The Deep Blue Sea de Terence Davies en DVD

Sur le papier, il n'y avait pas de souci... À l'arrivée, c'est un autre problème. On avait sorti les mouchoirs en papier dès fois que...
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Et puis on se retrouve devant un produit qui à trop vouloir être parfait manque d’âme. Ce film ne manque pas de qualité pourtant, pour qui ne voudrait que s’intéresser à la technique. La photo est remarquable. Merci à Florian Hoffmeister, son directeur de la photographie. James Merifield, le chef décorateur, a su magnifiquement reconstituer l’Angleterre d’après-guerre.

D’entrée de jeu, nous savons que nous entrons dans un film au registre dramatique. La musique tout d’abord. Un concerto pour violon et orchestre de Samuel Barber. Et puis cette voix off?:

« Très cher Freddie,

Avant je savais exactement ce que je voulais te dire. J’ai si souvent composé cette lettre dans ma tête... Je voulais écrire quelque chose d’éloquent mais... Je ne trouve pas les mots appropriés. Je pense que c’est parce cette fois, je veux vraiment mourir. »

Elle a envie d'aimer

Hester (incarnée par Rachel Weisz qui fait ici une très belle prestation) est la jeune épouse de Sir William Collyer (joué par Simon Russell Beale), haut magistrat britannique. Elle mène une vie des plus privilégiées dans le Londres des années 50 où tout ou quasiment tout est rationné, dans un pays alors en faillite, après le Seconde guerre mondiale. À la grande surprise de son entourage, elle va quitter son mari pour Freddie Page (joué par Tom Hiddleston). Il est un ancien pilote de la Royal Air Force dont elle est tombée follement amoureuse. Sir William refusant de divorcer, Hester doit choisir entre le confort et la passion. « Elle abandonne une vie affective équilibrée et une stabilité financière pour un homme plus jeune, désargenté et instable parce qu’elle découvre l’amour et la sexualité » nous explique Rachel Weisz mais en fait « Elle aime Freddie bien plus que lui ne l’aime » poursuit-elle.

C’est le portrait d’une femme qui se voudrait libre mais qui se heurte à la morale puritaine britannique de cette époque mais aussi à un certain machisme. Freddie n’hésitera pas à dire?: « Elle épouse le premier qui le lui propose et s’éprend du premier qui la séduit. » Adapté d’une pièce du dramaturge anglais Terence Rattigan, ce film aurait pu être un superbe mélodrame à la Douglas Sirk ou à la façon de David Lean, à ses débuts, ce qu’il n’est pas parce qu’il lui manque, de mon avis, une part d’âme et pourquoi ne pas le dire d’émotion. Le spectacle est néanmoins au rendez-vous avec de très belles scène et une Rachel Weisz à son meilleur.

Film (95’) - Diaphana

Film ♥♥♥

No Bonus

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