Le traitement du Dr Zamboni efficace pour traiter la SEP?

Depuis quelques mois, le monde scientifique a les yeux tournés vers le médecin italien qui propose l'angioplastie comme traitement de la sclérose en plaques
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La sclérose en plaques (SEP) est une maladie d'ordre neurologique dont les premiers symptômes apparaissent généralement entre 15 ans et 40 ans. Cette maladie dégénérative se traduit par une perte progressive des capacités motrices et sensorielles et a un impact délétère sur la mémoire.

Une démyélinisation des fibres nerveuses ont été mises en cause par les chercheurs; toutefois il n'existe actuellement pas de cure permettant de guérir les malades ayant une SEP. Par ailleurs, l'évolution de la sclérose en plaques est considérée comme atypique en cela que les malades voient leur état se détériorer de façon soudaine. Ce phénomène, appelé "des poussées", suscite beaucoup d'inquiétude chez les malades ayant constamment une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

La SEP, une maladie encore mal comprise

Plusieurs facteurs semblent entrer en ligne de compte dans l'occurrence de la SEP; toutefois, on en sait encore peu sur cette maladie qui touche des dizaines de milliers de personnes. En France, on a su mettre en cause le vaccin contre le virus de l'hépatite B (VHB), mais toutes les apparitions de la maladie ne peuvent être reliées au vaccin. On croit qu'une réponse inadéquate du système immunitaire pourrait aussi être en cause.

La prévalence de la SEP

Des données factuelles mettent en relief le fait qu'il y a trois plus de femmes que d'hommes atteints. Curieusement, les personnes vivant dans un climat nordique ont un risque accru de développer la maladie. Au Canada, par exemple, la sclérose en plaques est actuellement l'atteinte neurologique la plus courante chez les jeunes adultes. Elle touche entre 55 000 et 75 000 personnes. En France, le nombre de malades est évalué à 40 000.

Un traitement novateur

On constate une grande effervescence d'espoir chez les malades depuis quelques mois. En effet, une hypothèse intéressante de traitement a été soumise par le Dr Paulo Zamboni, un médecin italien. D'après lui, la sclérose en plaques serait de nature veineuse. Il suffirait de pratiquer une angioplastie par ballonnet au niveau des veines du cou pour freiner ou même faire régresser la maladie. La SEP pourrait donc être une conséquence d'une perturbation de la circulation sanguine, le cerveau et la moelle épinière étant mal irrigués. Le fer s'échapperait des globules rouges du sang demeurant trop longtemps dans le cerveau ce qui provoquerait une réaction auto-immune. Cette thèse serait appuyée par le fait qu'on retrouve du fer dans la démyélinisation du système nerveux central.

La technique de l'angioplastie par ballonnet telle que proposée aux malades de sclérose en plaques est en tout point identique à celle qu'on utilise dans le cas d'un infarctus du myocarde. Il s'agit de la mise en place d'une sonde au bout de laquelle se trouve un ballonnet gonflable. Celui-ci une fois installé dans l'artère, dans le cas de l'infarctus, ou dans la veine, chez le malade de SEP, élimine le rétrécissement et rétablit la circulation sanguine.

L'angioplastie chez les patients atteints de sclérose en plaques est actuellement effectuée en Bulgarie, en Inde et en Pologne. Évidemment, cela suppose une dépense non négligeable de la part des patients qui doivent payer non seulement l'opération mais aussi leurs frais de déplacement. À leur retour, un suivi médical s'impose et certains médecins se disent réticents à effectuer celui-ci. Toutefois la majorité des professionnels, tout en n'encourageant pas leurs patients à faire du tourisme médical, suivent les études actuellement en cours concernant la méthode Zamboni.

Des résultats encourageants

Quelques centaines de malades de sclérose en plaques ont déjà subi une angioplastie par ballonnet dans les pays l'offrant actuellement, et certains prennent la parole pour exposer leurs observations. Ils disent se sentir beaucoup moins fatigués, avoir des mouvements plus harmonieux et même constater une récupération de certaines de leurs capacités qu'ils croyaient perdues à jamais. L'enthousiasme est palpable et l'espoir généré immense!

Patsy-Ann est atteinte de la forme progressive primaire de la SEP et aucun médicament n'a encore été trouvé pour freiner la maladie. "Mon angioplastie a eu lieu en septembre dernier et j'ai constaté plusieurs changements. Par exemple, mes pieds ont complètement désenflé. Me retrouver avec les pieds roses et la possibilité de bouger mes orteils est tout simplement fantastique! Ma circulation est maintenant normale et en physiothérapie, je peux faire beaucoup de choses devenues impossibles depuis plusieurs années."

Un grand intérêt de la part des scientifiques

Le Dr Zamboni lui-même invite les malades à attendre les résultats des études actuellement en cours qui confirmeront ou infirmeront sa propre étude ayant porté sur 65 malades. Les études ont lieu principalement aux États-Unis et au Canada. Pour le moment, des résultats préliminaires indiqueraient que près des trois-quarts des personnes souffrant de SEP auraient une insuffisance cérébrospinale veineuse chronique alors que ce ne serait le cas que d'un sujet sain sur quatre.

Le traitement proposé par le Dr Zamboni est intéressant sur bien des points de vue. L'angioplastie par ballonnet est un acte chirurgical peu invasif, l'hospitalisation est courte et les complications, rares. Si l'hypothèse du Dr Zamboni se confirme, les malades pourront y avoir accès dans leur pays puisque les chirurgiens pratiquent déjà l'angioplastie. Qui sait, peut-être a-t-on finalement trouvé une cure pour la sclérose en plaques et son évolution dégénérative sera peut-être bientôt chose du passé!

Pour en savoir plus

Société canadienne de la sclérose en plaques

Hypothèse d'une SEP veineuse

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