6 perles oubliées du cinéma américain de Vintage Classics

6 nouvelles "perles oubliées" du cinéma américain à petit prix (9,99€). Il y a 3 polars, 2 films fantastiques et 1 film musical.
8

Wild Side nous propose :

Il Marchait la Nuit

de Alfred L. Werker et Anthony Mann

Ce film reçut le premier Prix du Film policier au Festival de Locarno en 1949. Le scénario reprend l’histoire réelle d’un cambrioleur, Roy Morgan, tout aussi mythomane que psychopathe, aussi scientifique que solitaire et parano. Il est interprété ici par Richard Basehart qui joua le rôle du fou ( Il mato ) dans La Strada de Federico Fellini, en 1954.

Alors qu’il rôde dans la nuit, l’attitude de Roy Morgan soulève un doute chez Rowlins, un policier, qui rentre en voiture chez lui. Celui-ci s’arrête et l’interpelle, Morgan alors s’enfuit en voiture. Rowlins le poursuit. Morgan lui tire dessus. Dans un dernier élan, blessé, Rowlins jette sa voiture contre celle de Morgan. « Il avait une bonne tête pourtant » dira-t-il juste avant de succomber à ses blessures.

Les sergents Jones et Brennan, responsables de l’enquête, n’auront de cesse de découvrir qui a assassiné leur collègue. C’est à partir de ce moment que ce film devient intéressant car il est prémonitoire de ce que seront les séries policières américaines actuelles. On y retrouve tous les codes de ces épisodes qui feront de l’audience : veuvage, solidarité entre flics, traque policière et expertise scientifique. Il y a, par ailleurs, un côté très documentaire lié au film. Des images et une voix off nous dévoilent les coulisses de la LAPD (Los Angeles Police Department). Le sergent Marty Wynn du LAPD fut le conseiller technique du film.

Ce qui fait aussi la modernité de ce film est son besoin d’être précis dans les lieux où se déroule l’action. Avec Google Earth et Google Street View, on peut voir ce à quoi ces endroits ressemblent aujourd’hui. Rowlins est mort à hauteur du 5057 State Street. On apprend plus tard que Morgan habite dans un lotissement délimité par Fuller avenue, Santa Monica Boulevard et Poinsettia. Avant la scène finale, réalisée par Anthony Mann, les policiers se donnent rendez-vous à l’angle de Venice Boulevard et de Garfield Avenue, non loin du centre du circuit d’évacuation des eaux de Los Angeles. C’est la première fois qu’un film fut tourné dans ce lieu devenu mythique pour avoir été le lieu de séquences vues dans Terminator 2 , Police Fédérale Los Angeles ou encore Grease .

Les amateurs de polars apprécieront.

Film ♥♥♥

Le Quatrième Homme

de Phil Karlson

Les amateurs de films noirs apprécieront ce film, de 1952, inspiré d’un fait réel et réalisé par un metteur en scène, Phil Karlson (1908-1985) respecté alors pour ses westerns et polars au ton très sec comme Le Tueur de Chicago ou L’Inexorable Enquête .

Nous sommes à Kansas City. Il sait qui ils sont, c’est pourquoi il les engage. Ils ne savent pas qui il est mais acceptent sans savoir qui sont les autres. La somme à se partager est plus que significative. Le coup est bien préparé, bien monté. Ils sont tous masqués lorsqu’ils se rencontrent et opèrent pour braquer un camion blindé, transporteur de fonds, devant une banque de la ville.

Pour ce faire, ils ont maquillé une camionnette de façon à ce qu’on la confonde avec celle du livreur du fleuriste voisin. Ils ont surtout veillé à ce que l’opération ait lieu à quelques minutes de l’heure habituelle de livraison des fleurs... Après le braquage, tous les témoignages convergent, les voleurs sont bien partis dans une camionnette de livraison. Ni une ni deux, les policiers arrêtent Joe Rolfe, le livreur. Il est soupçonné d’avoir monté le braquage et comme il a un casier judiciaire déjà rempli... Cela suffit à faire de lui le coupable idéal. Finalement relâché car innocent, Joe Rolfe s’ingénie à retrouver les malfrats. Il endossera l’identité d’un des leurs et retrouvera la bande qui est partie se "faire oublier" au Mexique.

