (de l’all. introversion). Le déterminisme vient quant à lui de determinismus, et le physicalisme, de physikalismus.

La guerre a également fourni certains mots comme führer, blockhaus, bunker ou encore panzer, dont l’orthographe en français est inchangée par rapport à l’allemand. On peut également citer le mot putsch.

Parmi les mots du vocabulaire courant, on retrouve la choucroute (sauerkraut), le quartz (quarz), la quille (l’ancien haut allemand kegil), le sabre (sabel), la valse (walzer), la calèche (kallesche) le vampire (vampir, qui vient lui-même du slave), ou encore le zinc (zink). Mais également l’accordéon (akkordion) et le bandonéon (bandoneon, du nom de son inventeur H. Band).

Quelques termes sont repris dans leur orthographe et prononciation d’origine. C’est le cas d’ersatz (produit de remplacement de moindre qualité*) ou encore leitmotiv. Sans oublier le handball, le land, le lied…

Parmi les autres mots français d’origine allemande les plus usités, on peut citer pêle-mêle : arquebuse, aspirine, asticoter, baltique, beffroi, biologie, bivouac, boulevard, bouquetin, cartel, cible, cravate, foudre, hallebarde, hussard, kaput, loustic (lustig=joyeux), morphologie, plancton, rafle, saisir, schuss, trinquer (trinken=boire)…

Les mots français d’origine francique

Un certains nombre de mots de notre langue viennent aussi de la langue des Francs, le francique. Cette langue appartient à un sous-groupe linguistique nommé bas-allemand , appartenant lui-même aux dialectes germaniques. Le néerlandais d’aujourd’hui comprend beaucoup de termes d’origine francique.

En français, on peut tout d’abord citer le mot bleu, qui vient directement de blau, tandis que gris vient de grau. Un certain nombre de verbes sont également concernés, parmi lesquels asséner, effrayer, détacher ou attacher, guetter, trotter.

Le mot beffroi vient du haut-allemand bergfrid, qui signifie littéralement veille, protection (berg) et paix (frid). Le mot fauteuil vient directement du francique faldistôl : en allemand d’aujourd’hui, falten signifie plier et stuhl signifie chaise. Framboise se disait quant à elle brambesa, quand la guerre se disait werra.

Le terme gant (want) avait une symbolique particulière. Les Francs avaient en effet pour coutume de donner une paire de gants en même temps que la remise d’une terre. Enfin, le maréchal vient de marhskalk, qui était un gardien des juments.

Les autres mots français d’origine francique sont bande, émoi, cresson, escrime, galoper, jardin (garten en all.), hêtre, houx, maçon, marais, marque, randonnée, trêve (en all : treue=fidélité).

Il est donc intéressant de constater que notre langue, en plus du latin, a également été influencée par l’allemand. Parmi les autres mots célèbres de cette origine, on peut citer le vasistas, qui viendrait de l’allemand "Was ist das?" (Qu’est-ce que c’est?), question que posaient à travers un guichet les Allemands à leurs visiteurs français qui frappaient à leur porte au XVIIIe siècle. Ce mot a ensuite fait son entrée dans le dictionnaire de l'Académie française, en 1798.

Sources :

* Le petit Larousse illustré , éd.1995

Dictionnaire Harrap's Weis Mattutat Allemand-Français/Français-Allemand , éd.1989

www.wikipedia.fr

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