Tamara Drewe en DVD et Blu-Ray

Stephen Frears démontre une nouvelle fois ici, avec cette comédie, qu'il n'est pas le réalisateur qu'on attend. Il aime à changer de genre, à nous étonner.

Voilà exactement le genre de film que j’apprécie. Je ne parle pas ici du sujet car qu’importe... J’évoque uniquement le plaisir qu’on a à voir un film qui file sans temps morts, qui glisse sur les effets comiques ou dramatiques et dont les dialogues coulent de source tant ils sont superbement écrits. Pas une séquence qui ne serve à rien. Pas un plan inutile.

Ce n’est certes pas le chef d’œuvre absolu de ce brillant réalisateur britannique qu’est Stephen Frears. Mais son acharnement à ne pas être catalogué est tout à fait louable. Il le démontre encore ici. Quelque soit le sujet qu’il aborde, il le fait toujours avec intelligence et ironie. Ce qui compte avant tout pour lui : c’est l’histoire. Ce qui l’intéresse c’est entrer dans "un nouveau monde, un nouvel univers, une nouvelle famille" pour chacun de ses films. On comprend pourquoi parmi ses réalisateurs préférés, il cite spontanément : Ernst Lubitsch, Jean Renoir, Carol Reed ou John Ford.

Il s’agit ici de l’adaptation d’un "roman graphique" de Posy Simmonds*. Il nous conte le retour de Tamara Drewe (Gemma Arterton) à Stonefield, à la suite du décès de sa mère. Elle est venue vider sa maison, qu’elle compte mettre en vente, située dans ce village, au milieu de nulle part, dans la campagne anglaise. Tout le monde ici connaissait Tamara avant qu’elle parte à Londres où elle a gagné ses galons de journaliste dans la presse "people". Ses premiers mots, en redécouvrant Stonefield, après des années, sont « What a dump !** ».

Un film chorale

Mais les choses ont changé ici. Il y a désormais une "résidence pour écrivains" où des auteurs venus du monde entier viennent chercher le calme sinon l’inspiration. Très vite la venue de Tamara va attirer l’attention de toutes et de tous et provoquer un enchaînement de circonstances plus ou moins absurdes. Tout ça parce que Tamara s’est fait refaire le nez. Les villageois n’hésitaient pas avant à la traiter de "vilain petit canard" mais avec son "nouveau nez", son allure a pris d’autres atours. Ils la redécouvrent beaucoup plus attrayante, pour ne pas dire terriblement sexy.

Ce film "pluriel, chorale" comme le qualifie S. Frears nous offre une galerie de personnages tout aussi étonnant que sympathique. Bobos ou ruraux, écrivain à succès ou à la recherche d’un sujet, universitaire frustré, rock star en quête de reconnaissance, etc. sont au rendez-vous. Sans oublier ces deux adolescentes qui, à force de s’emm... dans ce bled de m..., ponctuent ce film tel un chœur antique qui viendrait de temps à autre perturber l’ensemble. Cette comédie est formidablement portée par ses acteurs. Si on excepte la très séduisante Gemma Arterton, notons la présence de Roger Allam, déjà vu chez S. Frears, dans The Queen , et Glen McCreavy.

Quitte à me répéter : ce n’est pas un chef d’œuvre mais on passe vraiment un bon moment de cinéma.

Film + Bonus : Entretien avec Stephen Frears - Du roman graphique au film - Blu-Ray – Diaphana

Film ♥♥♥♥ Bonus ♥♥♥

* en français : Editions Denoël Graphic

** « Quel bled de merde !... »

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