Ce film fait partie de ceux qui auraient inspiré Quentin Tarantino pour écrire Reservoir Dogs (1992). Il est filmé sans temps mort et a le mérite de réunir trois des "seconds couteaux" de l’époque, au physique inquiétant : Neville Brand, Jack Elam et Lee Van Cleef. Dans le rôle de Joe, on trouve John Payne. On le connaît en France pour ses rôles dans des westerns ou des polars alors qu’outre-Atlantique il est connu pour ceux qu’il a tenus dans des comédies.

Les amateurs du genre en auront pour leur argent.

Film ♥♥♥

Je suis une Légende

de Sidney Salkow et Ubaldo Ragona

Ce film est tiré du roman éponyme de Richard Matheson, qui fut édité en 1954. Il s’agit ici du premier film tiré de ce qui est devenu un classique de la littérature fantastique ou de science-fiction. Son titre original The Last Man on Earth (Le dernier homme sur terre) en dit long... C’est Richard Matheson lui-même, sous le pseudonyme de Logan Swanson, adapta son œuvre pour le cinéma.

Alors que cette histoire se veut américaine, le film fut entièrement tourné en Italie, dans la banlieue de Rome. Cela explique la présence d’Ubaldo Ragona au générique. Pour diverses raisons, en 1964, les cinéastes anglo-saxons devaient être "accompagné" d’un cinéaste local...

Nous sommes en septembre 1968, tous les jours, à six heures du matin, quand le jour se lève, le docteur Robert Morgan se réveille. Depuis décembre 1965, il est le seul survivant d’une pandémie qui a transformé tous les habitants de sa ville, et du reste du monde, semble-t-il, en vampires. Tous les jours, il essaie tant que faire se peut d’éliminer le plus de vampires qui se terrent un peu partout dans la ville. A la nuit tombée, il est donc obliger de se barricader chez lui car les vampires vivent la nuit et cherchent à l’éliminer...

Ce classique fut repris à deux autres reprises au cinéma. Tout d’abord, en 1971, dans Le Survivant , de Boris Sagal, avec Charlton Heston, dans le rôle titre et plus récemment en 2007, avec le très riche en effets visuels Je Suis une Légende , de Francis Lawrence, avec Will Smith.

La présence ici de cet immense acteur qu’était Vincent Price (1911-1993), grand spécialiste du genre fantastique, est pour beaucoup dans le charme de ce film un rien démodé et surtout décalé du fait de son environnement visuel. La banlieue de Rome n’a rien à voir avec celle de n’importe quelle ville américaine.

Cela étant, je me pose une question : alors que le personnage du roman s’appelle Robert Neville, comme Charlton Heston ou Will Smith dans leur film respectif, pourquoi s’appelle-t-il ici Robert Morgan ? Une lubie du scénariste ou de l’écrivain ?

Film ♥♥

Borderline

de William Seiter

Ce polar a le charme désuet des années 50. Sensé se passer pour une grande partie au Mexique, il a été entièrement tourné à Los Angeles. Il a été réalisé par William Seiter (1890-1964) plus connu pour ses comédies que pour ses films policiers. A son palmarès, il a fait tourné Laurel et Hardy, les Marx Brothers ( Panique à l’Hôtel , en 1938, est de lui), W.C. Fields (ce grand comique injustement oublié), Abbott et Costello mais aussi, dans un tout autre registre, Shirley Temple. Il réalisa au total 147 films tant pour le cinéma que pour la télévision.

L’intérêt de ce film ne réside pas dans son scénario, somme toute assez banal. Une policière, Madeleine Haley, se fait passer pour une danseuse de cabaret pour infiltrer le gang de Pete Ritchie, un trafiquant de drogue. Il utilise les services de vrais/faux touristes pour passer de la drogue sur le territoire américain. Quand un homme de main de Ritchie tente d’abuser d’elle, Madeleine est tirée d’embarras par Johnny Macklin. Celui-ci travaille pour un concurrent de Ritchie. Mais qui est vraiment cet homme qui tombe amoureux d’elle alors qu’il roule vers la frontière, transportant de la drogue dans leur voiture ?

