Panic sur Florida Beach en DVD et Blu-Ray

Nous sommes en octobre 1962, à la veille d'Halloween, à Key West, en Floride, quand le tonitruant Lawrence Woolsey débarque en ville

Lawrence Woolsey (incarné à merveille par l’excellent John Goodman), le "Maître de l’effroi" comme il aime à se qualifier, a décidé d’investir le cinéma local pour y projeter son film Mant ! - contraction de man (homme) et de ant (fourmi) – en " Atomo Vision " et " Rumble Rama " ! Excusez du peu mais ce producteur est aussi un homme de spectacle au sens réel du terme. Il transformera la salle de cinéma de façon à ce que les spectateurs vivent vraiment au rythme de ce film d’horreur. Pour lui le cinéma c’est aussi un show. Joe Dante s'est inspiré du réalisateur William Castle (1914-1977), inventeur culte des séances à attraction pour créer ce personnage haut en couleurs.

Ce film, que Joe Dante a réalisé en 1992, est inscrit dans le contexte historique de "L’affaire des missiles de Cuba". Nous sommes à l’époque en pleine "guerre froide" et sachant que des lance-missiles soviétiques sont pointés vers les Etats-Unis, la psychose d’une attaque prochaine bouleverse et perturbe la vie des habitants. Joe Dante qui avait 15 ans alors, dit de l’événement : « J’ai cru que ce week-end allait être le dernier de ma vie... La notion de fin du monde était bien réelle. »

Depuis toujours amateur de films d’horreur, Joe Dante témoigne ici de sa reconnaissance envers le cinéma de l’époque, quand deux films étaient projetés lors de la même séance. Il rend un hommage hilarant aux films de série B. Il évoque ici, dans le cadre d’un double-programme, deux films tout aussi improbables que leur titre évocateur : Le Caddie Déjanté et Le Lynx Timoré . Cela vous donne le ton du film qui navigue entre parodie et évocation d’une époque révolue. Comme il nous le dit dans les Bonus, Joe Dante a apporté de nombreuses touches personnelles à l’ensemble.

Il y a beaucoup de lui dans le personnage de Gene. C’est un jeune adolescent, fils de militaire, déménageant sans cesse en fonction des affectations de son père. Du coup, il n’a aucun véritable ami et s’est réfugié dans le cinéma fantastique, d’horreur en particulier. Il achète régulièrement les revues Monster et Frankenstein qui abordent son domaine de prédilection.

Teen movie ?

Mais revenons à Mant ! ( L’Homme Fourmi ), ce film dans le film, une production en noir et blanc du fameux Lawrence Woolsey se réfère à des réalisations comme Godzilla. Joe Dante d’ajouter : « On sublimait nos peurs en allant des films de reconstitution, avec des insectes devenus géants à cause d’un irradiation. » C’est suite à une radiographie, chez son dentiste, qu’un homme se transforme donc progressivement en fourmi géante. Son scénario totalement débridé, dont les dialogues, pour la plupart empruntés à des films des années 50/60, est représentatif des productions d’une époque révolue que Joe Dante semble regretter.

Ce film rare fourmille de détails, de personnages. Cependant son scénario glisse parfois trop vers le film pour adolescents ou pêche par nostalgie et oublie l’essentiel. Produit dans une ambiance plus sereine, il aurait sans douté gagné en efficacité. Certaines séquences sont néanmoins dignes de figurer dans une anthologie qui reste à faire.

Les amateurs en auront pour leur argent d’autant que « puisque la planète doit sauter, autant s’amuser ! » comme le dit une ado, dans le film. Les Bonus sont véritablement de qualité. Les interventions de Joe Dante sont pertinentes et nous dévoilent son travail et son approche du film. Quant à voir in-extenso Mant ! , c’est un grand moment.

NB : contrairement à ce qui se fait habituellement les visuels du DVD et du Blu-Ray sont différents mais les contenus sont identiques.

Collector Film + Bonus : Paranoïa en Fourmi Vision ou le Plaisir d’avoir Peur (Entretien exclusif de Joe Dante par Michael Henry Wilson) – Mant ! (L’Homme Fourmi) : Préface de Joe Dante, le court-métrage N&B, Bande annonce – Making-of de l’époque – Blu-Ray – Carlotta

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