Le marché de la Vidéo en France en 2010

+2,3 % en volume, +0,1 % en valeur

En 2010, les Français ont dépensé 1,39 Md€ en achats de DVD et de Blu-ray. Pour la deuxième année consécutive, la dépense des ménages en vidéo physique est stable (+0,1 %).

Sur l’ensemble vidéo constitué par le DVD et les supports haute définition, le DVD capte 87,5 % du marché en 2010 (92,2 % en 2009) et ses recettes reculent de 5,1 %. En volume, 134 millions de DVD sont vendus en 2010, soit un nombre stable par rapport à 2009 (-0,9 %).

La reprise du marché entamée en 2009 est due à la commercialisation des supports haute définition : le chiffre d’affaires du Blu-ray est multiplié par 1,6 entre 2009 et 2010 pour atteindre 173,4 M€ et près de 9,7 millions de disques vendus. Les ventes de Blu-ray compensent la baisse du chiffre d’affaires des DVD.

En raison de la disparition du support, les ventes de VHS sont désormais exclues du marché de la vidéo. En 2010, la VHS génère 0,9 M€ de recettes pour un peu plus de 131 000 unités vendues, contre 1,1 M€ et 162 000 unités en 2009.

Nouvelle diminution des recettes du hors film

Pour la quatrième année consécutive, le hors film affiche un recul de ses recettes vidéo (-5,1 % par rapport à 2009). Il représente 36,5 % du marché (505,5 M€), contre 38,5 % en 2009. En volume, les ventes de hors film sont stables à près de 66 millions d’unités vendues en 2010 (+0,8 %) et sont inférieures à celles du film pour la deuxième année consécutive.

En valeur, le cinéma continue de dominer le marché de la vidéo

Les films cinématographiques réalisent 842,3 M€ de recettes, soit 60,8 % du total en 2010. Cette part de marché est en progression par rapport à 2009 (58,4 %). Soutenues par le Blu-ray (+58,7 % en valeur entre 2009 et 2010), les recettes des films en vidéo affichent une augmentation de 4,2 % par rapport à 2009.

En volume, plus de 70 millions des supports vendus contiennent une oeuvre cinématographique en 2010, soit une évolution positive par rapport à l’année précédente (+5,7 %).

2010 est également marquée par une diminution du chiffre d’affaires des opérations promotionnelles (-13,2 %) qui représentent 2,7 % des recettes du secteur (3,1 % en 2009).

Légère croissance des recettes des films français

En 2010, la part de marché des films français sur le marché de la vidéo s’établit à 21,4 % en valeur, contre 21,9 % en 2009. 15,73 millions de DVD et de Blu-ray de films français ont été vendus en 2010, contre 15,45 millions en 2009 (+1,8 %). Le cinéma français génère 180,2 M€ de recettes en 2010, en hausse de 1,9 % par rapport à l’année précédente.

Deux films français figurent parmi les vingt meilleures ventes en valeur de films en vidéo en 2010 (contre un seul en 2009) : le Petit Nicolas et Arthur et la vengeance de Maltazard occupent respectivement la quatrième et la treizième place du classement des films.

Progression des ventes de films américains

Le chiffre d’affaires des films américains en vidéo affiche une hausse de 5,2 % à 546,1 M€ en 2010. Leur part de marché est stable à 64,8 % (64,2 % en 2009). En volume, plus de 45 millions de DVD et Blu-ray de films américains ont été achetés en 2010 (+6,6 % par rapport à 2009).

En 2010, les films américains réalisent huit des dix meilleures performances des films en vidéo (huit en 2009). Avatar se place en 1ère position du classement en valeur. Twilight – chapitre 2 : tentation (2e), 2012 (3e), This is it (5e), Twilight – chapitre 3 : hésitation (6e), la Princesse et la grenouille (8e), Alice au pays des merveilles (9e) et Toy Story 3 (10e) complètent la liste des meilleurs succès américains de l’année.

