La Lettre du Kremlin de John Huston en DVD

Ce film d'espionnage, sorti en 1970, est le reflet de l'ambiance délétère qui régnait lors de la Guerre froide

Cette période de tension entre les USA et l’ex-URSS était propice à toutes les dérives et autres délires géopolitiques. Ce film a sans doute été tourné en réaction au côté glamour, exotique des films ayant James Bond pour héros (rappelez-vous que le premier de la série sortit en 1962) ou encore au côté caricatural d’un personnage tel que Matt Helm qu’incarnait Dean Martin.

John Huston a voulu être au plus près de la réalité que l’on devine être celle de ces agents secrets dont le métier est, semble-t-il, fort ingrat. Il s’est inspiré pour ce faire du roman éponyme de Noel Behn, qui fut lui-même un employé du CIC, une des nombreuses ramifications du service de renseignement de l’Armée de terre américaine.

Pour retrouver cette fameuse "Lettre du Kremlin", une agence américaine d’espionnage, sous le couvert d’une fondation, a débauché Charles Rone (incarné par Patrick O’Neal), un officier de la Marine, au plus grand regret de son amiral (qu’interprète John Huston) qui regrette amèrement son départ.

On apprend qu’à cette époque, est-ce encore le cas aujourd’hui ? sans doute, que ces espions travaillaient en fait en free-lance, pour le compte d’organismes plus ou moins occultes. Cela autorise en fait les états et les gouvernements à ne pas apparaître en première ligne...

« Dans ce métier, il n’y a pas de règle » annonce Ward (que joue Richard Boone, vu dans de très nombreux westerns) à Charles Rone. Le but est de retrouver, coûte que coûte, cette fameuse lettre dont le contenu risque de bouleverser l’ordre mondial. Son contenu est compromettant pour les Etats-Unis mais également pour certains dirigeants soviétiques. 1 million de dollars a déjà été versé pour la récupérer. Un dénommé Poliakov l’aurait eu en sa possession mais il s’est suicidé en prison.

Ce film nous plonge dans les arcanes glacials du monde de l’espionnage où tous les moyens sont bons pour arriver au but final. La mise en scène est très en retrait car elle nous décrit un univers sans foi, ni loi, un travail lent et laborieux, où l’on crée de vraies et de fausses pistes, à l’image sans doute de la réalité. John Huston nous décrit ces personnages sans aucune empathie car seul l’argent semble les intéresser.

Ce film qui paraît pour la première fois en DVD, en version restaurée HD, est à voir pour les amateurs du genre. Quant aux autres, ils en apprécieront le casting qui réunit des comédiennes et comédiens, autres que ceux déjà cités, tels que Bibi Andersson, Orson Welles, Max Von Sydow, George Sanders ou encore Raf Vallone.

Film + Bonus – John Huston et l’enfer de l’espionnage par Patrick Brion, Pierre Murat et Jean-Baptiste Thoret – Petite histoire du cinéma d’espionnage par Christophe Champclaux - Opening

Film ♥♥♥

Bonus ♥♥

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