Les Crimes de Snowtown en DVD et Blu-ray

Un premier film-choc de Justin Kurzel, un jeune réalisateur australien, qui confirme le dynamisme du cinéma de ce pays.

Nous avions évoqué ici deux réussites qu’étaient : Animal Kingdom et Red Hill . Avec Les Crimes de Snowtown , nous abordons un autre style, un autre genre, inspiré de faits réels.

Ce film retrace le parcours de John Bunting et des membres du groupe qu’il tenait sous sa coupe. Ils ont commis ensemble onze meurtres entre août 1992 et mai 1999. Leurs victimes?: principalement des pédophiles et autres exhibitionnistes. Si la petite ville de Snowtown, située à 145 km d’Adelaïde, dans le Sud de l’Australie, est liée à ces crimes, c’est après qu’on y ait découvert dans la chambre forte d’une banque désaffectée, huit corps dissimulés dans de grands barils en plastique. D’autres corps seront retrouvés après.

Le 21 mai 1999, quatre personnes sont arrêtées et accusées des meurtres. John Bunting donc, qui est considéré comme le pire tueur en série que l’Australie ait connu à ce jour. Reconnu coupable des 11 meurtres, il a été condamné à perpétuité. Robert Wagner a plaidé coupable pour 3 meurtres mais a été reconnu coupable de 10 : perpétuité. Mark Haydon a été reconnu complice de 7 meurtres. Il est en prison et attend son jugement en appel. Et puis il y a Jamie Vlassakis, celui avec qui le film débute. Il a plaidé coupable de 4 meurtres et été condamné à vie, dont 26 années incompressibles. Comme il a témoigné contre ses co-accusés, il purge sa peine sous un faux nom et dans une prison tenue secrète. En 2025, il sera décidé s’il doit être rendu à la liberté ou non. Il aura 45 ans.

Un quartier où l'ennui domine

Car tout commence quand Jamie a 16 ans. Il vit avec sa mère et ses deux frères dans une banlieue pauvre où règne chômage et abus sexuels en tout genre. Que faire pour tromper l’ennui ? Regarder la télé ? Jouer à des jeux vidéo ? Aller à l’église ? Profiter de l’absence d’une mère pour faire des photos pédophiles, etc. ?

Tout va basculer quand John Bunting va débarquer dont on ne sait où dans cet univers. Très charismatique, il va très vite s’intégrer dans la vie de la famille de Jamie et du quartier. Il pourrira celle du voisin qui a abusé de Jamie et de ses frères. Ce dernier finira par déménager. John Bunting est un personnage tout aussi étonnant qu’il peut devenir très vite inquiétant. Manipulateur, il va employer des méthodes plus que radicales pour se faire valoir comme une espèce de justicier.

Le tournage en décor naturel avec des acteurs recrutés sur place donne une dimension supplémentaire à ce film. Cela en magnifie le côté naturaliste, à la limite documentaire, qui est souligné par de très nombreuses scènes tournées caméra à l’épaule. Justin Kurzel dit à ce propos : « choisir des non-professionnels issus de la région, tourner au cœur de cette communauté, nous imprégner de leur langage, réutiliser leurs expressions ont ajouté une dimension qui fait désormais partie intégrante de la narration. » Jamie est incarné ici par Lucas Pittaway, découvert dans un centre commercial du coin. Louise Harris a interprété, quant à elle, de façon très impulsive le rôle de Elizabeth, la mère de Jamie. Elle était en train de faire ses courses quand J. Kurzel lui a proposé le rôle. John Bunting est le premier rôle au cinéma de Daniel Henshall, le seul acteur qui ait déjà joué soit à la télévision ou au théâtre. Il donne ici une vision très étonnante du pouvoir qu’a pu exercer ce personnage dans la réalité.

Un film surprenant, perturbant, qui ne manque pas de punch. Il a reçu la Mention Spéciale de la Semaine de la Critique, lors du Festival de Cannes 2011. Retenez ce nom?: Justin Kurzel car il est, de toute évidence, un cinéaste à suivre.

À voir absolument même si certaines scènes apparaîtront pour certains comme insoutenables.

Film (98’) + Bonus – Interviews des acteurs et du réalisateur (17’) – Blu-ray – ARP Sélection

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥1/2

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