Elena de Andreï Zviaguintsev en DVD et Blu-ray

Elena et Vladimir ont tous les deux un âge avancé. Cela fait dix ans qu'ils vivent ensemble mais deux ans qu'ils sont mariés
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Ils habitent Moscou, dans le confort d’un grand appartement d’une coquette résidence. Ils se sont connus à l’hôpital. Vladimir était le patient, Elena l’infirmière. Vladimir est un homme riche et froid, Elena une femme modeste, tendre et attentionnée. Ils ont chacun un enfant d’un précédent mariage.

Sergueï, le fils d’Elena, est au chômage depuis on ne sait combien de temps. Il ne parvient pas à subvenir aux besoins de sa famille, une femme et deux enfants. Il demande sans cesse de l’argent à sa mère qui lui reverse dès qu’elle la perçoit quasiment la totalité de sa pension de retraite. Katerina, la fille de Vladimir, est d’un tout autre genre. Elle ne rend visite que très exceptionnellement à son père et ne lui téléphone pour ainsi dire jamais, le tenant, pour on ne sait quelle raison, à distance.

Elle va tout faire pour sauver son petit-fils

Suite à un malaise cardiaque, Vladimir réalise qu’il pourrait bientôt mourir. Connaissant parfaitement la situation de Sergueï, qu’il considère tout simplement comme un fainéant, il décide que sa fille, malgré la teneur de leur relation, héritera de sa fortune. Après avoir pris rendez-vous avec un notaire pour établir son testament, il révèle à Elena sa décision. Cette dernière voit soudainement s’effondrer tout espoir d’aider financièrement son fils et surtout son petit-fils, Sasha, qui, s’il ne peut poursuivre ses études à la faculté moyennant un bakchich conséquent, ira faire son service militaire en Iossétie où se poursuivent des combats larvés. Elle élabore alors un plan qui va offrir à son fils et sa famille la vraie chance de leur vie.

Ce film, qui a reçu le Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes 2011, dans la catégorie "Un Certain Regard", nous décrit un pan de la société russe d’aujourd’hui. Il démontre qu’il y a une véritable démarcation entre les couches sociales. Entre le luxe de l’appartement d’Elena et Vladimir et celui de Sergueï, c’est le jour et la nuit. Andreï Zviaguintsev, dont c’est ici le troisième long métrage, après Le Retour (2003) et Le Bannissement (2007), ne prend pas partie mais s’ingénie à travers de longs plans à forcer le spectateur à scruter les détails, à analyser les situations, à prendre sa propre décision.

« J’estime qu’il n’y a pas de héros dans mes films. Il y a seulement une situation dans laquelle se retrouvent des personnages – hommes ou femmes, peu importe. C’est une situation de choix, et c’est ce choix auquel le personnage est confronté qui est le premier héros du film. L’autre héros du film, c’est le langage cinématographique qui va montrer le comportement des personnages à l’écran ; et c’est l’idée du film qui en est l’héroïne. » nous dit A. Zviaguintsev.

Un film de qualité d’un cinéaste exigeant.

Film (109’) + Bonus – Entretien avec le réalisateur (32’) – Making of (38’) – Blu-ray – Pyramide Video

Film ♥♥♥1/2

Bonus ♥♥♥1/2

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