La Bella Gente (Les Gens Biens) en DVD

Avec ce second film, de nombreuses fois récompensé, Ivano de Matteo nous dresse le portrait très "Chabrolien" d'un couple généreux mais avec ses limites...

La Bella Gente (Les Gens Biens)

de Ivano de Matteo

Alfredo et Susanna ont la cinquantaine. Relativement aisés, ils partagent leur vie entre Rome et leur maison de campagne. C’est près de celle-ci que s’est installée Nadja, une jeune prostituée d’origine ukrainienne. L’ayant aperçue se faire frapper par celui qu’elle soupçonne être son souteneur, Susanna décide, dans sa grande générosité, de l’héberger chez elle, au grand dam d’Alfredo. « Mais on ne peut pas régler tous les problèmes du monde ! » s’insurge-t-il.

Susanna n’a qu’une seule idée en tête : redonner une "vie normale" à cette jeune femme. C’est alors que les problèmes commenceront. Car la première réaction de Nadja, pensant être kidnapper, est d’appeler son maquereau. Comment expliquer ensuite sa présence dans leur maison à leurs voisins, à leur fils, et sa petite amie, venus de Londres passer quelques jours en Italie. Une série de questions va se poser à eux. Ils sont certes généreux, le cœur plutôt à gauche, prêts à défendre des idéaux... Peuvent-ils la laisser néanmoins seule dans la maison alors qu’ils sont invités à dîner à l’extérieur ? Et puis que se passera-t-il quand ils reviendront à Rome ? Lui trouver du travail, des papiers en règle ?

Nadja, sans le vouloir, à son corps défendant, sèmera néanmoins la zizanie dans ce petit univers hypocrite de gens aisés, bien pensants. Il est vrai qu’elle peut être mignonne et attirante pour certains. Ceux-là même qui prétendent se préoccuper du sort des autres, histoire de se donner des airs mais ne veulent pas se salir les mains. Quelque part on n’est pas loin de la thématique de Bubu sauvé des eaux , de Jean Renoir ou encore de Théorème , de Pier Paolo Pasolini. Un tiers inconnu va bouleverser l’ordre établi d’une structure fragile, sous des dehors rigides.

Ce film qui pourrait se rapprocher du cinéma du regretté Claude Chabrol a été maintes fois récompensé. Il a reçu le Grand Prix et le Prix CICAE (Confédération internationale des cinémas d'art et d'essai) au Festival du Film Italien d’Annecy. Il a été récompensé aux Festivals du Film Italien de Villerupt, Grenoble, Bastia, Toulouse, Tremblay et Istambul.

Les comédiens de ce film sont à la hauteur et y excellent notamment Monica Guerritore, dans le rôle de Susanna, Antonio Catania, dans celui d’Alfredo, Victoria Larchenko, dans celui de Nadja et Elio Germano, dans celui de Giulio, le fils de Susanna et Alfredo. Vous connaissez sans doute mieux ce dernier. Vous l’avez sans doute vu dans Romanzo Criminale , de Michele Placido, en 2005, ou dans La Nostra Vita , de Daniele Luchetti qui lui valut le Prix d’interprétation masculine, au Festival de Cannes 2010.

Le cinéma italien est moribond mais pas mort et c’est tant mieux.

Film + Bonus : Making-of – France Télévisions Distribution/Bellissima Films

Film ♥♥♥

Bonus ♥♥

Sur le même sujet