6 nouveaux DVD chez Vintage Classics

Pour sa livraison printemps-été 2012, Wild Side Video nous propose 6 nouvelles perles oubliées, il s'agit de 6 comédies musicales ou films musicaux...
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Swing Romance

de Henry C. Potter

Le nom de Fred Astaire sera à jamais lié à l’univers de la comédie musicale et ce film le confirme une nouvelle fois même si les scènes de danse ne sont pas aussi nombreuses que cela. Un des intérêts de ce film est que de nombreux numéros musicaux sont intégrés dans le quotidien des situations et pas uniquement quand les musiciens jouent sur scène. Car les deux personnages principaux sont trompettistes.

Danny O’Daniel (Fred Astaire) et Hank Taylor (Burgess Meredith) sont ce qu’on pourrait dire des "étudiants professionnels". Cela fait sept ans qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas obtenir leur diplôme de fin d’études universitaires. Ce qui les intéresse uniquement c’est faire de la musique au sein de l’orchestre de l’université et multiplier les concerts sur lesquels ils se rémunèrent.

À l’occasion d’un concert, ils vont rencontrer Ellen Miller (interprétée par la ravissante Paulette Goddard*) dont ils tomberont amoureux. Mais celle-ci travaille pour une agence de recouvrement de créances et il s’avère que Danny doit 110$ pour une encyclopédie achetée sept ans auparavant. Ils finiront par l’embaucher en tant qu’impresario. Grâce à son charme et à son culot, elle réussira à trouver de nombreuses soirées à animer pour l’orchestre. C’est ainsi qu’elle attire l’attention d’Artie Shaw (interprété par lui-même**) leader d’un orchestre professionnel. Voyant qu’elle réussit à trouver des contrats pour cet orchestre universitaire, il la débauchera pour s’occuper de sa carrière. Mais Danny et Hank restent toujours amoureux d’elle qui plus est?: ils sont prêts à tout pour jouer dans l’orchestre d’Artie Shaw...

Une véritable découverte. Un film, de 1940, mené tambour battant, sans temps mort, par Henry C. Potter qui est plus connu pour le film qu’il tourna juste après celui-ci?: l’extraordinaire et totalement délirant Helzapoppin’ . À noter qu’il avait déjà dirigé Fred Astaire dans La Grande Farandole , en 1939.

Les amateurs de comédie musicale seront ravis.

Film ♥♥♥♥

*Elle était encore à l’époque Madame Charlie Chaplin et tenait bien son rang au box-office. Le hasard veut qu’elle joue ici avec Burgess Meredith qu’elle épousera en mai 1944.

** Artie Shaw est un clarinettiste, compositeur et chef d’orchestre de jazz fort connu à l’époque. Il défraya également la chronique en épousant successivement les actrices Lana Turner et Ava Gardner.

Le Professeur

de Edward Sedgwick

Quel plaisir de retrouver Buster Keaton dans ce film de 1932 qu’il a produit pour la MGM avec qui il était sous contrat. Pour ce film parlant, il a engagé un de ses plus fidèles collaborateurs, Edward Sedgwick. Ce dernier travailla au moins une dizaine de fois avec lui, il co-réalisa notamment Le Caméraman .

Buster Keaton incarne ici Timoleon Zanders Post, un universitaire, professeur de Grec, passionné de théâtre antique. C’est un être solitaire, lunaire, vivant comme le dit l’expression «à côté de ses pompes», à qui on va faire croire qu’il a hérité de 750?000$. Ni une, ni deux, il fait ses bagages et décide de partir à New York. Sur sa route, il rencontrera une troupe de théâtre de seconde zone que dirige Jimmy Dodge (interprété par Jimmy Durante). Ce dernier apprenant que Timoleon disposerait de 750?000$ a tôt fait de penser que celui-ci pourrait subvenir aux besoins de la troupe et pourquoi pas produire leur nouveau spectacle?? Il fait croire à Timoleon qu’il s’agit de l’adaptation d’une tragédie grecque... Il profite surtout des sentiments que Timoleon ressent pour l’une de ses comédiennes, Pansy Peets (incarnée par Hedda Hopper). Le problème est que Timoleon n’a pas hérité de 750?000$...

