Epouses et Concubines enfin en DVD et Blu-Ray

Ce film est peut-être, en recevant le Lion d'Argent au Festival de Venise, en 1991, le premier film chinois à avoir connu un vrai succès critique et public

D’une très grande rigueur stylistique, il démontre le talent de Zhang Yimou, cinéaste de la 5ème génération*.

Il n’est pas un inconnu de la critique pour avoir déjà connu le succès avec Le Sorgho Rouge , qui reçut l’Ours d’Or au Festival de Berlin, en 1988. Un film avec l’actrice Gong Li qui deviendra bientôt sa compagne sinon sa muse et que l’on retrouve ici dans le premier rôle de cet excellent film.

Nous sommes, en Chine, dans les années 20, Songlian (incarnée par Gong Li) devient la quatrième épouse d’un riche propriétaire. Au sein de l’imposante demeure, où elle résidera dorénavant, elle devra alors composer avec les intrigues incessantes des autres femmes, épouses ou domestiques, pour devenir la favorite.

La Chine que nous montre Zhang Yimou est totalement figée dans une suite de rituels qui semblent immuables. Tout semble être réglé d’avance en fonction d’un code totalement abscons que l’on découvre sinon comprend peu à peu, tout au long du film.

C’est contre l’immuabilité de ces rites, l’immobilisme de la coutume, l’absurdité de sa condition que Songlian va se révolter jusqu’à en devenir folle. Elle ne peut plus faire confiance à la moindre "sœur", c’est ainsi que les femmes du maître s’appellent hypocritement entre elles.

Un film lent, précis, superbement mis en scène, cadré et photographié sur la condition féminine dans la Chine des années 20, période trouble pendant laquelle les Seigneurs de guerre régnaient sur le pays.

Après Le Sorgho Rouge , Gong Li trouva sans doute avec ce film un tremplin pour sa carrière. On la retrouvera dans Adieu ma Concubine de Chen Kaige (chroniqué ici) et dans de nombreux autres films chinois avant de partir travailler aux Etats-Unis notamment avec Michael Mann.

Un film d’une très grande rigueur à déguster.

Film + Bonus – Zhang Yimou, évolution d’un cinéaste par Hubert Niogret – Gong Li vue par Damien Paccellieri – Blu-Ray - D’Vision

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥

* Cette 5ème génération de cinéastes chinois regroupe des réalisateurs comme Wu Tianning, qui prendra la tête des Studios Xi’an, à Pékin, en 1984, Zhang Yimou, Chen Kaige ( Adieu ma Concubine , chroniquée ici), Tian Zhuangzhuang ou encore Huang Jianxin. Des cinéastes qui, à partir de 1985, après la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne de piètre mémoire, s’évertuent à relire l’Histoire de la Chine. Ils mettent en avant l’intérêt personnel, les sentiments de l’individu plutôt que le collectif et la représentation de ses héros. Le symbolisme, le réalisme poétique et le sens du romanesque seront la marque de fabrique de la 5ème génération. Ces cinéastes osent revendiquer plus de liberté dans leur création et critiquer l’héritage maoïste.

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