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GILLES RANNOU

Publié dans : Les articles Culture de Gilles Rannou

Boulevard du crépuscule : Grandeur et décadence à Hollywood

Par son sujet, Boulevard du crépuscule reste intemporel. Les affres du monde du cinéma d'hier ou d'aujourd'hui restent les mêmes. Impitoyables.

Ressorti sur les écrans, Boulevard du crépuscule de Billy Wilder est une œuvre majeure, d'une rare vérité et d'un cynisme cruel sur l'univers du cinéma en général et hollywoodien en particulier.

Synopsis :

Norma Desmond, grande actrice du muet, vit recluse dans sa luxueuse villa de Berverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l'écran, Salomé. Joe accepte, s'installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant. Quand son délire se transforme en paranoïa et qu'elle débarque au milieu des studios Paramount pour convaincre Cecil B. DeMille de tourner à nouveau avec elle, Gillis commence à prendre ses distances...

Le film :

Non rien n'a changé depuis cette époque. Il suffit de penser à la triste fin de carrière d'Annie Girardot pour trouver un goût amer de contemporanéité à ce chef d'oeuvre. Ici, Gloria Swanson interprétant Norma Desmond, joue en fait son propre rôle, elle qui fut aussi une star du Cinéma muet avant que le son ne la fasse oublier. Mais, ce cinéma parlant, honni de tant d'acteurs du muet, lui offrira un de ses plus beaux rôles et un retour au premier plan contrairement à Norma dont la vie, la carrière et l'équilibre mental connaissent leur crépuscule.

Toutes les strates du monde du cinéma sont présents dans ce film, de la simple lectrice en passant par le scénariste loupé (Joe gillis) mais opportuniste, brillamment interprété par William Holden jusqu'à Cecil B. DeMille incarnant la transition réussie entre le muet et le parlant. S'il joue son propre rôle, B De Mille incarne aussi avec William Holden la fausse pitié et le cynisme du monde hollywoodien, lui qui fit tourner Gloria Swandon dans plusieurs de ses films muets mais qui, sans être capable de lui avouer, refuse le scénario de Norma tout en la traitant comme une star, une star-enfant....

Etre une star déchue est le rôle le plus difficile qu'une actrice ait à jouer. Et ce ne sont pas l'argent, les biens matériels qui peuvent faire oublier la gloire passée. Seuls spots et lumières ont le pouvoir

de rallumer la flamme chez les stars. C'est ce que Norma va connaître une dernière fois mais dans des circonstances tragiques.

Avec « Boulevard du crépuscule »,Billy Wilder signe un de ses plus grands chefs d'oeuvre, dans lequel il décortique un monde sans pitié, un monde qu'il connaît bien, un monde qui aujourd'hui doit être très sensiblement le même.

Est ce par humour, par ironie ou par auto flagellation qu'Hollywood récompensera ce Boulevard aux Oscar 1951dedeux statuettes, celui du scénario et du meilleur réalisateur. Par contre, si Gloria Swanson fut nommée, elle ne fut pas récompensée... Dernière goutte de cynisme d'Hollywood ?

  • Film : «Boulevard du crépuscule » (titre original : « Sunset boulevard »)
  • Boulevard du crépuscule - Bande annonce
  • Réalisateur :Billy Wilder
  • Acteurs William Holden, Gloria Swanson, Erich Von Stroheim, Cecil B de Mille
  • Genre : Drame
  • Durée : 1H50 mn
  • Sortie en salles : 10 août 1950
  • Sortie DVD : 25 octobre 2006
  • Société de distribution : Splendor Films
  • Nationalité :Américaine
  • Tout public

À propos de l'auteur

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GILLES RANNOU

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