Hara-Kiri en Blu-ray 3D/2D et DVD

«Je suis dans le dénuement et je souhaiterais mourir dignement. Je sollicite votre bienveillance pour utiliser votre demeure»

Ces mots sont prononcés Hanshiro Tsugumo, un rônin, un samouraï réduit au chômage, quand il arrive à la résidence du clan Li. « Encore un! Ces rônins sont irrécupérables... » fait remarquer un des membres du clan.

Si vous suivez régulièrement mes chroniques, vous vous direz : « Cela me rappelle quelque chose. ..» En effet, ce film japonais, de 2011, signé Takashi Miike, est un remake de celui que tourna, en noir et blanc et en 1962, Masaki Kobayashi ( évoqué ici lors de sa sortie en DVD et Blu-ray en avril dernier). Ce très étonnant et prolifique cinéaste qu’est Takashi Miike s’est donc emparé, à bras le corps, d’un grand classique du cinéma japonais, inspiré d’un roman de Yasuhiko Takigushi.

L’histoire est donc la même. Hanshiro est venu pratiquer le seppuku . Ce mot signifie littéralement «coupure du ventre», cette forme rituelle de suicide masculin*, appelé par ailleurs hara-kiri. Le problème est que bien trop de rônins pratiquent ce chantage. Trop de ces soldats déchus, sans maître ni seigneur, utilisent ce subterfuge soit pour être embauchés ou recevoir de l’argent et, dans les faits, rarement pour mettre fin à leurs jours.

Un remake de haute facture

Kageyu Saito, le régisseur du clan Li, va tenter de dissuader Hanshiro d’aller jusqu’au bout de son geste. Il va lui évoquer le sort de Motome Chijiwa, le dernier rônin qui soit venu dans la résidence. Mais Hanshiro connaît parfaitement Motome. Il était son gendre et n’était venu que pour, en réalité, quémander trois ryo , pour soigner sa femme Miho et son fils Kingo.

Faute de véritable Bonus, on ne sait rien des véritables intentions du cinéaste. On est néanmoins saisi par la beauté plastique des décors et de la lumière. Merci à Yuji Hayashida et Yoshimi Watabe et à leurs collaborateurs. Takashi Miike nous donne ici, à mon avis, une version plus violente que le film initial. Mais ne serait-ce pas dû à l’utilisation de la couleurs?? Plus violent peut-être mais plus humain aussi et sans doute moins romantique. Un visionnage détaillé et simultané des deux films nous démontrerait peut-être l’inverse.

En attendant, nous sommes face à un film d’une force remarquable, d’une dimension qui tend vers l’universel dans sa démesure théâtrale car les dialogues ont une importance primordiale. Hanshiro est dévasté quand il prononce ces mots : « Personne de ce monde ne peut médire sur le courage et l’infinie détresse avec laquelle Motome est allé au bout de son geste. »

Comme je le disais en avril dernier : Un chef d’œuvre, le drame d’un homme qui a cru qu’il était libre...

Film (123’ – 128’) – DVD ou Blu-ray 3D compatible 2D- Coédition : Studio 37/Bodega Films

* Les femmes de la noblesse et les épouses de samouraïs pratiquaient quant à elle : le jigai , une autre forme de suicide consistant à se trancher la carotide avec un poignard

Film ♥♥♥♥

No Bonus

Sur le même sujet