Robert Crumb en Coffret DVD

A l'occasion de la première rétrospective qui lui est consacrée à Paris, le dessinateur Robert Crumb est à l'honneur
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Il est devenu à la fin des années 60, le dessinateur emblématique de la contre-culture, le pape de la bande dessinée underground américaine. Né en 1943 dans une famille typique de la classe moyenne américaine, à partir de l’âge de 7 ans, il ne cessera de dessiner. Il s’imposera, dans les années hippies, comme le premier satiriste avec des personnages comme Fritz The Cat (créé en 1959) ou encore Mr Natural (créé en 1967).

Ses récits décapants portent un regard acéré sur la société US, ses noirceurs et surtout ses absurdités. On le découvrit en France, en 1970, grâce au regretté magazine Actuel . Le trait de son dessin est reconnaissable entre tous, à la fois souple et dense. Quant à son imagination, stimulée dans les années psychédéliques par l’usage de drogues, notamment le LSD, elle a été plus que débridée. La famille, les femmes, le sexe, la musique, les hippies, l’argent, la religion et lui-même furent ses sujets de prédilection.

Une incursion dans la vie de Crumb

Le documentaire de Terry Zwigoff, datant de 1994, proche de Robert Crumb, permet de pénétrer dans son univers, j’allais dire mental et familial. Leur complicité, leur amitié, permet de décortiquer les influences culturelles du dessinateur. Mais également les profondes déchirures familiales qui ont fait de lui ce qu’il est. Le portrait que tire de lui Terry Zwigoff est totalement étonnant, passionnant, provocateur, impudique (dans les relations qu’entretient Crumb avec ses frères Charles et Maxon...). Le tout est souvent drôle mais parfois dérangeant. Les diverses incursions dans le milieu familial nous expliquent, après coup, pourquoi Crumb a tant voulu se réfugier dans le dessin qui était son seul exutoire avec la musique. Non pas la musique des années 70 qu’il apprécie peu, pour ne pas dire pas du tout, mais celle des années 20 ou 30, des années 78 tours. « Quand j’écoute de vieux disques, ça me réconcilie presque avec l’humanité. C’est la plus belle part de l’âme populaire. C’est là que s’exprime le rapport à l’éternité » dit-il.

Les Bonus viennent complémenter intelligemment l’ensemble. Tout d’abord en abordant frontalement le travail qu’il a mené avec sa compagne Aline, avec qui il a co-signé Parlez-moi d’amour (paru en 2011). Puis en soulignant son intérêt pour la musique populaire et le musette comme on le découvre dans un extrait des Primitifs du futur .

La première rétrospective de celui qui est un des plus grands dessinateurs de ces cinquante dernières années, et qui vit en France depuis 1991, se déroulera du 13 avril au 19 août au Musée d’art moderne de la ville de Paris*

Film : Crumb de Terry Zwigoff (121’) + Bonus – Parlez-moi d’amour de Stéphane Beaujean – Entretien d’Aline et Robert Crumb avec Jean-Luc Fromental (28’) – Crumb et la musique : un extrait du film Les primitifs du futur de Jean-Claude Guiter + Robert Crumb musicien?: playlist de 5 morceaux (16’) – Compagnie des Phares et Balises

* 11 avenue du Président Wilson 75116 Paris

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