Ce film ne manque pas de charme. On retrouve comme toujours l’allure dégingandée, la maladresse de Buster Keaton et son goût pour l’absurde, le délire. Certaines séquences sont d’anthologie comme la scène d’ivresse entre Timoleon et Eleanor Espere (jouée par la blonde explosive Thelma Todd qui connut un destin troublant*). Dans son livre de souvenirs, Slapstick , Buster Keaton écrira que c’est son film préféré de la période.

À découvrir.

Film ♥♥♥1/2

* Après avoir joué avec les Marx Brothers ou encore Laurel et Hardy, Thelma Todd sera au centre d’un des plus célèbres faits divers de Hollywood. On la retrouvera morte, le 15 décembre 1935, dans sa voiture garée dans un garage, empoisonnée au monoxyde de carbone. Suicide?? Accident?? Meurtre?? On évoquera même le célèbre maffioso Lucky Luciano comme coupable.

La Pluie qui Chante

de Richard Whorf

Ce film, en couleurs, de 1946 est une importante production d’Arthur Freed, qui dirigeait alors le département "Comédie musicale" de la MGM. Il l’a conçu en 1940, désirant rendre hommage à la vie et à l’œuvre d’un des plus talentueux auteur-compositeur américain?: Jerome Kern.

Ce film ne fut pas une mince affaire à monter. Il fallut tout d’abord deux années à pour acquérir les droits musicaux. Le scénario fut écrit en 1943 mais le tournage ne démarra qu’en septembre 1945. Ce film devait être réalisé au départ par ce grand spécialiste de la comédie musicale qu’était Busby Berkeley, puis par Henry Koster avant qu’il n’échoît à Richard Whorf, un homme qui venait de la scène, de Broadway. Ce dernier fut néanmoins plus qu’aidé par de grandes signatures d’Hollywood*. Le 5 novembre, coup de théâtre?: Jerome Kern est victime d’une crise cardiaque. Il meurt le 11 novembre. Il faudra réécrire une partie de l’histoire et le tournage ne reprendra que le 22 janvier 1946?!

Tout commence le 27 décembre 1927, à New York. Jerome Kern (incarné ici par Robert Walker) vient de connaître le triomphe, à Broadway, avec la Première de sa comédie musicale?: Show Boat . C’est l’occasion pour lui de revenir sur les débuts de sa carrière. Quand à Broadway, on ne produisait que des comédies musicales anglaises et qu’on ne voulait pas entendre parler d’auteur américain. Jerome Kern décida alors de partir en Angleterre, histoire de se plonger dans l’atmosphère britannique. Il y retrouva aussi son ami Jim Hessler (interprété par Van Heflin) qui avait signé les arrangements de ses chansons.

Revenu aux USA, le talent et le travail acharné de Jerome Kern seront peu à peu récompensés par le succès. Les commandes de chansons se multiplieront. Ses comédies musicales seront de plus en plus jouées. Ce biopic est à découvrir car il ne manque pas de qualité malgré l’inégalité des scènes musicales. La multiplication des signatures y est pour beaucoup mais pour notre plus grand plaisir.

À signaler pour les amateurs de Frank Sinatra que celui-ci ne chante Ol’ Man River que vers la fin.

Film ♥♥♥1/2

* C’est George Sidney qui signa la mise en scène de la spectaculaire scène finale. Robert Alton dirigea les numéros musicaux. Vincente Minnelli réalisa quatre numéros musicaux ainsi que les scènes dramatiques dans lesquelles apparaît Judy Garland, son épouse de l’époque. Cette dernière qui était enceinte de sa future fille, Liza Minnelli, obligea à accélérer le tournage des scènes dans lesquelles elle jouait de façon à ce que ses rondeurs n’apparaissent pas à l’écran...

L’Or du Ciel

de George Marshall

Jimmy Haskell est contraint de fermer son magasin de musique. Les affaires ne sont plus ce qu’elles étaient et puis son oncle Charlie lui a demandé de le rejoindre, le jour même où on l’a sommé de régler les dettes qu’il a accumulées. D’une part c’est lui qui héritera de sa fortune et d’autre part, son oncle veut qu’il s’investisse dans l’avenir de l’entreprise agro-alimentaire qu’il dirige. « Tu as le choix?: croire aux arcs-en-ciel ou me suivre. La marmite d’or que je te propose n’est pas un mythe » dira-t-il à son neveu.

