Robert Doisneau tout simplement en DVD

Ce film de Patrick Jeudy, commenté par la voix tendre et chaleureuse de Robert Doisneau présente plus de 700 clichés de ce photographe

Il nous a laissé une œuvre d’une richesse exceptionnelle. Photographe du siècle, il est né en 1912 et nous a quitté en 1994, il dresse un portrait du Paris d’antan et de la France d’après-guerre.

Qui ne connaît pas les célèbres photos de Robert Doisneau?? Des centaines de reproductions sont vendues chaque jour en France. Ces gamins de Paris qui s’éparpillent comme des moineaux dans les rues, ces amoureux qui oublient le monde le temps d’un baiser... Ces images d’un Paris et d’une banlieue populaire, aujourd’hui disparue, font partie de notre patrimoine, de notre mémoire collective.

Patrick Jeudy a réussi le pari de donner à cet ensemble de photos une réelle dimension cinématographique. Il les a réunis en séquences qui s’articulent autour des souvenirs et des anecdotes que nous révèle Robert Doisneau. Patrick Jeudy nous fait revivre ces instants de création en habillant les images de musiques, de sons des époques concernées.

L’imparfait de l’objectif

Robert Doisneau nous confie que c’est à cause de sa timidité naturelle que bien souvent il photographiait, au début de sa carrière, les gens de loin. Il reconnaît que?: « un des privilèges du métier de photographe, c’est d’apprendre tous les jours au contact des gens. » Il nous parle également de ses rencontres avec l’écrivain Blaise Cendrars ou encore Jacques Prévert. « Lorsque Robert Doisneau travaille à la sauvette, c’est avec un humour fraternel et sans aucun complexe de supériorité qu’il dispose son miroir aux aloutettes, sa piègerie de braconnier et c’est toujours à l’imparfait de l’objectif qu’il conjugue le verbe photographier » dira de lui ce dernier.

C’est à une véritable leçon de photographie et d’humanité que Robert Doisneau nous convie. La cocasserie de certains de ses souvenirs nous ravit. Ses rencontres avec "Riton langue de velours" ou "Margot la béquille", surnoms de personnages de la nuit ne manquent pas d’à-propos. Mais Robert Doisneau est aussi un poète quand il reconnaît que?: « c’est dans les quartiers les plus pauvres que les rues ont les plus jolis noms. »

Il y a de l’humour, de l’émotion dans ses photographies. "Quand il meurt en avril 1994, il laisse derrière lui 450?000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de la réflexion, la réelle insolence face au pouvoir et à l’autorité et l’irréductible esprit d’indépendance." Lit-on sur www.robert-doisneau.com.

Ce film est un véritable petit bijou d’intelligence. À noter qu’il est proposé en version Toutes Zones et donc visible dans le monde entier.

N’oubliez pas que la Mairie de Paris organise une exposition gratuite, jusqu’au 28 avril, retraçant l’évolution du quartier des Halles, sous l’œil de ce très grand photographe.

Film (67’) + Bonus?- Accès à 12 photos légendées?: «Le baiser de l’hôtel de ville»?; «La ligne de chance» (portrait de Picasso?; «Amoureux aux poireaux» – DVD NTSC Toutes Zones – Versions française et anglaise - Éditions Montparnasse

Film ♥♥♥♥

Bonus ♥♥♥

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