Kim Auclair, entrepreneure et passionnée du web

Chevronnée du web et pionnière en gestion de communauté.

L'ère du digital n'a pas uniquement bouleversé l'ordre établi, il a inscrit de nouvelles fonctions dans notre quotidien. Ce nouvel "art" subversif accapare les talents de professionnels du web mais pas seulement. Quelle compagnie aujourd'hui n'a pas essayé de débusquer un gestionnaire de communauté, ou stratège de contenu web? Qui n'a pas encore partagé ses sentiments, idées et autres positions sur les différents parloirs virtuels que sont les médias sociaux? La tendance se démocratise même en zone dictatoriale. Manifestement, la courbe de croissance des communicateurs du web et autres "hubistes" suit aisément la loi de l'offre et de la demande. Mais qu'appelle-t-on un gestionnaire de communauté (community manager)?

Petite terminologie du métier de gestionnaire de communauté

Gestionnaire de communauté par-ci, gestionnaire de communauté par là ou en anglais community man ager, depuis quelques temps, cette requête fait l'objet d'une croissance incroyable dans les stats des moteurs de recherches. On la mange a toutes les sauces. Mais c'est quoi un gestionnaire de communauté ? Vraisemblablement, ce nouveau métier est défini par l'action d'animer et de fédérer pour le compte d'une société, d'une marque ou projets personnels les échanges entre internautes utilisant les services web tels que les réseaux sociaux . Il agit aussi en tant que modérateur afin de préserver les règles de bonne conduite au sein des communautés mais aussi en tant que statisticien. Et oui, il faut bien analyser les états de compte même virtuels. Cette nouvelle fonction tend aussi à gérer désormais la promotion de l'image de multinationales de toute catégorie.

Cela étant dit, pour répondre à cette question, j'ai choisi de m'entretenir avec une jeune louve des médias sociaux: Kim Auclair . Les communautés, elle connaît! C'est son truc! La jeune femme n'en est pas à son premier coup d'essai, elle maîtrise le sujet depuis quelques années déjà et elle fait déjà parler d'elle dans de nombreux médias dont le J ournal Les a ffaires . Précurseur en la matière, elle démarrait en 2005 avec la communauté MacQuébec , plateforme d'utilisateur de Apple au Québec. Polyvalente, depuis 2009 elle préside sa propre compagnie Niviti , et s'implique au sein de l'organisme Mentorat Québec .

C'est une femme entrepreneure (et oui au Québec on féminise) et non la moindre! Sa devise est de créer un pont intergénérationnel.

Comment démarre-t-on dans le web?

Kim Auclair: Il n'y a pas de façon exacte pour démarrer sur le Web. L'avantage pour un jeune entrepreneur c'est qu'il est possible de démarrer à peu de frais. Le site web ou le blogue sont essentiels selon moi. Les médias sociaux sont très utiles également. L'interaction, la création de trafic prend entre 3 à 6 mois avant de pouvoir escompter des retours sur investissements. Il faut d'abord gagner la confiance des gens. Dans mon cas, je me vends rarement. J'aime mieux opter pour une approche plus humaine que marketing. Bien que ce ne soit pas toujours évident, je privilégie la transparence.

Comment est-ce que tu situes Montréal dans la webosphère?

Kim Auclair: Montréal détient une grosse communauté qui ne cesse de s'accroître. Elle détient par exemple la Maison Noteman qui est aujourd'hui une source très importante pour les entrepreneurs Web. En Beauce il existe l'école entrepreneurship de Beauce qui possède un programme extraordinaire. À Québec il n'existe pas encore de lieu officiel pour réunir les entrepreneurs mais ça ne devrait pas tarder.

Et les finances dans tout cela?

Kim Auclair: Ma philosophie est de créer de la richesse avant tout.

Comment décrirais-tu le BABA de ton métier?

Kim Auclair: Premièrement, être passionné! Deuxièmement, traiter tous les sujets sous toutes les coutures. Étant donné qu'une partie de mes clients sont une clientèle d'affaires, cela facilite les choses. Je pense qu'un bon gestionnaire doit aimer retranscrire, les intéractions, doit connaître les usages des médias sociaux. Une attention toute particulière au français est aussi très importante. Aujourd'hui le bilinguisme aussi apporte une note majeure dans le métier.

Quelle est ta stratégie?

Je traite chaque cas différemment. Par exemple, j'inclus une phase durant quelques mois avec certains clients pour qu'ils prennent le goût «au web social» et qu'ils puissent intégrer de nouvelles habitudes au quotidien. Cette phase inclut la formation, la consultation, la création de leur présence web ou l'optimisation de celle-ci. J'analyse entre autre leurs habitudes réelles avec les technologies et je trouve des outils qui leur conviennent. Je fais également de la veille pour eux en repérant des articles et/ou discussions où ils pourraient intervenir. Il m'arrive aussi de leur proposer d'échanger avec certaines personnes en fonction des objectifs prédéfinis et de la clientèle cible afin qu'ils puissent atteindre leurs objectifs. Je les informes aussi du délais de retours sur investissements.

Suite à ton article "Naît-on entrepreneur ou devient-on entrepreneur", je te repose la question?

Kim Auclair: Je crois que l'on peut naître avec certaines aptitudes entrepreneuriales. Pour illustrer ma pensée, j’aime faire le lien avec ces artistes et sportifs qui vivent de leurs passions. À mon avis, ils ont plus de chances de percer lorsqu’ils ont eu l’occasion de développer leurs aptitudes très jeunes entre autre avec l’aide d’un mentor ou d’un coach.

Comment perçois-tu ton avenir dans les médias sociaux?

Kim Auclair: Avec l'équipe de Niviti , je désire créer de nouveaux projets sur le web. Les médias sociaux, tout comme les communautés web, seront toujours des outils qui me permettront de faire connaître ces projets. Je me définis avant tout comme une entrepreneure et les médias sociaux sont des outils de travail pour moi. D'ici 5 ans, je désire avoir créé des communautés Web qui auront permis aux clients de Niviti d'innover au sein de leur entreprise.

À titre de femme, est-ce la question de sexe se pose? Est-il plus difficile d'être une femme entrepreneure web? Pourquoi les hommes sont-ils plus nombreux?

Kim Auclair: C'est une bonne question. Je ne me sens toutefois pas à l'aise d'y répondre. Chose certaine, il existe plusieurs femmes d'affaires au Québec mais elles ne sont pas publiques ou mises au premier plan. On manque de modèles.

www.kimauclair.ca/blog ou sur Twitter !

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