En 2010, le chiffre d’affaires des films européens non français en vidéo augmente de 6,8 %, après une année 2009 en baisse (-3,5 %). La part de marché des films européens s’établit à 11,4 %, contre 11,1 % en 2009. Elle est notamment assurée par trois films britanniques : Inception , septième du classement des films en valeur, Harry Potter et le Prince de sang-mêlé , qui occupe la 16e place et Robin des bois à la 18e place. La part de marché des films non européens et non

américains baisse à 2,4 % (2,7 % en 2009).

Une offre toujours plus large

Au total, environ 60 800 références de DVD et 3 200 références de Blu-ray sont proposées en 2010 dans les grandes surfaces spécialisées. Gage d’une plus grande diversité de l’offre, ces dernières mettent en vente 1,41 fois plus de références vidéo que les hypermarchés et supermarchés (1,39 en 2009). Pour la deuxième année consécutive, le nombre de références disponibles sur internet (plus de 58 100) est inférieur à celui des grandes surfaces spécialisées en 2010. Internet propose notamment près de 3 200 références Blu-ray, soit autant que les grandes surfaces spécialisées et 16,9 % de plus que dans les hypermarchés et supermarchés. À noter qu’en complément, près de 750 références de cassettes VHS ont été proposées dans les grandes surfaces spécialisées en 2010 (800 en 2009), contre 300 dans les grandes surfaces alimentaires (500 en 2009) et 50 sur internet (600 en 2009).

Plus de 4 DVD visionnés chaque mois

En 2010, les Français déclarent regarder 4,1 DVD par mois en moyenne. Ce nombre est en hausse par rapport à 2009 (3,8 DVD par mois en moyenne), mais reste inférieur à celui des années précédentes. Le nombre de DVD visionnés varie selon l’âge. Les 15-19 ans présentent la plus forte consommation en 2010, devant les 20-24 ans.

Ils visionnent, en moyenne, 6,5 DVD par mois, contre 4,7 pour les 20-24 ans. À noter que plus de 90,6 % des moins de 25 ans regardent des DVD en groupe, avec des amis ou des proches autres que les membres de leur foyer. Les plus de 50 ans et les CSP+ visionnent moins fréquemment des DVD que le reste de la population, puisqu’ils regardent moins de 4 DVD par mois (respectivement 3,2 DVD et 3,5 DVD). Les habitants de la région parisienne visionnent davantage de DVD que ceux de la province (4,6 DVD, contre 4,0 DVD).

En 2010, la fréquence de visionnage progresse à mesure que l’habitude de fréquentation cinématographique augmente. Ainsi, les spectateurs occasionnels du cinéma regardent-ils en moyenne 3,5 DVD par mois, contre 5,2 DVD pour les spectateurs réguliers et 7,2 DVD pour les spectateurs assidus. Les assidus de l’achat et de la location vidéo visionnent également plus de 7 DVD par mois (respectivement 12,0 DVD et 7,3 DVD en 2010) et le font quasi exclusivement en groupe (respectivement 100,0 % et 86,7 %).

Près de 30 % des Français visionnent souvent les bonus des DVD

S’ils sont désormais plus de 20 % à ne jamais regarder les bonus des DVD qu’ils visionnent, 28,9 % des Français interrogés le font systématiquement ou souvent (31,6 % en 2009). Ils sont par conséquent 47,2 % à ne regarder que rarement les bonus des DVD. 96,1 % des Français regardent les bonus après le visionnage du contenu principal (95,0 % en 2009). La hiérarchie des bonus considérés comme importants dans un DVD montre qu’en premier lieu, viennent les bonus issus du contenu lui-même : scènes coupées ou fins alternatives (76,7 %) et bêtisier (70,0 %). 69,5 % des Français déclarent également que le making of est un bonus important dans un DVD. Les bonus autour du tournage (bonus musicaux, documentaires, etc.) sont importants pour moins de 60 % des Français et les bonus techniques, plus prisés des cinéphiles (interviews, biographies, filmographies, commentaires audio et analyse des scènes), le sont pour 35 % à 50 % des Français. En fin de liste, se trouvent les bonus qui proposent le matériel promotionnel, comme les photos et les affiches (34,0 %).

