Le Moine avec Vincent Cassel en DVD et Blu-Ray

Un soir de décembre 1595, un bébé est abandonné devant la porte d'un couvent de capucins, en Espagne. Nous sommes le jour de la saint Ambroise
9

Les religieux prénommeront l’enfant : Ambrosio. Bien qu’il porte une tâche de naissance que certains prennent pour une marque du démon, il est élevé par les membres de la communauté religieuse.

N’ayant jamais connu autre chose que cet univers ascétique, à l’âge de 18 ans, il va devenir un de ces moines. Sa profonde ferveur, sa très grande piété, son modèle de vertu, ses talents de prédicateur attireront de nombreux croyants lors de ses interventions.

Inspiré du roman éponyme de Matthew G. Lewis, paru en 1796, le film, signé de Dominik Moll, nous conte le destin tragique de ce frère dans l’Espagne catholique du XVII° siècle. Le frère Ambrosio se croyait à l’abri de toutes les tentations mais de mystérieux événements vont ébranler ses certitudes, le mener sur le chemin du pêché et du crime.

Un film exigeant, à la limite de l’austérité qui brasse un mélange de romantisme et de fantastique, de thèmes oedipiens et faustiens, d’espagnolades aux tonalités shakespeariennes. Filmé de façon très classique, recourant plus que de coutumes aujourd’hui à des fondus à l’iris, il baigne dans une ambiance visuelle très sombre, au-delà de ses nombreuses scènes nocturnes. Nous sommes à l’ombre des bâtiments du couvent où dans les intérieurs de maisons aux volets clos, abrités du soleil.

Dominik Moll n’a, en fait, adapté en resituant toute l’action en Espagne, que la moitié du roman gothique que Lewis écrivit, rappelons-le à l’âge de 19 ans. « Avec Le Moine, nous dit-il, on est dans un film d’époque assez particulier, plus proche de Frankenstein ou de Dracula, donc d’un récit fantasmé qui s’aventure du côté du rêve et du cauchemar. Le souci d’exactitude et de reconstitution historique est finalement secondaire, on a beaucoup plus de libertés. D’ailleurs il est impossible de dater l’action du roman, qui est plein d’anachronismes et qui s’en contre-fiche. Ce qui prime, c’est le plaisir du récit, la création d’un univers de conte. Cette liberté m’a plu, même si je me suis énormément documenté sur l’Espagne catholique et l’Inquisition, que j’ai lu des dizaines de sermons et de prêches de l’époque. J’avais besoin de m’en nourrir, de m’appuyer dessus pour pouvoir m’en affranchir en connaissance de cause. Il y a des contresens historiques dans le film — comme celui de voir des frères Capucins vivre dans un riche monastère Cistercien —, mais ce sont des choix qui servent l’atmosphère du film. La cohérence de ce monde fantasmé prime sur la véracité historique. Le Moine n’est pas la reconstitution de la vie d’un personnage réel. C’est plus Don Quichotte que Napoléon ! C’est ce qui m’a séduit. »

Vincent Cassel qui incarne Ambrosio semble habité par ce personnage. Il l’interprète sans les excès auxquels il nous avait habitué même dans ces moments où il succombe au pêché de chair, même dans ces moments où de violents maux de tête lui font souffrir le martyr. Un grand rôle pour lui.

Á voir de toute évidence.

Film + Bonus – Making-of – Documents de travail (dessins préparatoires, storyboard,...) – Blu-Ray - Diaphana

Film ♥♥♥

Bonus ♥♥♥

Sur le même sujet