Hommage à John Cassavetes à partir du 11 juillet 2012

5 films d'un des plus importants cinéastes indépendants américain seront présentés en salle, dans de nouveaux masters numériques.

SHADOWS, FACES, UNE FEMME SOUS INFLUENCE, MEUTRE D’UN BOOKMAKER CHINOIS et OPENING NIGHT

John Cassavetes est né à New-York le 9 décembre dans une famille d’immigrés d’origine grecque.

Après des études d'anglais et des cours d'art dramatique, John Cassavetes débute au cinéma comme comédien. On le remarque notamment dans Face au crime (D. Siegel, 1956) ; L'homme qui tua la peur (M. Ritt, 1957) et Libre comme le vent (R. Parrish, 1958). Il fonde en 1956 un atelier théâtral à New York, le Variety Arts Studio où il fait travailler à ses élèves des improvisations qui serviront de base à son premier film ( Shadows ). Financé partiellement par une souscription, tourné en extérieur et interprété par des inconnus sur une musique Jazz de Charlie Mingus, ce film est en rupture totale avec les canons du cinéma hollywoodien. Le film obtient le prix de la critique au Festival de Venise et fait de John Cassavetes une figure de proue de la jeune école new-yorkaise.

En1959, il tourne pour la télévision, notamment dans la série Johnny Staccato dont il incarne le rôle principal.

En 1961, Hollywood fait appel à lui. Il réalise deux films pour les studios : La Ballade des sans-espoirs ( Too lates blues , 1961) et Un enfant attend ( A Child is waiting , 1963), premier de ses films dans lequel apparaît l’actrice Gena Rowlands, qu’il a épousé en 1954. Son goût de l’indépendance se heurte au fonctionnement de l’industrie hollywoodienne.

A partir de 1965, il revient à la production artisanale et tourne Faces en 16 mm. Initialement écrit pour le théâtre, le film connaît un développement difficile (6 mois de tournage et 3 ans de montage) pendant lequel John Cassavetes continue à faire l’acteur pour financer la production dans Les douze salopards (R. Aldrich, 1967) ou Rosemary's baby (R. Polanski, 1968). À sa sortie, Faces est plébiscité par la critique et dans les festivals.

Son premier film en couleur ( Husbands ) en 1970 relate la dérive de trois hommes mariés interprétés par Peter Falk, Ben Gazzara et lui-même.

Minnie et Moskowitz , en 1971,avec Gena Rowlands et Seymour Cassel

Une femme sous influence qui sortira en 1974, a été tourné de 1971 à 1972. Ce film a été entièrement autofinancé, Cassavetes a hypothèqué sa maison pour le produire. C’est un succès commercial et critique ; la performance extraordinaire de Gena Rowlands fait l’unanimité.

En 1976, Meurtre d'un bookmaker chinois aborde le « film de genre », le polar de façon ouvertement allégorique. Ainsi, le drame dans lequel s’enfonce Cosmo, le protagoniste principal du film (Ben Gazzara) qui doit lutter contre la Mafia, symbolise pour certains les batailles incessantes qu’a dû livrer Cassavetes tout au long de sa carrière face à Hollywood.

Opening Night , en 1977, permet à John Cassavetes d’offrir un nouveau grand rôle à sa compagne Gena Rowlands. La prestation de cette dernière dans le rôle de Myrtle Gordon est récompenséeée par l’Ours d’argent au Festival de Berlin.

Polar tourné à New York, Gloria (1980) est son plus grand succès public. Gena Rowlands est inoubliable dans le rôle d’une ancienne maîtresse d’un parrain de la Mafia qui protège à contrecoeur un jeune garçon menacé par la pègre. Le film obtient le Lion d'or à la Mostra de Venise.

1980-1984 : la fin de la carrière de John Cassavertes est partagée entre le théâtre et le cinéma. Il met en scène plusieurs pièces ( East/West Games , 1980 ; la trilogie Three Plays of Love and Hate , 1981). Il adapte pour le cinéma, en 1984, l’une des pièces de cette trilogie, Love Streams , qu’il

interprète aux côtés de Gena Rowlands. Le film obtient l’Ours d'or au festival de Berlin.

En 1985, c’est déjà malade qu’il remplace Andrew Bergman à la réalisation de la comédie Big trouble à la demande de son interprète principal Peter Falk. Il s’agit de son dernier film.

Après avoir monté, en 1987, la pièce A Woman of Mistery (dont il envisageait de faire un film) avec Gena Rowlands, Il s’attelle à l’écriture de plusieurs scénarios : Beguin the Beguin pour Ben Gazzara, She’s So Lovely pour Sean Penn qui sera finalement réalisé par son fils Nick dix ans plus tard.

Il meurt le 3 février 1989 à Los Angeles.

" Car John Cassavetes était un réalisateur, et un acteur, hollywoodien, que les portes des studios lui étaient ouvertes, au moins entr'ouvertes, et qu'il a renoncé à tout ce qu'Hollywood peut promettre, en bien comme en mal, pour préserver l'essentiel, la liberté de faire un film comme on le veut, tel qu'on le veut, avec qui on veut. Cassavetes a été la liberté faite homme. Ses films ont été l'énergie faite cinéma. Mouvement. Pulsation. Rythme. Rupture. Le cinéma de Cassavetes est un cinéma en prise directe sur le corps des acteurs, la pulsation de leur coeur. Du cinéma jazz, qui ne peut que se renouveler ou mourir, mais jamais s'arrêter." dit de lui le réalisateur Lucas Belvaux

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