Deep End enfin en DVD et Blu-Ray

Jerzy Skolimowski, ce cinéaste polonais, alors exilé à Londres, a bâti ce film, de 1970, à partir d'une histoire vraie

Une personne qui avait perdu un diamant dans la neige, avait du la faire fondre pour le récupérer. En quelques jours, il écrivit ce qui devint le scénario de ce film qui malgré son âge n’a pas pris une seule ride.

Mike, un adolescent de 15 ans, vient d’être embauché dans un établissement qui réunit en son sein une piscine et des bains publics, à Newford, dans l’East End londonien. Dès le premier jour, il tombe sous le charme de Susan, sa collègue, une jolie rousse de 23 ans. Elle fait plus que l’attirer, elle le hante littéralement. Mais Susan est une femme dominante. Bien que fiancée officiellement, elle a au moins un amant et s’amuse à se jouer des hommes.

Un film sur l’éducation sentimentale sinon amoureuse d’un jeune anglais dans le Swinging London du début de la fin des années 60/début 70 dont l’ambiance est très marquée par l’univers musical de Cat Stevens et du groupe de rock expérimental : Can. Un film très graphique, très coloré car n’oublions pas que Jerzy Skolimowski est également artiste peintre. Il est également « imprévisible », ce qui lui confère cette fraîcheur, cette contemporanéité, comme le dit un des intervenants dans les Bonus car on ne sait jamais ce qui va se passer.

Du cocasse et de la poésie

Bien que l’essentiel des scènes fût tourné à Münich, en Allemagne, tout, dans ce film, transpire d’une ambiance britannique malgré le sens du comique et de l’absurde de son auteur qui avait déjà, à son actif, quatre films tournés en Pologne. Il y a du cocasse mais aussi de la poésie dans cette histoire initiatique qui prend sa véritable dimension dans son final d’une très grande beauté plastique.

Saluons également les deux comédiens de ce film. Jane Asher, dans le rôle de Susan, qui vint ici casser l’image qu’avait fait d’elle les médias. Elle était à l’époque, en pleine Beatlemania , la petite amie de Paul McCartney. John Moulder-Brown a, quant à lui, su à merveille incarner ce Mike qui a encore tout à apprendre de la vie. Il convient aussi de saluer le travail du directeur de la photographie d’origine autrichienne Charly Steinberger. Il a quasiment tourné tout le film caméra à la main avec une fluidité exemplaire, 20 ans avant l’invention du Steadycam.

Un film à part, à découvrir absolument car il est emblématique d’un certain cinéma indépendant. Á signaler également la richesse des bonus qui reviennent sur les moindres détails du tournage, à une époque où on ne filmait pas de making of.

Film (1h28) + Bonus – (75’) par Robert Fischer – (12’) – (4’) par Etienne Daho – Uniquement sur le Blu-Ray : (10’), un court-métrage de Francine Winham avec Jane Asher – Blu-Ray - Carlotta

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥♥

Sur le même sujet