Études sur Paris d'André Sauvage en DVD

Ce film de 1928 nous plonge dans le Paris de l'époque et dresse le portrait d'une ville aujourd'hui bouleversée

On est tout d’abord frappé par la beauté des images en noir et blanc. La restauration photochimique, initiée par les Archives du film CNC, puis la restauration numérique, réalisée au laboratoire L’immagine ritrovata de la Cineteca di Bologna , a fait des miracles.

Retrouver Paris de 1928 quand on connaît les mêmes lieux aujourd’hui a quelque chose de troublant. On s’aperçoit qu’il y avait une vraie vie sur la Seine et les canaux qui traversent la capitale et sa banlieue. Paris avait une véritable économie portuaire qu’on devine à peine aujourd’hui.

Voir un hydravion sur la Seine est un moment magique tout comme ces très nombreux chevaux qu’on utilisait au quotidien au milieu d’une circulation moins dense que de nos jours mais avec des piétons tout aussi indisciplinés. Tous ces pêcheurs qui s’agglutinaient sur les quais... Quand la fête foraine battait son plein à la porte Maillot... André Sauvage, pionnier du documentaire d’art, a très souvent tourné ces images en mouvement, en travelling ou en panoramique.

Une vision poétique mais réaliste de Paris

Il donne une vision poétique de la capitale mais sait capter le bouillonnement de la ville. Il s’intéresse aux hauts lieux* tout comme aux quartiers populaires mais sans véritablement d’approche scénaristique. Il demeure néanmoins que son approche entre naturalisme et modernité n’est pas sans rappeler celles du cinéaste russe Dziga Vertov ou encore de Jean Vigo**.

La beauté des images est magnifiée par la musique et là?: initiative intéressante de l’éditeur, le spectateur choisit l’environnement sonore de ce film muet. Soit il opte pour la modernité du compositeur américain Jeff Mills, un des pionniers de la Techno, qui fait ici un travail remarquable, ou pour la nostalgie de la musique interprétée par le Quatuor Prima Vista.

À noter dans les Bonus un très beau Portait de la Grèce , en 1927, et l’étonnant Pivoine déménage avec un Michel Simon, à l’image du souvenir que nous gardons de lui, à savoir un personnage haut en couleurs.

Film (139’) + Bonus – La traversée du Grépon (rushes) 7’ – Portrait de la Grèce (Fragments) 30’ – Edouard Groeg à Cély (15’) – Essais sonores d’A. Sauvage pour Pivoine déménage (1’) - Pivoine déménage avec Michel Simon, Line Noro et René Lefebvre (17’) Film de famille Sauvage?: Rue du Pré aux Clercs (3’) - + un livret exclusif de 48 pages sous le direction d’Eric Leroy (Archives française du film CNC) - Carlotta

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥

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