Arrivé à New York, Jimmy tombe en pleine histoire de voisinage. Son oncle Charlie, qui a la musique en horreur, ne supporte plus que sur la terrasse de l’immeuble d’en face, un orchestre répète tous les jours. Qui plus est, il voudrait bien acquérir cet immeuble pour agrandir son affaire. Or cet immeuble appartient à la famille McCorckle et Jimmy va tomber amoureux de Molly McCorckle.

Quand vous saurez que Jimmy est interprété par James Stewart et Molly par Paulette Goddard, vous comprendrez que ce film, de 1941, ne manque pas d’humour. James Stewart l’a tourné alors qu’ Indiscrétions , de George Cukor, n’est pas encore sorti. Cet excellent film aura un grand succès et offrira à James Stewart l’Oscar du Meilleur Acteur. Quant à la délicieuse Paulette Goddard, elle a tourné ce film juste après Swing Romance (paru dans la même Collection et chroniqué par ailleurs ici)

Sans être une réussite absolue, ce film reste néanmoins franchement sympathique et mérite d’être découvert. Une séquence mérite d’être signalée celle de l’orchestre jouant dans un country-club, pour une émission publique à la radio, et qui va devenir une scène entièrement tournée en studio dans des décors n’ayant rien à voir avec ceux d’un country-club et avec une chorégraphie digne de ce nom.

Film ♥♥♥

The Fabulous Dorseys

de Alfred E. Green

Le film débute en 1916, à Shenandoah, en Pennsylvanie, où vit la famille Dorsey, d’origine irlandaise. Il y a tout d’abord la figure tutélaire, Tom, le père, il est mineur le jour et professeur de musique à ses moments perdus. Il y a ensuite Tommy et Jimmy, les deux frères musiciens. Tommy joue du trombone, Jimmy du saxophone. Et il y a Janie, la petite sœur.

Désireux que ses fils ne connaissent pas la même vie pénible que lui, Tom les contraint à apprendre la musique. Il les oblige à jouer dans son orchestre de danse mais peu à peu, les deux garçons, en grandissant, s’intéressent davantage au jazz. Devenus adultes, ils vont quitter le foyer familial et partir sur les routes, jouer leur musique ici et là. Ils intègreront l’orchestre de ce grand jazzman que fut Paul Whiteman avant de créer le Dorseys Brothers Orchestra, avec leur sœur Janie au chant. À peine connaîtront-ils le succès que c’est le clash entre les deux frères. N’oublions pas que les irlandais ont le sang chaud et sont aussi têtus que des...

Ce qu’il y a d’étrange dans ce film est que les frères Dorsey sont interprétés par les vrais Tommy et Jimmy Dorsey. Ils se retrouvent ici pour la première fois alors qu’ils se sont séparés en 1935, créant chacun son orchestre. Depuis ils n’ont cessé d’avoir du succès, de rivaliser au box-office mais toujours en évitant soigneusement de se rencontrer y compris à l’occasion de réunions familiales. Sachez que ce film date de 1947 et que les frères Dorsey ne se rabibochèrent vraiment en 1953, en fusionnant leurs deux orchestres.

Un film pour les amateurs de jazz à qui on signalera une séquence avec le très grand pianiste que fut Art Tatum.

Film ♥♥♥

Private Buckaroo

de Edward F. Cline

Ce film de 1942, produit par Universal, s’inscrit dans la volonté des studios d’Hollywood de participer à l’effort de guerre. Ce film de propagande, comme il y en eut bien d’autres, a pour but d’inciter les jeunes à s’engager dans les rangs de l’armée américaine.

Si la réalisation de ce film a été confiée à Edward F. Cline, bien qu’il ait débuté avec Mack Sennett, mis en scène Buster Keaton ou encore W.C. Fields, on ne peut pas vraiment dire que ce soit une réussite. Il n’y a pas de véritable scénario. Nous n’avons droit qu’à une suite de numéros musicaux et de sketches plus ou moins réussies, qui se passent soit dans un restaurant soit dans un camp militaire d’opérette.

Seuls les amateurs de variété américaine des années 40 en auront pour leur argent. Le trio vocal des Andrews Sisters est ici à l’honneur ainsi que le trompettiste Harry James et son orchestre The Music Makers . On y découvre également Dick Foran, le très étonnant "Cow-boy chantant" et on retrouve Shemp Howard qui intègrera peu après les Three Stooges .

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