Final cut de Michael Ritchie en DVD

Un film, de 1972, connu sous le titre de Carnage, assez étonnant, à découvrir en tout cas, car il ne laisse pas indifférent

Il a le mérite de nous montrer face à face, deux grands comédiens américains, Lee Marvin (1924-1987) et Gene Hackman qui s’en donnent à cœur joie. Parfois réussi, parfois bâclé, entre polar sophistiqué et nanar de série B, cet objet cinématographique est le second film pour le cinéma, que Michael Ritchie (1938-2001) a réalisé, lui dont la carrière est associée à Robert Redford. Il tourna avec ce dernier : La Descente Infernale , en 1969, et, à mon avis le plus intéressant, Votez McKay , en 1972. Quant à la suite de sa filmographie, elle peut être oubliée.

Dès les premières images, on est mis dans l’ambiance car elles sont accompagnées d’une musique, signée Lalo Schifrin, qui est en total décalage avec ce que nous voyons. Nous sommes dans un abattoir du Kansas. Si ce film est, de toute façon, déconseillé aux végétariens, il dégoûtera les autres de manger des saucisses fabriquées industriellement. De même que vous ne verrez plus les moissonneuses-batteuses comme avant...

L’humour noir est donc au rendez-vous de cette histoire de tueur à gage. Nick Devlin (Lee Marvin) est chargé par un truand de Chicago de récupérer les 500 000 $ que Mary Ann (Gene Hackman), propriétaire d’un abattoir, dans le Kansas, lui doit. Nick Devlin a toute latitude pour arriver à ses fins. Le dernier émissaire qu’il ait envoyé auprès de Mary Ann, lui est revenu, dans un paquet, sous forme de saucisses.

Arrivés sur place, Nick et ses hommes vont de surprise en surprise. Certes il y a bien un abattoir mais Mary Ann organise aussi des foires aux bestiaux avec des jeunes filles nues et droguées, en guise de bétail. Elles viennent d’un orphelinat de la région. L’une d’entre elles, Poppy, qu’interprète Sissy Spacek, dont c’était le second film, est prise sous l’aile protectrice de Nick.

Réalisé dans l’esprit violent des polars des années 70, associé à un humour noir décomplexé, sinon distancié, accompagné de dialogues très imagés, ce film véritablement à part, nous dépeint une Amérique profonde fort peu sympathique, comme si le Middle West était resté un territoire primitif.

Un polar saignant et pervers, comme le qualifie son éditeur, qu’aucun producteur aujourd’hui ne financerait. Selon les intervenants qui commentent le film, dans les Bonus, ce film serait à la charnière du cinéma classique américain et de ce qu’on a appelé "Le Nouvel Hollywood"...

Les amateurs de curiosité en auront pour leur argent.

Film + Bonus – A la croisée des chemins : Jean-Pierre Dionnet dialogue avec le cinéaste Frédéric Schoendorffer - Carlotta

Film ♥♥♥

Bonus ♥♥

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