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GÉRARD VICTOR

Publié dans : Les articles Culture de Gérard Victor

A Moi Seule de Frédéric Videau en DVD

Un film d'une grande sobriété sur les relations prisonnier/geôlier et le retour à la vie "normale"...

Bien qu’un carton introductif* nous prévienne que nous sommes bien dans une œuvre de fiction, au visionnage de ce film on ne peut que penser à l’affaire Natascha Kampusch (voir ici). Ce fait divers a été la matière première du scénario qui ne raconte absolument pas la réalité de cette sordide histoire.

Après avoir vu la première interview que N. Kampusch donna à la télévision autrichienne, trois ou quatre semaines après sa libération, Frédéric Videau a l’idée de ce film. « Ce qui me frappe, c’est l’espèce de clarté et de force de vie qui se dégage de cette jeune femme souriante alors qu’elle sort de huit ans de séquestration. D’où ça vient, qui est-elle, qu’est-ce qui l’anime ? Comment peut-elle être à ce point vivante après ce qu’elle a subi ? Elle n’a pas un mot de colère, de haine... »

Il va nous raconter, mêlant présent et passé, l’histoire de Gaëlle en se débarrassant d’entrée de jeu du fait divers. Le sujet n’est pas : va-t-elle réussir à échapper à son geôlier ? Le film s’ouvre donc sur sa fuite après les huit années qu’elle a passées séquestrée par Vincent, un ouvrier du bâtiment. Huit années pendant lesquelles un rapport ambigu s’est établi entre eux deux. Vincent a mis, dès le début, les choses au clair en lui déclarant : « Je ne te tuerai pas, je ne te violerai pas, tu ne seras pas un objet pour moi. » Mais on ne saura jamais pourquoi il a eu l’idée de séquestrer cette jeune fille qu’il promène de temps à autres en voiture, la nuit.

Mais Gaëlle n’est pas plus heureuse libre que sous le joug de Vincent. Elle ne supporte pas l’idée de vivre avec l’un ou l’autre de ses parents aujourd’hui séparés. Elle ne sait pas vivre comment. L’auteur du film nous dit : « Elle admet que sa liberté, non seulement elle ne sait pas quoi en faire, mais elle ne l’intéresse pas ; Gaëlle devra accepter cette liberté nouvellement acquise, accepter surtout d’en faire quelque chose, de la vivre, à ses conditions à elle.»

Ne prenant jamais parti, restant à distance, Frédéric Videau réussit un film sans effets inutiles, sans aucun pathos, grâce à deux comédiens qui savent habiter ces personnages au destin hors du commun : Agathe Bonitzer, dans le rôle de Gaëlle, et Reda Kateb, dans celui de Vincent. Ce film pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses sans créer de tensions inutiles et c’est là la force du cinéaste.

Un seul bémol : le manque de véritables Bonus...

Film (91’) – Bonus :Documentaire de Julie Bonan sur l’enregistrement de la musique originale du film composée par Florent Marchet (26’) - Pyramide Video

* "Ce film, fruit de l’imagination de son auteur, ne cherche ni ne prétend retracer, restituer, ou interpréter de quelque manière que ce soit, la vie, les actes ou les pensées de personnes existantes ou ayant existé."

Film ♥♥♥1/2

Bonus ♥1/2

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