Portier de nuit en DVD et Blu-Ray

Il y a 38 ans, ce film italien, de Liliana Cavani, fit scandale aussi bien en France, en Europe, qu'aux Etats-Unis où il fut même classé X.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, le revoir aujourd’hui nous permet de relativiser l’ensemble.

Depuis il est devenu commun, que les personnages principaux d’un film ne soient pas forcément positifs, éléments que beaucoup ont reproché à celui-ci en 1973, date de sa sortie. Liliana Cavani n’est pas pour autant une provocatrice. L’idée du film a lentement germé en elle, après avoir vu Les Damnés de Luchino Visconti, en 1969, et surtout après avoir réalisé pour la RAI une série de 4 heures sur le Troisième Reich et un documentaire, en 1965, sur Les Femmes dans la Résistance (inclus en entier ici dans les Bonus).

Elle nous dit à ce propos : « Même si je n’en étais pas tout à fait consciente, je suis sûre que le sujet du film est né des images que j’avais visionnées pendant plusieurs mois et du traumatisme de ces partisanes. Vingt ans après la guerre, tout le monde voulait oublier, et cela peut, en partie, se comprendre. »

Nous sommes en Autriche, à Vienne, en 1957. Max travaille comme portier de nuit dans un grand hôtel de la ville, Hotel zur Oper . Un soir, alors qu’il vient de prendre son service, arrive Lucia, en voyage avec son mari, chef d’orchestre. Il doit diriger La Flûte Enchantée de Mozart, sur la scène de l’opéra tout proche. Un seul regard a suffi à Max et Lucia pour que leur passé commun ressurgisse. Ancien officier SS, s’étant fait passé pour un médecin, Maximilien Theo Aldorfer, qui vit maintenant sous un nom d’emprunt, a entretenu avec Lucia une relation tout aussi passionnelle que violente et brutale alors que non-juive, fille d’un militant socialiste, elle était prisonnière dans un camp de concentration.

Le problème pour Max est qu’elle est arrivée alors qu’un comité, composés d’anciens nazis, est venu étudier son cas. Le but est de le blanchir de toutes implications avec le Reich en éliminant les éventuels témoins de ses exactions. « Lorsque tout semble perdu, un fait inattendu survient, des fantômes prennent forme. Comment y échapper ? Ce fantôme a une voix et un corps et fait partie de votre être » s’avoue Max.

D’évidence leur relation est différente. Elle se situe dans un rapport dominant/dominé aux relents sado-masochistes. Il dit l’aimer. Elle se complait à ses jeux pervers. Nous ne sommes pas dans l’illustration du syndrome de Stockholm ou son inverse (de Lima) mais d’une liaison amoureuse contre-nature, « biblique » même selon Max. Lucia décide de rester à Vienne pour y faire du shopping au lieu de suivre son mari. Il est parti diriger un orchestre à Francfort puis à Berlin. Alors qu’elle a toute latitude pour aller le rejoindre, elle lui adresse un télégramme lui disant qu’ils se retrouveront à New York, où ils vivent, et quitte l’hôtel pour aller trouver refuge chez Max.

Un film d’une grande puissance dramatique qui dérange. Il est porté par deux comédiens de grand talent Charlotte Rampling, dans le rôle de Lucia, et l’excellent et regretté Dirk Bogarde, dans celui de Max.

Un film d’une très grande beauté plastique qui ne peut laisser indifférent.

Edition Collector (2 DVD) - Film + Bonus – La Donna Nella Resitenza (Documentaire de Liliana Cavani sur l’implication des femmes dans la Résistance italienne) – Interview de Liliana Cavani – Blu-Ray – Wild Side Video

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥

Sortie le 26 octobre

Sur le même sujet