Croissance du marché de la VàD

Le marché de la vidéo à la demande (VàD) poursuit la croissance amorcée depuis 2007. En février 2011, 52 éditeurs de services de VàD actifs sont recensés en France. Le nombre d’éditeurs s’entend hors hébergeurs de services de VàD, hors services de télévision de rattrapage et hors plates-formes spécialisées dans les films ou programmes pour adultes. Si les services sont accessibles par plusieurs types d’accès ou sur plusieurs sites internet en marque blanche, ils ne sont comptabilisés qu’une seule fois. La composition du catalogue d’un même éditeur peut varier selon son mode de distribution. La principale nouveauté de 2011 est l’émergence de portails dédiés pour les télévisions connectées.

Plus de 5 500 films disponibles au premier semestre 2010

L’offre de films en vidéo à la demande ne cesse de s’enrichir. Selon les données recueillies par le CNC dans le cadre de l’observatoire de la VàD, sur les huit plates-formes analysées (Arte VoD, Canalplay, Club Vidéo, France Télévisions, Orange, TF1 Vision, Universciné, Virgin Méga), plus de 5 500 films (5 561 films) étaient disponibles en vidéo à la demande au cours du premier semestre 2010. En juin 2010, ces plates-formes proposent 5 094 films de cinéma, soit 16,9 % de plus qu’en juin 2009 (4 356 films disponibles). Depuis juin 2007, l’offre de films disponibles a été multipliée par 2,7. La part des différentes cinématographies évolue légèrement par rapport à juin 2009. Les films français composent toujours la plus grosse part de l’offre (2 330 films, soit une progression de 23,2 %), devant le cinéma américain, qui ne représente plus qu’une œuvre sur trois (1 701 films, +6,5 %), et les films d’autres nationalités (1 063 films, +22,5 %).

Un marché de plus de 135 M€ pour la VàD payante

Selon le baromètre NPA-GfK, le chiffre d’affaires de la VàD payante en France est estimé à 135,66 M€ en 20101, soit une augmentation de 39,5 % par rapport à 2009. Cette hausse du chiffre d’affaires se traduit par une croissance de 52,0 % du volume de transactions payantes effectuées en 2010, qui s’élève à 39,4 millions. En décembre 2010, le chiffre d’affaires mensuel de la VàD franchit pour la première fois le seuil de 15 M€ avec plus de 4 millions d’actes payants.

Les prix moyens par transaction poursuivent leur tendance à la baisse : 3,42 € pour une location de programme (- 8,1 % par rapport à 2009) et 7,38 € pour une vente (- 33,0 %).

L’analyse du prix moyen à l’acte fait apparaitre des différences selon les genres : alors que le prix moyen d’une transaction pour un film de cinéma augmente à 4,11 € (+4,6 % par rapport à 2009), celui d’un programme pour adultes baisse légèrement à 7,71 € (-0,4 %).

Si le paiement à l’acte reste ultra-majoritaire (93,3 % du chiffre d’affaires en 2010), les formules par abonnement progressent. Les revenus générés par ces formules représentent 6,7 % des recettes de la VàD et 27,6 % du nombre de titres visionnés en 2010 (contre respectivement 3,3 % et 20,0 % en 2009). Les transactions payantes de VàD réalisée sous forme locative (streaming ou téléchargement temporaire) contribuent toujours pour la plus grande partie des recettes, soit 98,8 % (-0,1 point par rapport à 2009). La VàD sur le poste de télévision demeure largement plus répandue que sur l’écran d’ordinateur. En 2010, 95,7 % des transactions payantes de VàD se font sur la TVIP et elles contribuent pour 94,3 % au total des recettes. Sur la période, les transactions payantes sur TVIP progressent de 56,7 % en volume et de 45,7 % en valeur, tandis que celles sur internet reculent de 8,5 % en volume et de 18,0 % en valeur.

Extraits du n°317 (mars 2011) des Dossiers du CNC

- Une publication du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée -

Sur le même sujet