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GILLES RANNOU

Publié dans : Cinéma d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Film : Only god forgives de Nicolas Wending Refn

Le long métrage de Nicolas Winding Refn est t-il trop formel pour se montrer de bout en bout captivant?

Only god forgives semble passer en partie à côté de son sujet tant le réalisateur a axé sa démarche artistique sur l'esthétique.

Synopsis :

À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue.Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics …

Le film :

Il faut semble t-il un certain recul pour digérer le parti pris de Nicolas Winding Refn. L'exercice est à double tranchant. Soit il est brillant, soit il est lassant mais il ne laisse certainement pas indifférent. L'histoire et le scénario tiennent en quelques pages, les dialogues sont, pour la plupart du temps, minimalistes et la caméra tourne autour de ses sujets dans de longs silences qui parfois n'évoquent absolument rien et entraînent le spectateur dans une certaine perplexité et apathie.

Par contre, Wending Refn qui rend l''atmosphère de Bangkok tout aussi sèche que poisseuse,la sublime par les cadres de caméra magnifiques, proches par instant de la photographie. Mais Bangkok à travers le regard du réalisateur, paraît avant tout plongée dans la violence avec un ressassement de certains clichés collant à la ville.Cette violence plus suggérée que montrée dans un premier temps monte crescendo au fur et à mesure des une heure trente jusqu' à l'insoutenable scène du club. Une façon de faire que le réalisateur danois avait déjà exploitée dans son superbe film Drive . La capitale thaïlandaise passe alors pour être une zone de non droit peuplée de sociopathes ou psychopathes où chacun règle ses comptes à l'envie à commencer par Chang qui tue et coupe des membres avec délectation. Malheureusement et c'est peut être là la limite de l'exercice, l'histoire ne semble que prétexte à Winding Refn pour sublimer une forme de violence qui peut s'avérer dérangeante car cachée derrière un esthétisme.

Quant à la distribution et à son « exploitation », elle peut laisser là aussi quelque peu perplexe si ce n 'est la surprenante prestation de Kristin Scott Thomas totalement à contre courant de ses habituels rôles par qui on découvre le passé, les origines de la folie et du mal être des deux frères.

Only god forgives fait partie de ces films dont on sort de la salle avec un drôle de goût dans la bouche, dont on ne sait si on adhère totalement à la réalisation mais qui peut aussi être frustrant par son scénario trop banal et mince. Cependant, non, il ne laisse pas indifférent...

À propos de l'auteur

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GILLES RANNOU

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