Mean Streets enfin en DVD et Blu-Ray

« On ne rachète pas ses fautes à l'église. On les rachète dans la rue et chez soi. Le reste, c'est des conneries. »

C'est par ces mots que débute le troisième long-métrage que Martin Scorcese réalisa en 1973.

Mean Streets , dira-t-il plus tard : « c’est tout ce que je n’ai pas mis dans Who’s knocking at my door ? (son premier long-métrage, en 1969) Il a été restructuré et fondé sur des incidents réels. » Il a cette fois-ci un peu plus de moyens, peut tourner le film en couleurs et évoquer son passé et Little Italy , ce quartier de New York, dont il est originaire. Ce quartier mythique de la ville n’est en fait pas très étendu car il ne compte qu’une dizaine de blocks , de pâtés de maisons autour d’un axe qu’est Elisabeth Street .

« Ce n’est pas vraiment un film, c’est une déclaration ou un exposé sur qui je suis, comment je vivais, ce à quoi je pensais et les dilemmes, les conflits qui m’habitaient à cette époque-là. » Martin Scorcese se destinait alors à la prêtrise. « Il représente absolument tout ce que j’allais faire et qui je suis. » ajouta-t-il.

Premier vrai film de Scorcese

Mean Streets est le "vrai premier film" de Martin Scorcese tant il est fondateur de son style, de sa marque de fabrique. La caméra est mouvante, sans arrêt à l’affût de tout ce qui se passe. Il y a ses fulgurances, ses accès de violence, qui viennent remettre en question l’ensemble et ses interrogations d’alors.

Il se sert des émotions qu’il a connues dans sa jeunesse et les recrée ici, au travers le jeu de deux acteurs, Harvey Keitel et Robert De Niro, qui démontrent que déjà, à l’époque, ils étaient immensément talentueux. Harvey Keitel (Charlie, dans le film) semble être ici le double de Martin Scorcese. C’est la voix de ce dernier, d’ailleurs, que l’on entend au début prononcer les mots cités plus haut, en voix off de Charlie.

Robert De Niro, originaire lui aussi de Little Italy , tourna ici son premier film avec Martin Scorcese. Au total, il joua dans huit de ses filmsa et devint un de ses acteurs fétiches. Il interprète ici le rôle de Johnny Boy, un jeune play-boy au caractère un peu sanguin, pour ne pas dire excessif qui, plus est, a accumulé de nombreuses dettes. A cause de lui, bien des situations deviendront confuses tant il est ingérable.

Ce film, du fait de son sujet, est totalement lié à New York, à son atmosphère si particulière, et à ce quartier où la maffia régnait alors sans forcément dire son nom. Il est cependant étonnant de savoir qu’il n’y eut que 6 jours de tournage sur les lieux. Les 21 autres jours de tournage se déroulèrent à Los Angeles. Bien entendu, les scènes de rue furent filmées dans Little Italy , comme la rituelle fête de San Gennaro , mais également les scènes se déroulant dans les arrière-cours si typiques de la ville ainsi que dans les escaliers des immeubles. Toutes les autres scènes d’intérieur furent filmées en Californie.

A voir absolument car ce film résume à lui tout seul le génie cinématographique de Martin Scorcese.

Collector - Film + Bonus : Voyage à travers "Mean Streets" , entretien audio avec M. Scorcese – De Little Italy à Hollywood , le regard personnel de Kent Jones sur le film – Lumière instinctive, entretien avec Kent Wakeford, directeur de la photographie De retour dans son quartier Les rues de "Mean Streets" Home Movies - Blu-Ra y avec en exclusivité Italianamerican , film de M. Scorcese (47’) – Carlotta

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥

Sortie le 6 avril

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