11 novembre 1918, fin du cauchemar de la Première Guerre mondiale

Le 11 novembre 1918 à 11 heures, l'armistice entre en vigueur et tous les clochers de France encore debout saluent inlassablement la paix retrouvée...

Le 11 novembre 1918, à 5 heures et 15 minutes, dans le wagon-restaurant du maréchal Joffre, positionné dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne, un armistice signé entre les Alliés (notamment le Royaume-Uni et la France) et la toute jeune République d’Allemagne (l’empereur Guillaume II ayant abdiqué deux jours plus tôt) met un point final à la Première Guerre mondiale. Il entre en vigueur à 11 heures. Dès lors, partout en France, toutes les cloches des églises épargnées par le chaos sonnent à tout rompre de manière à célébrer la paix retrouvée.

Entre le 4 août 1914 et le 11 novembre 1918, l’abominable boucherie a coûté la vie à plus de 18 millions de personnes (militaires et civils confondus) et laissé derrière elle encore bien plus d’invalides ou de mutilés. Chacun espère alors que tant d’horreurs ne vont plus jamais se reproduire.

Première Guerre mondiale, la fleur au bout du fusil

En août 1914, les clairons de la guerre ont eu raison des derniers pacifistes. Dès lors, chacun prétend avoir Dieu dans son camp et s’en va la fleur au bout du fusil afin d’en découdre avec l’adversaire. C’est juste l’histoire d’une bonne leçon à donner à l’autre et, bien avant le prochain Noël, vainqueurs et vaincus auront regagné leur foyer. Mais personne ne sait encore qu’en fait de fêtes de la Nativité, il faudra attendre celles de 1918 pour en terminer. Mais personne ne sait encore qu’il en est beaucoup qui, partis joyeux, ne reviendront pas.

Première Guerre mondiale, vers la guerre des tranchées

De force équitable, les belligérants doivent rapidement se résoudre à camper sur leurs positions. Vient à présent le temps de l’immobilisme: les armées s’enterrent de chaque côté de la ligne de front et, entre les deux, le «no man’s land» règne. Le conflit se transforme alors en une guerre dite de tranchées dans lesquels hommes et rats se faufilent de la même façon. Le froid, la faim et la peur s’installent bientôt parmi eux et, sans plus attendre, finissent par avoir raison des corps comme des esprits.

Première Guerre mondiale, la bataille de Verdun

Pour sa part, 1916 atteint les sommets de la monstruosité. Verdun, quant à elle, en est le théâtre. Tour à tour, chacun prend et reprend ce qui venait d’être pris. Des forts tombent. D’autres tiennent. Certains sont récupérés. Puis sont à nouveau perdus. Au milieu des ruines, lambeaux de chairs et obus éventrés se mêlent. Tout n’est plus que terre et cadavres enchevêtrés. C’est sans compter l’odeur pestilentielle, cette odeur de mort qui plane au-dessus d’un cimetière où les survivants continuent sans relâche de s’entretuer.

Première Guerre mondiale, incertitudes et espoirs de l’année 1917

Bien qu’elle ait été des plus meurtrières, la bataille de Verdun n’a rien donné. S’ensuit bientôt une nouvelle grande offensive qui ne connaît pas plus de succès. Dans le cœur et la tête de ceux qui en réchappent grandit désormais le désespoir. Faudra-t-il donc que tout le monde crève pour que cette folie s’arrête? Certains désertent. Les plus téméraires se mutinent et refusent de monter au front. On en fusille quelques-uns pour l’exemple et tout rentre dans l’ordre. Mais, pour le moment, on préfère attendre les Américains. Un quatrième Noël au pied du sapin de la guerre passe donc et chacun prie pour qu’il soit le dernier.

Première Guerre mondiale, vers la fin du cauchemar

Dans les villes, la faim tiraillent les ventres et les peuples grondent d’impatience. Trop d’enfants et de maris ont été donnés aux crocs des bouchers. La maladie vient bientôt allonger le lot des misères et tue inlassablement nombre de ceux que le conflit a épargnés. Sur le front, une énième charge conduit d’autres charrettes d’hommes vers la tombe. Aussi inutile que les précédentes, elle va cependant, dans les mois à venir, s’avérer fatale au camp de ceux qui l’ont déclenchée. Le 11 novembre à 11 heures, après plus de quatre années de guerre, tout est enfin consommé. Dorénavant, il ne reste plus qu’à penser les plaies.

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