Un Été Brûlant

Voilà l'exemple même du film français qui me met en rogne

Comment un producteur peut-il mettre de l’argent dans un projet pareil, ni fait, ni à faire ? Un film qui relève d’une esthétique dépassée depuis 50 ans. Sur la base d’un scénario approximatif qui annonce dès le début sa fin. Sans aucune imagination, on ne peut donc s’attendre à rien d’autant que ce film utilise des codes d’un cinéma totalement dépassé.

Quand cessera-t-on de nous bassiner avec cette "Nouvelle vague" ? Elle a eu le mérite d’exister mais, en 2012, elle ne peut être que référence mais non copie. Car c’est là où le bât blesse ici. Certes il y a la magnifique Monica Bellucci qui érotise de sa présence l’ensemble, et elle est bien là, la seule ici. Elle joue une actrice de cinéma qui n’est pas sans rappeler la Brigitte Bardot du Mépris de Jean-Luc Godard. Mais Godard en ces temps-là avait encore du talent, et Bardot, l’outrecuidance de nous faire encore rêver... Nous sommes certes en Italie, à Rome cette fois-ci, mais Cinècitta est loin de la côte amalfitaine...

Un film qui ne fera pas date

Ici on est dans l’à peu près, le peut-être que, le n’importe quoi. Quant aux dialogues, on ne sait s’ils sont écrits ou improvisés. En tout cas, ils relèvent d’une banalité affligeante. Il y a un décalage entre eux et l’époque dans laquelle nous vivons, tout du moins celle dans laquelle s’inscrit apparemment ce film. On se croirait en 1960?!... On est hors du temps. On y parle (faux) de révolution comme dans les films de Godard de ces années là. On ne parle pas dans ce film comme vous et moi parlons aujourd’hui. On est dans un film hors des contingences actuelles. Tout le monde aujourd’hui dispose d’un téléphone portable, d’internet, etc. Eux non, apparemment. J’ai véritablement l’impression qu’il s’agit ici d’un vieux scénario recyclé, histoire d’aller passer quelques semaines à Rome. On a la désagréable impression de voir un vieux film alors qu’il a été tourné hier...

Frédéric et Angèle vivent à Rome. Il est peintre (heureusement Gérard Garouste est pour beaucoup dans les toiles qui nous sont montrées...), elle est actrice de cinéma. Lorsqu’ils reçoivent la visite d’un couple d’amis, un douloureux constat s’impose?: leurs vies entièrement dédiées à l’Art laissent peu de place à la passion amoureuse... qu’Angèle va donc chercher ailleurs. C’est ce que nous dit le dossier de presse.

Je ne vois pas où est la "merveille", la "pépite" que certains critiques ont cru voir ici. On ne doit pas avoir les mêmes yeux, les mêmes oreilles. Son seul mérite est d’offrir, mais pas assez à mon goût, de scènes à la très généreuse Monica Bellucci. Comme le dit Maurice Garrel, ce très grand acteur et père du cinéaste, dans ce qui fut sa dernière apparition à l’écran?: «? On doit toujours sa vie à presque rien ...?»

Vanitas vanitatis , espérons seulement que ce film soit le dernier à nous faire désespérer du cinéma hexagonal. Merci au courage et à l’audace de Monica Bellucci d’avoir accepter ce rôle, celui d’Angèle... Espérons la voir à nouveau dans un vrai film. Sa seule présence sauve celui-ci.

Un été brûlant, un film de Philippe Garrel.

Film seul – Wild Side Video

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