Cell 211 de Daniel Monzón, en DVD et Blu-Ray

Le renouveau du cinéma fantastique passe depuis plusieurs années par la case Espagne
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Les sociologues, sinon les anthropologues, du futur analyseront sans doute la propension du cinéma ibérique à flirter avec le genre fantastique sinon celui de l’horreur, en raison de la très grave crise économique que traverse ce pays.

Rappelez-vous de L’Orphelinat (de Juan Antonio Bayona, en 2007), de [Rec] (de Placo Plaza et Jaume Balaqueró, en 2008) ou encore de Buried (de Rodrigo Cortés, en 2010 et chroniqué ici ). Sans oublier certains films de Alex de la Iglesia. Si le cinéma espagnol a souvent flirté avec le genre dans les années 60/70, dans les "années Franco", c’était aussi pour "évacuer" un trop plein d’angoisse lié au climat politique, comme dirait le psy de base, que je ne suis pas. Souvenez-vous aussi de cet admirable film de Victor Erice**: L’Esprit de la Ruche , en 1973.

Nous sommes ici dans un genre approchant, totalement paranoïde. Où comment le destin d’un futur gardien de prison va basculer dans l’horreur, la révolte et la rédemption... Ce film a connu le succès public, avec plus de 2 millions de spectateurs en Espagne et la consécration avec 8 Goya* (l’équivalent des César français).

Enfermé par erreur

À peine est-il arrivé dans la prison qu’il est venu simplement visiter, avant sa véritable prise de fonction le lendemain, Juan Oliver se retrouve enfermé, par erreur. Il se retrouve dans la cellule 211, alors que les détenus se révoltent contre leur condition d’incarcération. Juan (interprété par Alberto Ammann – Meilleur Espoir Masculin aux Goya 2010) est contraint de se faire passer pour un prisonnier. Se sentant investi d’une mission, que personne ne lui a confiée, il va néanmoins pouvoir approcher le leader de l’insurrection?: Malamadre (incarné par le très étonnant Luis Tosar – Meilleur Acteur aux Goya 2010).

La partie ne sera pas facile pour Juan. Il devra se faire passer pour un détenu, ce qu’il n’est pas, gérer les excès des émeutiers, tous issus des quartiers de haute sécurité, en isolement pour la plupart. Qui plus est, ils ont pris en otages des militants de l’ETA, qui ne faisaient que transiter via cette prison, pour aller être incarcérés dans une autre. Ces indépendantistes ne sont pas en odeur de sainteté au sein de la communauté carcérale. Malamadre leur dira : « À côté, on est tous des amateurs. Mais vous, c’est toujours de loin. Une bombe et vous filez... Vous avez une guerre, nous aussi. »

Un film qui vous prend et vous tiens du début à la fin. Il vous fait admettre que parfois les emprisonnés ont raison de se révolter contre leurs conditions de détention quoiqu’ils aient fait. Un film sur la dérive d’un pouvoir politique incapable de gérer une situation de crise et ne fait que l’envenimer, faisant confiance à une administration totalement défaillante. Un film sur le couple que Juan forme avec Elena (que joue Marta Etura – Meilleur Espoir Féminin aux Goya 2010) que le destin va faire basculer.

Un remarquable film totalement maîtrisé. À voir sans aucun doute.

Film + Bonus – Making-of – Story board et dessins – Blu-Ray – TF1 Vidéo

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥

* Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario, Meilleur Acteur, Meilleur Espoir Masculin, Meilleur Espoir Féminin, Meilleur Montage, Meilleur Son, excusez du peu.

** dont j’avais tant apprécié Le Songe de la Lumière , en son temps.

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