Le Dernier Automne de Michael Hoffmann en DVD et Blu-ray

Ce film, sur Léon Tolstoï, ne manque pas de qualité mais pêche par le classicisme de sa mise en scène

Il nous conte les derniers mois, en 1910, de Léon Tolstoï, au travers de la vision de celui qui fut son dernier secrétaire particulier : Valentin Bulgakov qui va devenir un témoin privilégié.

Quand on est un jeune intellectuel, étudiant à l’université d’Histoire et de Philosophie de Moscou, et que l’on vous propose une telle opportunité : devenir le secrétaire d’une légende vivante, on ne refuse pas. Surtout quand on partage les mêmes idéaux et qu’on est proche du mouvement "Tolstoïen". Il réprouve la propriété privée, préconise la résistance passive.

Valentin se rendra donc à Iasnaïa Poliana, dans la province de Toula, où réside le comte Léon Tolstoï, dans l’ancienne résidence secondaire de sa famille de la noblesse russe. Non loin de là, à Teliatinki, vit une communauté d’adeptes de ses théories. Car cet écrivain a (in)directement créé des émules, des partisans de la générosité de ses idées, guidés par Vladimir Chertkov.

Un couple explosif

Le problème est que Tolstoï vit toujours avec la comtesse Sophie, son épouse, depuis 1862, à qui il a fait treize enfants. Si elle croit l’aimer encore après tant d’années, elle n’apprécie pas du tout ses idées et encore moins certaines personnes qui l’entourent, toutes celles qui veulent faire croire qu’il est un prophète des nouveaux temps. Elle ne supporte pas non plus que les moindres faits et gestes de son auguste époux soient sans cesse commentés et photographiés par les journalistes omniprésents sur leur propriété.

Valentin va devoir composer avec tout cet univers. Il devra subir leurs scènes de ménage et plus ou moins aider Chertkov à ce que Tolstoï cède ses droits d’auteur au peuple russe, lésant ainsi sa famille. Chertkov entrera alors en conflit ouvert avec la comtesse Sophie qui apprécie néanmoins la compagnie de Valentin.

Ce film, au-delà de relater des évènements réels, est l’occasion de nous révéler à nouveau la force du talent des comédiens exceptionnels que sont Helen Mirren ( The Queen de Stephen Frears) et Christopher Plummer ( L’imaginarium du docteur Parnassus de Terry Gilliam). Leur force, leur détermination, à faire vivre des personnages aussi haut en couleurs que la comtesse Sophie et Léon Tolstoï est ici exemplaire. James McAvoy, dans le rôle de Valentin Bulgakov, ne manque pas de pertinence dans le rôle de ce personnage un peu dépassé par les évènements.

Ce film n’est pas un chef d’œuvre mais mérite vraiment d’être visionné. On regrette le manque de Bonus alors qu’il y avait véritablement matière avec cet écrivain hors du commun qu’était Léon Tolstoï.

Film (114’) – Blu-ray – Condor Entertainment

Film ♥♥♥

Pas de Bonus

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