Ce polar inattendu dans la carrière de William Seiter est surtout marqué par son casting. C’est Claire Trevor qui joue le rôle de Madeleine. Vous l’avez vue dans La Chevauchée Fantastique de John Ford (1939). C’est elle qui interprétait le rôle de Dallas, la prostituée, aux côtés de John Wayne. Vous l’avez vue aussi dans Adieu ma Jolie (1944) d’Edward Dmytryk et dans Key Largo (1948) de John Huston. Johnny Macklin est incarné quant à lui par Fred MacMurray. Il a quasiment bâti toute sa carrière en jouant dans des comédies mais on se souvient surtout de lui dans Assurance sur la Mort de Billy Wilder, en 1944. On retrouve également ici Raymond Burr qui interprète le rôle de Pete Ritchie. On le vit en 1954, dans Fenêtre sur Cour d’Alfrend Hitchcock, dans le rôle du détestable Lars Thorwald. Mais il est surtout connu pour avoir jouer dans les séries télévisées L’Homme de Fer et Perry Mason .

Un petit polar agréable et sans prétention à voir avec ou sans Tequila.

Film ♥♥

Dementia 13

de Francis Ford Coppola

Ce film fantastique, de 1963, est une curiosité car il est le premier long-métrage assumé par Francis Coppola qui collaborait, à l’époque, avec Roger Corman. Ce dernier, réalisateur et producteur, a été un fantastique dénicheur de talents. Outre F. Coppola, c’est Martin Scorsese, Ron Howard, Joe Dante, Peter Bogdanovich ou encore Jonathan Demme, à qui il a mis le pied à l’étrier. Excusez du peu.

Roger Corman venait de finir le tournage de Young Racers , en Irlande et comme à son habitude, il envisageait de tourner un autre film avec la même équipe. Désireux de réaliser enfin un "vrai" film, F. Coppola réagit très vite. Il imagine aussitôt une situation. « J’ai vendu le film à Roger à partir d’une seule scène. C’est la nuit. Une femme sort d’un château, portant un sac. Elle s’arrête et en sort cinq poupées. Elle noue à l’aide ficelles les cous des poupées et les attache à un poids. Puis la femme se déshabille et plonge dans un lac. Les poupées commencent à remonter et flotter à la surface de l’eau. La femme se met à tourner et retrouve le corps en parfait état d’une fillette de sept ans dont les cheveux épars ondoient autour d’elle. La femme sort précipitamment de l’eau en criant, avant d’être tuée à coups de hache » expliqua-t-il plus tard. « Roger m’a dit : tu fais le film ! Alors que je n’avais pas la moindre idée de ce que faisait cette femme... » ajouta-t-il.

Le scénario fut écrit en trois jours et cela se ressent car il y a quelques éléments confus. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais on pressent déjà une certaine maîtrise de Coppola dans le choix des cadrages qui créent une atmosphère lourde et inquiétante.

Un film pour les curieux.

Film

Rock Rock Rock !

de Will Price

À moins d’être un fan compulsif du rock américain des années 50 ou anthropologue, ce film ne présente absolument aucun intérêt sur le plan cinématographique. Le scénario est aussi mince qu’une feuille de papier à cigarette et ne sert que de liant entre les séquences chantées. Quant au filmage n’en parlons pas. Il est représentatif de ce qu’était la télévision de l’époque : totalement figée.

On y voit Chuck Berry à ses débuts mais également une pléiade de chanteurs et de groupes que l’histoire du rock’n roll a totalement oubliée comme Johnny Burnette, The Flamingos, Frankie Lymon and the Teenagers, The Moonflows, Jimmy Cavallo and his House Rockers ou encore Cirino and the Bowties.

Sur le même sujet