Poetry en DVD

Pour son cinquième film,Lee Changdong, romancier et cinéaste sud-coréen, a choisi de nous dresser le portrait d'une vieille dame au caractère enjoué
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Mija est curieuse de tout et veut continuer à aimer la vie. Elle aime s’habiller de tenues aux couleurs vives, porter des chapeaux à motifs floraux. Elle a soixante-six ans et pourtant continue à travailler comme aide-ménagère à domocile, auprès d'un vieillard lubrique. Elle vit avec son petit-fils, Wook, un collégien, dans une petite ville de la province de Gyeonggi que traverse le fleuve Han. A la suite de son divorce, sa fille est partie vivre et travailler ailleurs, lui confiant l’éducation de son fils.

Le hasard voudra que Mija s’inscrive à des cours de poésie, à la maison de la culture de son quartier. Elle en a toujours rêvé mais jamais, alors qu’on le lui avait prédit quand elle était enfant, elle n’a écrit le moindre vers. On lui apprendra, lors de ces cours, surtout à mieux regarder le monde avant de faire de la poésie. C’est ce qu’elle fera.

Mais le monde ne lui offrira rien de réjouissant alors que seul le beau l’attire et qu’elle voudrait en faire justement un poème. On lui apprendra tout d'abord qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Puis que son petit-fils est soupçonné d’avoir violer avec des camarades une collégienne qui s’est suicidée, en sautant dans le fleuve Han.

Lee Changdong évite les travers du mélo en multipliant les façons de filmer : passant du mode documentaire au mode fiction. Il nous apprend à mieux connaître Mija qui ne s’est jamais épanchée au cours des 66 années de sa vie. Elle a su, on ne sait par quel miracle, préserver sa candeur. Elle qui aura subi toutes les blessures que le monde lui aura infligées, dans son unique et ultime poème, elle lancera un cri à celui-ci.

Au-delà du talent de Lee Changdong, ce film est porté par celui de Yun Junghee qui interprète de façon prodigieuse cette Mija qui restera dans nos mémoires. J’aurais mis volontiers ♥♥♥♥ à ce film, qui a reçu le Prix du scénario au Festival de Cannes 2010, si son rythme n’avait été perturbé par les confessions et autres textes des apprentis poètes.

A noter que Lee Changdong a coproduit Une Vie toute Neuve chroniquée ici ( http://selectiondvd.blogspot.com/2010/04/une-vie-toute-neuve.html ).

Film + Bonus : Le film commenté par Lee Changdong et Kim Younglin (critique) – Poetry par Éric Libiot (de l’Express ) – Une comédienne et son metteur en scène : entretiens avec Lee Changdong et Yun Junghee – etc. - Diaphana

Film ♥♥♥ Bonus ♥♥♥

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