Ici-Bas de Jean-Pierre Denis en DVD

Inspiré librement de faits réels, survenus en 1943, ce film retrace le parcours de Sœur Luce, une religieuse que l'on dit exemplaire...

En plus du couvent, Sœur Luce œuvre comme infirmière à l’hôpital de Périgueux. Appréciée du chirurgien de l’établissement qui compte sur son aide, elle va l’épauler quand il s’agit de soigner des résistants blessés dans les combats les opposant aux troupes allemandes qui occupent la ville et les environs.

C’est à l’une de ces occasions qu’elle va rencontrer Martial. Il est aumônier, filleul de l’évêque, mais il est entré dans la résistance. Pour on ne sait quelle raison, Sœur Luce va s’investir non plus dans l’amour du Christ mais celui passionné de cet homme qu’elle connaît à peine et qui reste très distant. Elle désire s’inscrire dans une union qui les lierait mais il lui dit ne pas l’aimer. Le désir va monter en elle, lui faisant connaître des tourments jusqu’alors inconnus. Le trouble va la submerger jusqu’à ce qu’au hasard d’un reflet dans la vitrine d’une boutique de mode, elle va se découvrir habillée en civile alors qu’elle porte la tenue de la religieuse qu’elle est...

Plus que du désarroi amoureux

Si Martial abusera d’elle, ce sera sans joie ni passion. Le trouble de Sœur Luce n’en sera que plus profond. Le désordre s’installera en elle jusqu’au jour où elle s’apercevra que Martial n’est pas l’homme qu’elle croyait aimé. Elle commettra alors l’irréparable en cette période plus que trouble de la France occupée.

Mais laissons la parole à Jean-Pierre Denis : « Sœur Luce s’est imposée à moi comme une femme qui dit "Je", dont personne ne tient la main lorsqu’elle prend la plume et qui décide de son sort. » Ce dernier travaillait sur un film documentaire sur les maquis du Périgord quand il découvrit cette histoire. « J’ai été immédiatement frappé par sa dramaturgie, au sens classique du terme, par la richesse des questions existentielles, morales, politiques, religieuses qu’elle soulevait .» dit-il. « Chez elle, l’amour est une force irrésistible, incontrôlable, mais le glissement de l’amour sacré à l’amour profane ici la singularise... Chez elle, c’est l’amour qui devient souffrance et qui peut amener l’héroïne jusqu’à provoquer la destruction de l’être aimé » ajoute-t-il.

Un film exigeant, comme tous ceux réalisés par Jean-Pierre Denis, un metteur en scène à part dans le paysage cinématographique français. Un film marqué par la présence de Céline Salette, dans le rôle de Sœur Luce, et celle d’Éric Caravaca, dans celui de Martial.

Un film qui ne laisse pas indifférent. Un seul regret?: le Making of n’est pas vraiment à la hauteur des enjeux de cette histoire.

Film (100’) + Bonus – Making of (25’) – Pyramide Video

Film ♥♥♥1/2

Bonus ♥♥1/2

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