King of New York d'Abel Ferrara en DVD et Blu-ray

À sa sortie de prison, c'est une luxueuse limousine noire qui attend Frank White. Il est bien décidé à redevenir le Roi de New York
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Ce polar urbain de 1989, signé par ce véritable électron libre du cinéma américain est aujourd’hui devenu culte. Abel Ferrara, toujours aussi impulsif sinon explosif, a disposé, pour la première fois ici, d’un budget confortable. Il a su s’entourer d’une remarquable équipe de techniciens et engager, en plus du déjà célèbre Christopher Walken, qui incarne le rôle principal, des comédiens plus que prometteurs. Jugez-en : David Caruso (que l’on retrouvera dans la série : Les Experts : Miami ), Laurence Fishburne (que l’on verra notamment dans Matrix ), Wesley Snipes (dans Blade ) ou encore Steve Buscemi (vu récemment dans la série Boardwalk Empire ).

Voici donc « un film de gangsters violent, illustré par des titres hip-hop » selon la définition donnée par son réalisateur qui a eu l’idée de ce film, après avoir vu Terminator . Il voulait démontrer qu’il était capable de faire un film «bourgeois» avec des moyens d’un film hollywoodien. Une image hyper-léchée, des mouvements de caméra, etc.

Frank White n'hésite plus, il décide...

Abel Ferrara y est parvenu en nous faisant le portrait d’un truand qui se veut être tout aussi businessman que visionnaire et qui déclare vouloir devenir maire de New York. Il ne passe cependant pas par la case élection municipale et multiplie les règlements de compte. Son séjour en prison lui a permis de bâtir une stratégie assez expéditive. Qu’importe qu’il soit mal vu par les maffiosi, qui lui reprochent de travailler avec des " blacks " de Harlem, qu’importe si les trafiquants de Chinatown se méfient de lui. Frank White veut être sur tous les créneaux : drogue, jeux clandestins et plus si affinités...

Un polar violent, baroque, décadent, soutenu par une musique qui mélange disco, hip-hop et rap, qui multiplie les scènes d’anthologie dans un New York bien souvent nocturne. Un film totalement non-réaliste mais qui donne une idée du réel en le magnifiant, le fantasmant, lui conférant une aura opératique. Comment un truand, à peine sorti de prison, pourrait-il (re)mettre la main sur tout ce que New York compte de trafics et autres activités criminelles?? Un film qui n’a pas pris trop de rides et dont le rythme reste très soutenu. Il démontre qu’Abel Ferrara peut être aussi un grand cinéaste quand il sait mettre de côté les démons qui l’obsèdent.

Il s’agit d’évidence d’un classique du polar. Les amateurs y trouveront leur compte. À noter la qualité des Bonus qui nous permet d’aller plus avant dans la genèse et la production de ce film symbolique de la fin des années 80.

Film ♥♥♥1/2

Bonus ♥♥♥1/2

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